Voir ci-dessus, page 363, note
Nied française. Est-ce près de là que les païens auraient été, d'après cette indication, vaincus et mis en fuite? Il importe de recueillir avec soin ces notions, tout en avouant l'ignorance où nous sommes des faits historiques qu'elles peuvent concerner.
Dans la longue série des actes de guerre et de violence accomplis chez nous par les Barbares du me au Xe siècle, il est très peu de faits dont l'histoire ait conservé un souvenir précis. On ne saurait dire, par conséquent, jusqu'à quel point est vraie l'indication fournie sur ce sujet, dans les termes que nous venons d'énoncer, par la légende du duc Hervis. Au moins y a-t-il lieu de faire observer que ce renseignement ne peut concerner l'arrivée d'Attila en 451 , puisqu'on sait que, loin d'avoir été défait alors sous les murs de Metz, le roi des Huns a, tout au contraire, pris et saccagé cette ville à son entrée dans les Gaules. Quant à la mention du lieu d'Ancerville1, à propos de la défaite des Barbares dans le voisinage de Metz, il est impos-
1. Les notions relatives à la défaite des Barbares près de Metz sont consignées dans les deux versions de la légende du duc Hervis; mais le nom d'Ancerville n'est associé, comme nous l'avons vu (p. 363, note 1), à cet événement que par un seul des nombreux manuscrits de la première version (prologue de la chanson de Garin). Cette même indication semble d'ailleurs être entrée aussi dans la seconde version (chanson de Hervis), car elle se trouve dans l'analyse que Philippe de Vigneulles en a faite pour sa chronique. Cependant elle ne figure dans aucun des manuscrits que nous avons de cette seconde version ; et pour ce qui est de l'analyse de Philippe de Vigneulles, il est bon de faire observer qu'elle renferme plusieurs traits étrangers à la seconde version et appartenant à la première. Cette analyse mentionne par exemple la mort de Hervis dans la
sible de décider si elle représente le souvenir d'un combat qui aurait eu lieu réellement en cet endroit, à une époque et dans des circonstances inconnues ; mais il n'est pas inutile de constater que la situation de ce village s'accorde mal avec les données topographiques du poème. Celui-ci, en parlant de l'armée de Cologne qui vient du nord, la fait camper, à son arrivée, « sur l'eau de Metz, » c'est-à-dire, à ce qu'il semble, sur la Moselle qui coule du sud au nord en passant par la cité ; tandis qu'Ancerville est à une certaine distance et au sud-est de celle-ci. Il y aurait donc quelque raison de considérer la mention d'Ancerville comme indépendante de la conception première du poème, et comme étrangère à ses données constitutives. Elle devrait peut-être se rapporter plutôt à quelque fait particulier que nous ne connaissons pas, mais dont la réalité ne saurait être absolument révoquée en doute par la raison seulement que jusqu'à présent il est pour nous indéterminé.
La légende nous donne, en tous cas, la notion d'une défaite essuyée par une armée d'envahisseurs aux environs de Metz, et à quatre lieues de la ville, sur la rivière, indication bien imparfaite sans doute, mais
bataille livrée près de Metz, indication exclusivement propre à la première version; elle se termine ensuite par un aperçu des données développées dans la chanson de Garin, dont cette première version forme le prologue. Le travail de Philippe de Vigneulles prouve, en tout cas, que de son temps on admettait à Metz la notion qui fixe à Ancerville, ou au moins dans son voisinage, le lieu de la bataille.
à laquelle un ingénieux rapprochement ou une heureuse découverte peuvent un jour donner toute sa valeur. En attendant, il ne saurait être permis de rejeter un renseignement de cette nature par le seul motif que le sens complet en échappe actuellement à notre appréciation.
Nous avons encore à considérer la légende du duc Hervis dans une troisième version que nous avons annoncée en commençant, celle qui a été recueillie par Hugues de Toul. Elle était consignée dans ses histoires aujourd'hui perdues, auxquelles Jacques de Guyse l'a heureusement empruntée pour ses annales de Hainaut où nous la trouvons transcrite. Nous avons parlé précédemment de Jacques de Guyse et de Hugues de Toul1, et nous avons essayé de reconstituer jusqu'à un certain point l'œuvre du dernier à l'aide des extraits que l'autre nous en donne. Nous avons reconnu que les histoires de Hugues de Toul avaient surtout le caractère d'une compilation, d'un recueil de légendes rédigé en prose et en langue vulgaire, circonstance qui ne permet guère d'en faire remonter la composition plus haut que le xme siècle; tandis que, d'un autre côté, on ne saurait la faire descendre plus bas que le milieu du XIVe, puisque c'est dans la seconde moitié de celui-ci que l'ouvrage a été consulté par Jacques de Guyse. Si Hugues de Toul a écrit entre le commencement du xme siècle et le milieu du xive, la version qu'il donne