‹ Études sur l'hallucinationChapitre 50 sur 366 · IMAGINER C’EST PERCEVOIR · texte numérisé non relu

IMAGINER C’EST PERCEVOIR

tront que beaucoup plus tard5, Pour le moment, il ne s’agit pas d'échapper aux perceptions mais de savoir ce qu’elles sont; et ce souci inspire aussitôt l'essentiel : imaginer, c’est percevoir. Et XVII démasque le corollaire inévitable : pourvu que notre corps ait été affecté une fois par un corps extérieur, il se pourra que notre âme le perçoive comme s’il était présent, bien qu’il ne le soit pas.

Cela se démontre : 1° la perception physiologique, l’affection du corps humain par un corps extérieur, laisse une trace, et l'impression d’une chose du dehors dans l’organisme exige que le corps étranger nous ait été présent au moins une fois; 2° cette trace, livrée à elle-même, est ignorée de notre âme. Elle a au moins trois aspects psychologiques selon qu’elle est isolée, réintégrée dans l’ensemble de l’univers, ou considérée dans le corps humain dont elle est une partie. Isolée, elle est, comme toute chose, doublée de sa propre conscience, conscience élémentaire qui ne nous intéresse pas. Replacée dans l’ensemble de l’univers matériel, elle a aussi un aspect psychique, mais il n’est pas accessible à des créatures finies et n’appartient qu’à Dieu. Ce qui nous intéresse, c’est le double psychique de la trace cérébrale, partie du corps humain et envisagée comme telle. Eh bien, dans ce dernier état, la trace organique est d’ordinaire inconsciente, Elle a été consciente au moins une fois : lorsque corps humain et corps extérieur se sont rencontrés et ont monté un circuit dont « la trace » est un segment, lorsqu'il y a eu perception. Ce circuit rompu, la trace cérébrale de l’objet n’est plus consciente qu’en elle-même ou en Dieu, et notre âme l’ignore, Comment en reprendrat-elle conscience ?

3° L'activité spontanée de l’organisme peut faire entrer les traces dans le même acte que celui qu'avait déclenché le corps extérieur ; le petit drame organique, dont le corps extérieur fut un acteur, se rejoue en son absence; mais la trace cérébrale y figure comme jadis, et la perception physiologique provoquée hier par l’objet se renouvelle aujourd’hui sans lui.

4 Il suffit d'appliquer le parallélisme, Le corps perçoit une chose absente, l’âme doit en faire autant; et nous

Page 1