INTRODUCTION VII
galimatias qui fait mal au cœur. Mais, tout en appuyant sur les fautes du précurseur, Leibniz ne trouvait qu'Archimède et Galilée à lui comparer. Il en faisait un de ces maîtres qui, regardant une matière en passant, l'illuminent pour jamais. Il condamne sa physique et sa physiologie, mais il recommande aux historiographes de la vérité d'imiter les beaux romans cartésiens #.
Personne n'avait encore aussi radicalement refusé à la perception toute extension 5, tout contact et toute ressemblance avec l’objet, nul n’en avait fait à ce point l’œuvre originale de l'âme unie au cerveau; donnant ainsi le plus magnifique prétexte à tous ceux que le prestige de l’hallucination inclinerait à lui sacrifier la personnalité de l’image ou de la perception. |
Hors de nous, rien que des différences quantitatives; en nous, une multitude de qualités spécifiques, grâce à une âme dont la nature est précisément de faire ces qualités avec ces quantités.
Elle est unie à un corps vivant et sa première affaire est d'en protéger les intérêts; d'où ces sensations, ces qualités tranchées qui différencient vigoureusement les objets en vue de l’action, et ignorent la continuité de la connaissance vraie. Nous ne voyons pas les choses, mais des signaux qui nous disent, non ce qu'elles sont, mais en quoi elles nous sont utiles ou nuisibles 6.
Entre l’âme et l’objet : nos nerfs. Tous se ressemblent et il ne s'y fait que des mouvements, ne différant que du plus au moins. Pas d'images, d'espèces iIntentionnelles volant des objets à nous; pas d'images des objets dans le cerveau. L'image des objets au fond de l'œil n'est pour rien dans leur vision, celle-ci n’est pas due au double
3. Critique fort juste de l’embryologie cartésienne. Hartsoeker. Ed. Gehrardt des œuvres de Leibniz, III, 513. — 4. A Foucher, I, 371; à Malebranche, I, 334-336; Théodicée, Beilage, 18. — 5. Contre Morus et Gassendi. — 6. Principes, II, 3.