‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au seinChapitre 10 sur 66 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

L’os de la joue est très saillant, la forme du nez commune ; les lèvres , séparées par une simple incision , remontent vers les angles de la bouche ; l’ovale enfin se termine en un menton rapetissé. »

On remarque toutefois , dans certains ouvrages des statuaires égvptiens, une imitation assra satisfaisante de la nature, et Winckelmann en convient : /.t'urj figures d'animamt, dit-il, sont d'un dessin vrai; te. trait distinctif de la forme en est parfaitement saisi *.

Si ce savant eût été à même de profiter des découvertes faites de nos jours pai' les membres de l’Institut du Caire , plus réservé dans ses conjectures, il n’aurait pas avancé que le caractère de l'art en Égypte avait reçu quelque perfectionnement à l'époque où les Grecs devin-

* Les tètes de quelques • unes des statues de la collection Drovetti, ne manquent ni de noblesse ni d’une sorte de grâce, au jugement de M. Champollion; quant aux corps, ils sont traités avec beaucoup de négligence, quoique la manœuvre y soit en général bien soignée, malgré l’extrême dureté des gra-

fiO HISTOIRE DES ARTS.

rent matlres du pnys ; et que ce second style, bien gu il ilifférdt peu île l’ancien, se rapprochait neanmoins davantage du naturel, tant pour l’imitation du nu, que pour l’agencement des draperies *.

M. Cliainpollion , dont nous avons déjà suivi les documens, combat ces assertions. Dans la description des statues recueillies par M. Drovetti , il s’exprime ainsi : L’ensemble des temples de Philoé , d’Edfou, d’Ombos, et d’Endhe'ra , construits sous les Lagides et les Cdsars, prouve, de l’avis même de MM. les architectes Huyot et Gaud, qui les ont examines soigneusement , que l’art égyptien , loin d’avoir fait des progrès depuis les conquêtes des Perses, des Grecs et des Romains en ces contrées , était au contraire singulièrement déchu ; que , relativement à la beauté

* Winckelmann a cru ne point s'abuser en assurant , après un examen attentif, que les caractères hiéroglyphiques gravés sur les différentes parties du corps des anciennes ligures, ne le sont pas sur celles des temps où il présume que le style a dû s’améliorer, mais seulement sur le pilier contre lequel la statue est adossée.

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