LIVRE PREMIER
lies masses architeclurales et des sculptures de ddtail, les cdijices des derniers dges ne pouvaient soutenir le parallèle avec les palais de Karnac , de Louqsor, les restes du Memnonium, et des temples d'Isarnboud , monumens des anciens Pharaons , lesquels sont , pour la plupart , antérieurs de quinze siècles aux constructiotu épjptio-grecques , et égyptio-romaincs* .
La vaste et fastueuse enceinte destinée à la sépulture d’Osymandias, est citée dans les écrits des auteurs anciens comme un des plus beaux ornemens de ïhèbes. On ignore l’époque du règne de ce Pharaon. Sa statue, qui avait cinquante-trois à cinquante-quatre pieds de hauteur, n’est pas totalement détruite; il en reste quelques fragmens sur le m>1 où se trouvait le palais.
* La splendeur du puissant empire des Pharaons s’étant éclipsée par degré sous les monarques de la vingt-cinquième et de la vingt-sixième dynastie diospolitaine,les Égyptiens, que de fréquentes révolutions avaient affaiblis, subirent successivement le joug des rois de Perse et des Ptolémées ; les Césars firent enfin de ce pays une des provinces de l’empire Romain.
Les hypogées el autres édifices somptueux , malgré leur extrême vétusté , laissent encore apercevoir, sur leurs murailles en ruines, des i-estes de peintures et de bas-reliefs qui signalent aux yeux des savans voyageurs la magnificence des monarques successeurs de Mènes.
La profonde vénération dont les Egyptiens étaient pénétrés pour les morts (8), ne permettant pas la dissection des cadavres , leurs artistes n’avaient aucun moyen de bien connaître le jeu des muscles et le .secret mécanisme des mouvemens du corps bumain. L’embaumement ne pouvait procurer aux sculpteurs ou aux peintres qui, par faveur, assistaient à l’opération , que l’inspection des entrailles. D’après cela, la nécessité de suivre ponctuellement, pour la forme de leurs figures, les modèles de première fabrication ; doit-on s’étonner que les attitudes aient été presque toujours les mêmes? elles étaient raides et comme sans mouvement ; mais , dans l’ensemble , les proportions ne manquaient pas d’une certaine justesse. La plupart des statues de ce genre qui enrichissent aujourd’hui le Musée de Turin, sont d’une exécution remaixiuable, non seulement sous ce dernier rapport, mais encore relativement à la dé-
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licatesse et à la fermeté du ciseau ; ajoutons en même temps, (pi’on y chercherait en vain cette élégance de dessin , cette variété pittoresque d’expression , qui r*>pandent tant de charme sur les marbres façonnés dans les ateliers de la Grèce. Les statuaires égyptiens, nous le répétons, s’occupaient moins de la fidèle imitation des objets de la nature, que des moyens de rendre significatives leurs images symholiipies ; iis ajustaient aux simulacres de leurs principales divinités des têtes de chien , des têtes d’épervier, des cornes de génisse, etc. *
Les ibis, oiseaux du pays qui faisaient la guerre aux reptiles , les scarabées , emblèmes de la transmutation des corps , étaient figurés sur les pierres tumulaires , les obélisques et
* L’épervier, selon Homère, avait été consacré au soleil. Anubis, frère d’Osiris, s'était fait un vêtement de peau de chien. Le museau de cet animal , quelquefois aussi celui du chat, ou le muffle du lion, servirent de masque à cette divinité égyptienne. Les cornes de vache dont l'idole d'Isis fut coiffée, représentaient
le croissant de la lune
Ces formes emblématiques et bizarres étaient étrangères aux inspirations du génie des arts.
autres monumeiis publics. L’Aiidro-sphinx occupait, en qualité de gardien, l’entrée des temples *. Les peintures des Égyptiens , enfin , composées d’objets également fantastiques, n’étaient que de grossières images , enluminées de teintes crues sans nulle intelligence de clairobscur.
Les liiérogrammatées, collège de prêtres auxquels on confiait le soin des archives religieuses et civiles , .se riaient entre eux de la crédulité d’une miiltitiidc ignorante qui , n’ayant aucun préservatif contre la séduction des sens , passait , sans s’en douter , d’un culte purement relatif, à l’adoration directe; le vulgaire se prosternait devant l’animal vivant dont il avait remarqué l’empreinte dans l’alpbabet sacré
Si les arts du dessin, en Égypte, restèrent
* L’Andro-spliinx était femelle par la partie supérieure du corps, le reste tenait de la forme du lion mâle. Il s’en faisait de barbus, d'autres avec des mamelles sous le ventre.
Hérodote, en nommant les Sphinx égyptiens Androsphinges, a voulu désigner la duplicité de leur sexe; ainsi l'entend Winckelmann.