‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au sein (volume 2)Chapitre 15 sur 28 · T.IVRE PREMIER · texte numérisé non relu

T.IVRE PREMIER

nir à nos recherches particulières aucun détail intéressant.

Les monuniens que la nation consacrait au souvenir d’un événement glorieux, n’étaient, pour la plupart , que de simples colonnes.

Si quelques services signalés, des traits de bravoure et de dévouaient patriotique méritèrent à des chefs militaires, à de généreux citoyens, les honneurs d’une statue, la hauteur en fut fixée à trois pieds seulement (12); ces figures s’appelaient tripednneæ ; mais on en fit aussi de plus petites en or, en argent, en bronze, en ivoire. Celles-ci, nommées siÿi/læ, étaient d’ordinaire d’un travail soigné. La facilité de les porter avec soi, les uns, par affection pour la divinité qu’elles représentaient, d’autres, en mémoire d’un bienfaiteur, d’un parent, d’un ami, les rendit assez communes.

Les maisons des citadins les plus opuleus n’avaient, au dehors comme à l’intérieur, aucune apparence de luxe. Les personnages titrés, cependant , se montraient jaloux du privilège d’étaler, à certains jours de fête, leurs portraits de famille accompagnés d’inscriptions honorables; ils pouvaient même les faire porter pompeusement dans les cérémonies funèbres.

Pour jouir de ce droit tf images , ii fallait avoir exercé quelque charge curule : le tribunat, la

questure, etc., etc Ces portraits, qui ne

sortaient de leurs étuis que dans les occasions solennelles , étaient le plus ordinairement de simples bustes dé cire. U s’en faisait pourtant en bois, en pierre, ou en métal. Ces objets n’avaient rien de remarquable sous le rapport de l’art ; le caractère en devait être assez barbare .

il était permis à ces mêmes privilégiés de suspendre aux piliers de l’intérieur des temples, des boucliers votifs , chargés d’ornemens relatifs aux belles actions de leurs ancêtres *. Appius Claudius l'Ancien , lequel fut consul l’an deux cent cinquante-neuf de la fondation de Rome i donna l’exemple aux patriciens de ce mode d’illustration. Il fit placer dans le temple de Bellone plusieurs grands disques de cette nature , au centre desquels l’effigie de ses aïeux se trouvait gravée. Dans la suite des temps on abusa de cette coutume; les flatteurs trouvèrent les

* 11 n’est pas ici question des boucliers ravis à l’ennemi , et qu’un combattant consacrait aux dieux après sa victoire.

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