PROPOSITIONS FONDÉES SUR LEA XVII
n’imagine rien d'autre. Puisque cette imagination enveloppe l’existence du cheval et que l’enfant ne perçoit rien qui exclue l'existence du cheval, il considérera nécessairement le cheval comme présent et ne pourra douter de son existence, encore qu’il n’en soit pas certain. Nous éprouvons cela tous les jours dans le sommeil... Si l’âme, en dehors du cheval ailé, ne percevait rien d’autre, elle le considérerait comme lui étant présent et n'aurait aucun motif de douter de son existence, et aucune faculté de ne pas assentir. » (Scolie.)
ITIe PARTIE. — Postulat 2 : « Le corps humain peut éprouver un grand nombre de modifications et retenir néanmoins les impressions ou traces des objets, et conséquemment les images des choses. »
Propositions. 11 : Mécanisme de la mort, II, 17, est citée trois fois... « La cause pourquoi l’âme affirme l’existence du corps n’est pas que le corps a commencé d’exister ; elle ne cesse pas non plus d'affirmer l’existence du corps parce que le corps cesse d’être; mais cela provient d’une autre idée qui exclut l’existence présente de notre corps, et, conséquemment, celle de notre âme. (Scolie.)
12 : « L’âme s’efforce d’imaginer ce qui seconde la puissance d’agir du corps »... ; « Aussi longtemps que l’âme humaine considère un corps extérieur comme présent, c’est-à-dire l’imagine.… »»,
13 : « Quand l’âme imagine ce qui diminue la puissance du corps, elle s'efforce de se souvenir de choses qui excluent l’existence de ce qu’elle imagine. » L’Âme imaginera ce qui diminue la puissance du corps jusqu’à ce qu’elle imagine une autre chose qui exclue l’existence de la première.
18: « L'homme éprouve par l’image d’une chose passée ou future la même affection de joie ou de tristesse que par l’image d’une chose présente. » L'état du corps est le même, que l’image soit celle d’une chose passée ou future, ou qu’elle soit celle d’une chose présente... Tant que l’homme est affecté de l’image d’une chose, il la considère comme présente, encore qu’elle n’existe pas, et il ne l’imagine comme passée ou future qu’en tant que l’image en est jointe à l’image du temps passé ou futur; en elle-même l’image d’une chose est la même, qu’on la rapporte au passé, au futur ou au présent.
Scolie : Le corps est affecté par l’image d’une chose de la même manière que si elle était présente.
25 : Nous nous efforçons d'imaginer ce qui nous affecte de joie, c’est-à-dire de le considérer comme présent.
27 : Affections à l’égard de nos semblables... « Les images des choses sont les affections du corps dont les idées nous représentent les corps extérieurs comme présents. »