‹ Études sur l'hallucinationChapitre 58 sur 366 · LES IMAGES IRRÉDUCTIBLES · texte numérisé non relu

LES IMAGES IRRÉDUCTIBLES

cerveau et âme ne peuvent héberger que peu d'images à la fois. Ce nombre est-il dépassé, les images se confondent Ë.

Parfois, confusion et réduction réciproques sont à leur comble, il ne subsiste rien qui vaille des images individuelles, et on a les universaux, autant dire rien. D’autres fois la confusion est moindre, des images ont des traits communs, ils échappent à la confusion et à la réduction, une image résultante se forme, et c’est ainsi que naissent les idées générales, idées encore confuses, variables selon les sujets, à la merci d’une nouvelle image qui vient modifier la confusion des précédentes et renforcer, affaiblir, déplacer le trait commun qui faisait saillie #.

D’autres fois enfin, les images ont des traits à ce point communs qu’on les retrouve dans les objets les plus divers, dans la partie et dans le tout. Ils survivront à toutes les confusions, ne seront exposés à aucune réduction et feront les notions communes ff.

XVII est explicitement le nerf de tout cela. Que des choses aient des points communs, et la réduction réciproque de leurs images ne frappera que les éléments différents, ce qui est commun restant inaltéré, toujours imaginé avec la même vivacité, toujours perçu, toujours présent; et plus les choses sont nombreuses qui ont un même élément commun, moins cet élément est exposé à la réduction.

Il à une autre vertu : il est conçu adéquatement. Puisqu’il existe partout et partout le même, son idée n’est jamais incomplète, mutilée, confuse, elle est toujours adéquate et parfaite #5.

Avoir ces idées adéquates, percevoir les propriétés communes des choses, avoir des notions communes, avoir des images irréductibles, c’est acquérir la connaissance rationnelle ; et une idée, une perception, une image est d'autant plus adéquate et rationnelle qu’elle est moins réductible. La connaissance rationnelle peut donc rester une connaissance par images, et la réduction travaille à la théorie spinoziste de la raison, puisque les idées adéquates, c’est-

à-dire les images non réduites, sont les principes du raisonnement 1.

12. IT, 40, Sc. 1. — 13. Ibid. — 14. Ibid. et 38. — 15. II, 38. — 16. II, 40, Sc. 2.

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