‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au sein (volume 2)Chapitre 9 sur 28 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

mais Tarquin y employa le dixième qu’il s’était réservé des dépouilles de Suessa-Pométia , capitale des Volsques. Le peuple se chargea, par esprit de piété, des travaux les plus pénibles.

Ce septième roi de Rome, qui s’était flatté d’illustrer son règne par la construction d’un monument si pompeux, n’eut pas le temps de le faire achever. L’attentat de son fils Sextus sur la vertueuse Lucrèce, épouse de T. Collatin , fit éclater l’explosion sourdement préparée contre la tyrannie, le précipita du trône, et mit la liberté publique sous la sauve-garde d’une magistrature fière de sa rudesse et île sa pauvreté*. [ Ar. J. C. 509. ]

Tarquin, chassé de Rome, eut, dans sa disgrâce, des amis qui s’intéressèrent vivement à sa

* « Il n'y eut jamais fie peuple, dit Tite-Live, où la « frugalité, lepargne,la pauvreté même, aient été « plus long-temps en honneur que chez les Romains. « Celui qui était le meilleur économe et prenait le

• plus sur lui-même, s’estimait le plus puissant et le

* plus heureux Les chefs , après avoir triomphé

« et enrichi la république, ne laissaient pas de quoi « se faire enterrer. »

( Bossuet, Hist. unii>.)

42 HISTOIRE DES À.RTS.

cause. L’histoire l’a flétri du nom de tyran dans l’acception injurieuse de cette épithète. Elle en eût peut-être fait un grand monarque, si, par un retour de fortune, son génie et sa constance eussent triomphé de l’animosité de quelques patriciens séditieux , et de l’effervescence d’une populace qu’ils vivaient fanatisée. Malheur, dit Montesquieu, à lu réputation de. tout prince opprimé par un parti qui devient dominant!

Dès long-temps, au surplus, les esprits étaient disposés à ce changement de régime. $ervius Tullius avait médité le projet de donner aux Romains une constitution toute républicaine; ce plan de réforme n’était point oublié , et Brutus en rêvait l’exécution quand le suicide de Lucrèce devint tout-à-coup le signal du soulèvement qui donna naissance à l’aristocratie consulaire.

L’histoire des premiers siècles de cette république, qui d’abord, n’ambitionna que la gloire des armes, ne peut avoir quelques rapports d’intérêt avec l’histoire des arts que par le récit des enlévemens de tant de chefs-d’œuvre dont le Capitole et les temples de Rome s’enrichirent aux dépens des cités de l’Étrurie, et surtout de la Grèce. Nous devons donc présenter le tableau

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