LIVRE PREMIER
grâce pour sa patrie. La nature triomphe , dit-il, en lui tendant la main , mais cen est fait de
moi ! On sait qu’il fut massacré parles
Volsques.
On a lieu de s’étonner qu’un sujet si pathétique, et maintefois ébauché, attende encore le
pinceau d’un grand maître Tel est le motif
qui nous a fait rappeler dans celte note un trait d’histoire trop connu , pour être inutilement répété.
Vainement Pyrrhus , appelé en Italie à la défense des Tarent ins , fit porter aux Romains des paroles de paix après deux victoires chèrement achetées , etc.
Plein d’admiration pour la prudence et le désintéressement de Fabricius , le héros de l’Épire voulut engager ce député du sénat à le suivre, en lui promettant une place honorable
à sa cour Nous transcrivons ici la réponse du
Romain étonné d’une proposition à laquelle il était loin de s’attendre :
« Comment ceux qui ont vécu dans une cité
<* libre , accoutumés à régner sur les autres , se « soumettraient-ils à la servitude ? qu’y gagne- « raient-ils ? serait-ce de s’asseoir tous les jours « à la table d’un maître splendidement servie ? « à se voir escortés d’une multitude de servi- « teurs , à jouir des empressemens de plusieurs « concubines , comme si de pareils avantages « pouvaient être l’essence de la félicité , plutôt « que la conscience de la vertu ! Mais en sup- « posant que ces biens soient dignes d’envie , « qui les goûterait pleinement sans être en « même temps bien assuré d’une possession « durable ? Vous tous qui êtes rois , vous nous « offrez ces biens , mais aussi vous pouvez les
k reprendre Je ne parle pas de l’envie , de la
« délation , de tous les dangers , de toutes les « humiliations enfin qui attendent une ame gé- « néreuse à la cour des monarques *. »
* Ce discours de Fabricius au roi d'Épire est extrait des Antiquités romaines de Denys d’Halicarnasse ; il est contenu dans les fragmens de cette histoire récemment découverts par M. Angelo Maïo.
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