‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au sein (volume 2)Chapitre 10 sur 28 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

de ces événemens, ne fùt-ce que pour en renouer le fil à l’époque où la liberté des Grecs, comme on l’a vu dans le précédent volume de cet ouvrage , fut étouffée sous les décombres de Corinthe.

[A*. J. c. 500 ] — Les Romains, après avoir traité de la paix avec Porseima, roi des Clusiens, qui les avait sommés militairement de replacer Tarquin sur le trône * , et vainqueurs des peuplades du Latium coalisées contre eux pour la même cause, ressentirent bientôt les premiers symptômes de la fièvre politique dont les accès troublèrent si fréquemment la trop puissante organisation du sénat. Les opulens plébéiens et tous ceux que la révolution avait mis hors d’état de rétablir l’ordre dans leurs affaires, jalousaient les prérogatives de la caste patricienne. Les débiteurs, en général, poussés

* Pour obtenir de Porsenna ce traité de paix, les Romains promirent de ne faire usage du fer que pour leurs outils d’agriculture ou domestiques. La fabrication des lances et des épées leur fut interdite; mais ils n'observèrent pas long-temps une clause si humiliante.

au désespoir par les poursuites de leurs créanciers , mêlaient souvent la menace à leurs plaintes. La multitude se montrait toujours disposée à prendre part à ces querelles, et le Forum devenait, parfois, une arène où les partis s’entrechoquaient avec la rage des bêtes féroces. Que l’assemblée des sénateurs, en ces momens de division , demandât une leVée de soldats pour la défense de la patrie, la populace mutinée refusait de s’enrôler, à moins qu’un décret ne prononçât l’abolition des dettes. Ce fut au sein de ces désordres, qu’on sentit la nécessité de créer — [Av. j. c. 498. ] — la souveraine dictature, qui devint une ancre de salut durant les tempêtes. La faction démocratique enfin obtint des tribuns, pour les opposer à la suprématie du pouvoir consulaire. Caïus Marcius, surnommé Coriolan (9) , fut la première victime de la jalouse turbulence de ces champions du parti plébéien *. — [Av. J. c. tir..]

* Ce patricien, condamné à un bannissement perpétuel par le tribun Décius , implora l'assistance des Volsques pour se venger. Sa défection mit Rome à deux doigts de sa perte.

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