LIVRE PREMIER
Cette exclamation exprime d’une manière touchante ce que fait éprouver à toute ame sensible le civisme brutal d’un peuple antique, dont nos énergumènes de 1793 prétendaient imiter les épouvantables vertus.
Tarquin T Ancien entreprit la construction de ces aqueducs souterrains dont il existe encore des vestiges , etc.
Quelques savans conjecturent que ces voûtes avaient fait partie des canaux d’assainissement d’une ville ruinée , avant que Romulus et ses compagnons fussent venus bâtir leurs chaumières dans ses décombres. S’il en était ainsi , Tarquin ne fit que réparer ce qui restait des anciens aqueducs : les revenus de son petit royaume auraient difficilement pu suffire à la dépense de ces voûtes prodigieuses , y eût-il même employé la majeure portion du butin , fruit de ses victoires. Quoi qu’il en soit , ces travaux furent continués sous les deux règnes suivans , et repris , depuis , à diverses époques. Agrippa , gendre d’Auguste , les fit poursuivre
de manière à multiplier tellement la ramification de ces canaux, qu’au rapport de Pline, il établit en quelque sorte , sous l'enceinte de Rome , une cité navigable.
Caïus Marcïus , surnommé Coriolan , fut la première victime de la jalouse frénésie des tribuns populaires , etc.
Ces magistrats fougueux , pour s’attacher la multitude , déclamaient sans cesse contre le despotisme de la caste patricienne. Us accusèrent Coriolan de s’opposer à la diminution du prix des blés arrivés delà Sicile, dans l’intention de réduire par famine le menu peuple à l’entière dépendance des grands. Soupçonné même d’aspirer au pouvoir suprême, l’illustre proscrit se réfugie chez les Volsques, et les décide à servir sa vengeance, à porter sous son commandement le ravage et la mort dans les foyers de ses ingrats concitoyens.
Véturie , sa mère , voyant Rome investie et près de succomber, court au pied des remparts embrasser les genoux de son fils et demander