‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au sein (volume 2)Chapitre 3 sur 28 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

ils se partageaient le butin avec méthode et conscience , dès que chacun avait déposé sa proie particulière à la masse commune. Le chef, alors, mesurait les parts , les distribuait à ses compagnons, sans s’oublier lui-même, et recevait les hommages de la troupe pour le succès d’une entreprise dirigée par son expérience et sa valeur. Cette dernière cérémonie se terminait par des fêtes militaires, qui, dans la suite, donnèrent naissance aux pompes triomphales.

Durant l’intervalle de ces expéditions , les citoyens qui cultivaient leurs terres , ne rentraient à la ville que les jours de marché, pour y traiter de leurs échanges et prendre connaissance des choses relatives à l’intérêt national.... On conçoit qu’avec un tel genre de vie , les premiers habitans de Rome étaient loin de s’occuper d’études propres à polir leur esprit et leur goût.

Quels moyens de prospérité les arts de la paix auraient-ils pu recevoir chez ce peuple guerrier , dont nulle institution civile ne tempérait les passions brutales ? Les premières lois qui lui furent données, étaient pour la plupart étrangères aux plus doux sentimens de la nature : elles accordaient au père le droit de

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condamner ses enfans à la mort; l’époux, également , pouvait se montrer impitoyable envers sa compagne (2).

Trop long-temps l’histoire a célébré le parricide civisme d’un Brutus , d’un Torquatus , l’insolent orgueil de cet inexorable Paul-Emile (rainant au Capitole un roi chargé de fers , et le fanatique acharnement du destructeur de Carthage et de Numance \ N’est-on pas étonné de voir ces oppresseurs du monde ouvrir un temple à la Pitié ? Leur indigne encens faisait outrage à la déesse. Ce fut aux Athéniens seuls, dont les lois étaient basées sur la justice et

* Ce Scipion - Émilien , dont on a tant exalté le caractère généreux, fit couper la main droite à quatre cents jeunes gens de Lutia qui, durant le blocus de Numance, avaient résolu de porter secours aux hahitans de cette malheureuse ville.

Avant l’attaque de Carthage, Scipion s'écria : « O « redoutable Pluton! et vous, mânes infernaux, ré- « pandez sur le peuple Carthaginois la terreur et la « vengeance ! que les nations armées contre nous « soient anéanties! Je vous dévoue, ô Furies! tous les « ennemis de ma république, tant en inon nom pro- « pre qu’au nom du sénat et du peuple Romain. »

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