‹ Études sur l'histoire de Metz; les légendesChapitre 22 sur 43 · Voir ci-dessus, p. 284, note · texte numérisé non relu

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saint Servais et la translation à Maëstricht du siège épiscopal de cette église. Les détails consignés par l'écrivain dans ce passage de son histoire formaient, comme il le dit, le complément de ceux qu'il avait donnés précédemment sur le même sujet dans son traité de la Gloire des Confesseurs. Dans ce dernier ouvrage, il racontait comment le corps de l'évêque de Tongres, enseveli à Maëstricht et recommandé par d'éclatants miracles, avait été levé au VIe siècle par Monulfus, l'un de ses successeurs, et placé dans une basilique construite à cette intention1. Il faut ajouter que le culte établi alors dans ce lieu, en l'honneur du saint évêque, s'y est perpétué jusqu'aux temps modernes sous le nom de saint Servais, circonstance

1. « Aruatius verô (aliàs Servatius) Trajectensis Episcopus, tempore « Chunorum, cùm ad interrumpendas prorumperent Gallias, fuisse memo- « ratur : qui et sepultus refertur iuxta ipsum pontem aggeris publici : a circa cuius sepulchrum quamvis nix defluxisset, nunquàm tamen mar- « mor quod super erat positum humectabat : et cùm loca illa nimii frigoris « gelu ligentur, et nix usquè in trium et quatuor pedum crassitudinem « terram operiat, tumulum ullatenùs non adtingit. Datur enim intelligi « verum Israëlitam hune esse. Nam illis inter muros aquarum aquse non « sunt perniciei sed saluti. Et circa huius iusti tumulum nix decidens « non humoris causa est sed honoris. Videasque in circuitu montes niueos « eleuari, nec tamen adtingere terminum monumenti ; et non miramur « si terra operiatur niue, sed admiramur quod adtingere ausa non est « locum beati sepulchri. Nam plerumquè deuotio studiumque fidelium « oratorium construebant de tabulis ligneis leuigatis que : sed protinùs « aut rapiebantur à vento aut spontè ruebant. Et credo ideircô ista fieri, « donec veniret qui dignam eedificaret fabricam in honorem Antistitis « gloriosi. Procedente verô tempore adueniens in hanc urbem Monulfus « Episcopus, templum magnum in ejus honorem construxil, composuit, « ornauit que : in quod multo studio et veneratione translatum corpus, « magnis nunc virtutibus pollet. » (Greg. Turon., DeGloriâ Confessorum, c. 72.)

importante à relever pour établir l'identité du personnage malgré les variations subies par son nom dans les documents manuscrits.

Les indications fournies par Grégoire de Tours dans ses deux ouvrages s'accordent parfaitement et donnent un caractère surnaturel à l'abandon de Tongres par l'auguste pontife qui, sur un ordre exprès de Dieu, vient mourir dans la ville de Maëstricht, laquelle était désignée pour recevoir son tombeau et, de plus, le siège épiscopal de ses successeurs. Nous ferons remarquer que les faits rapportés dans cette circonstance par l'écrivain, sous une forme légendaire, ont leur explication dans ce qu'on connaît de l'histoire véritable de l'église de Tongres. On sait en effet que le siège épiscopal de cette église, définitivement fixé à Liège depuis le vin6 siècle, avait été d'abord, vers le IVe ou le Ve, transféré de la première de ces deux villes dans celle de Maëstricht. C'est incontestablement à cette translation que se rapportait le récit légendaire accueilli par Grégoire de Tours. Nous ferons valoir tout à l'heure des considérations qui ne permettent pas d'en douter.

Après les faits relatifs à l'église de Tongres, Grégoire de Tours rapporte ceux qui concernent l'église de Metz. Il raconte, dans le chapitre vi de son livre II1, qu'Attila et les Huns, sortis de la Pannonie, arrivent à Metz qui est saccagée par eux, et il mentionne alors les circonstances miraculeuses qui caractérisent la

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