LE MUSÉE DE L'HOTEL DE GLUNY
L'opinion vint à notre secours : elle n'eût pas vu sans peine la collection dispersée et vendue à l'encan. Aussi quand il fut question de la faire aajuérir par l'État, personne ne fit d'objection sérieuse, pas même les fmanciers du temps, qui se piquaient d'économie. Puis, comme un des grands charmes de cette collection était le cadre où son possesseur avait eu Tart de le placer, c'est-à-dire, les murailles de l'hôtel de Cluny, il ne fut pas difficile, pour maintenir cette harmonie, d'obtenir que le principal suivit le sort de l'accessoire, et l'hôtel fut acquis en même temps que la collection.
Une fois le manoir gothique dans les mains de l'Etat^ comme déjà les Thermes faisaient partie de son domaine, la réunion allait de soi. L'idée de M. Albert Lenoir n'était plus simplement un vœu, elle devenait une réalité, et lui-même bientôt reçut la mission de mettre la main à l'œuvre, d'exécuter ses propres plans.
On sait combien depuis vingt ans, cette heureuse création a pris d'ampleur et de développements ; combien la primitive collection s'est épurée et enrichie, avec quel ordre elle a été classée; que d'acquisitions bien conçues, que de dons nouveaux sont venus la grossir, de quelle faveur croissante elle n*a cessé de jouir dans tous les rangs de la population ; et combien l'étabhsseraent lui-même s'est encore récemment complété et embelli par son isolement de tout voisinage et par l'élargissement de ses abords. Sans doute une grande part de ces succès est due aux soins persévérants d'un habile conservateur, chez qui l'aptitude et le zèle sont encore stimulés par une sorte de devoir fdial, mais il est juste aussi, et c'est à cette fin que nous rappelons ces souvenirs, il est juste de garder
certaine gratitude, et à l'inventeur du projet, et même à une administration qui, sans se faire valoir, et sans se croire la science infuse, sans dédaigner de prendre, en toutes circonstances, Tavis des hommes compétents, a su doter Paris, ou, pour mieux dire, la France, de ce charmant joyau, de cet établissement à la fois scientifique et mondain, qui est appelé à rendre à l'art et à l'histoire autant de vrais services qu'il donne de jouissances, même au public le moins lettré.
DE L'ORFEVRERIE RELIGIEUSE