LIVRE PREMIER
loin derrière loi un coureur vite comme le vent. Tel a su te représenter dans ce bronze, le célèbre Mjrron exprimant, sur chacun de tes traits, Vardcur d’un athlète qui aspire à la couronne oljmpique.
Ce Ladas parait être, en effet, tout plein d’espérance : ne croirait-on pas voir ses flancs agités pousser le souffle vers ses lèvres? tout de bronze qu’il est , il va s’élancer , le piédestal ne peut le retenir, la couronne l’attend. On ne saurait pousser plus loin le prestige : quelle légèreté ! quelle vie !
La statue de Poljrclète, appelée le carton, servit de règle aux artistes , pour l’élégance et l’harmonie des proportions , etc. *
Les belles statues antiques peuvent être considérées dans nos écoles actuelles comme de véritables canons. Ce sont les tjqics de la beauté
* Voyez la page 91 de ce premier livre relaitvement au canon de Polyclète.
idéale du corps liumain , objets de comparaison bien instructifs quand le jeune artiste a le modèle vivant sous les yeux ; mais combien ne voiton pas aujourd’hui d’étudians qui, le crayon à la main , et en présence de la nature , songent moins à l’imiter fidèleinent qu’à répandre sur les formes qu’ils dessinent un semblant de style A... Croyant faire preuve de savoir, ils deviennent maniérés!
Loi» dtî $o}oo. — Périciôs. — L'arcliittH^lurf*, la slatitairc t*!
lu (>eiuture sont portées au plus haut point de perfection dans l'école d’Athènes.
Les beaux jours de cette école célèbre commencent à l’époque où la République , après avoir secoué le joug des Pisislratides, et repoussé les Perses de son territoire, consacra, par de superbes ‘monumens , le souvenir de
ses triomphes La magnificence nationale,
érigeant les statues d’Armodius et d’Aristogiton, les trophées des braves moissonnés au champ d’honneur pour la cause de la liberté; inaugurant enfin sous les portiques du Pœcile les pein-
niSTOIllE DES ARTS.
turcs de la victoire de Marathon * ; cette inagnilicencc , toute civique , assignait aux arts du dessin leur destination la plus noble.
Telle avait été la pensée du législateur d’Athènes, lequel voulut que ce luxe monumental servit à l’instruction du peuple, au maintien de l’esprit public et des mœurs républicaines.
En effet , les institutions politiques de Solon , comme l’a remarqué Condillac, de’ecloppèrent chez les Athéniens , durant le demi-siècle où elles furent en vigueur, le germe de toutes les vertus
sociales , et des talens de toute espèce Un
léger aperçu du système de ce sage ne sera donc point étranger à la matière que nous traitons. Mais pour en examiner les rapports sous ce point de vue particulier , il est nécessaire de prendre les choses de plus haut.
La royauté, dans Athènes, n’avait été depuis le règne de Thésée qu’un titre assez vain. Les
* Ix' portique où Panénus, frère de Phidias, peignit la bataille de Marathon, ne fut désigné sous le nom de Poecile que lorsque Polygnote et Mieon y eurent, à leur tour, représenté d'autres événeniens relatils à l'histoire d'Athènes.
successeurs de ce prince, bien qu’ils eussent un pouvoir souverain à la tète de l’armée , n’étaient, pendant les intervalles de paix, que des dignitaires dont les fonctions se réduisaient à faire exécuter les ordonnances concertées et promulguées dans les assemblées générales des citoyens.
L’abolition de la monarebie apporta donc peu de différence entre ce premier régime politique et celui qui eut lieu sous les archontes à vie. Un des fils de Codrus, dernier roi d’Athènes, obtint ce poste éminent — [.Vv. J.c. i 070 .] — , en compensation de la perte du troue auquel .son droit héréditaire l’appelait ; mais le père, disaient les fauteurs de la démocratie , avait tellement honoré le diatléme , en se dévoiumt pour sa patrie, dans un combat contre les Héraclides , que nul autre ne pouvait e'tre réputé digne de monter sur le même trône après lui.
Par un reste de respect pour la mémoire de Codrus, la dignité d’arebonte fut conférée successivement et sans innovation aux descendans de Médon , fils aine du monaripie.
Cette ombre de souveraineté , dans la suite , causant encore de l’inquiétude aux fervens républicains , fut limitée à dix années d’exercice.
Plus tard, enfin , on en partagea les fonctions entre neuf magistrats dont l’élection se renouvelait tous les ans.
[ Aï. J. c. Ji! U 50 à 590 . ] — Si l’oii avait espéré , par cette dernière précaution , que la liberté serait garantie de toute atteinte, il n’en résulta pas moins un inconvénient très grave : ce changement annuel des archontes ne leur laissait pas le temps de concerter les plans d’administration avec maturité, ni de veiller à leur exécution. Les intrigans qui désiraient avoir part au pouvoir , et manœuvraient sourdement pour y parvenir, entretenaient la multitude dans un état perpétuel d’effervescence.
Depuis que les relations commerciales de l’Attique s’étaient étendues au loin par la navigation, l’exü-éme inégalité dans les fortunes excitait de fréquens débats d’intérêt et de jalousie entre les citoyens. Quand le faible invoquait l’appuides tribunaux contre les vexations du puissant et du riche, leniagistrat cherchait en vain, pour motiver ses jugemens , une règle fixe dans les édits rovaux qui n’avaient pas été abrogés. Il se voyait réduit à consulter l’expérience des vieillards , ou les traditions consignées dans les écrits des anciens poètes ; quelquefois même il renvoyait les diffi-
cultes qu’il ne savait ou n’osait résoudre, à la décision des oracles ; en pareil cas , le plaideur opulent obtenait ordinairement gain de cause.
Un code complet de jurisprudence devenait donc indispensable pour la paix des familles et la marelle assurée du gouvernement. Athènes avait espéré ce bienfait des lumières et de l’intégrité de Dracon ; mais cet archonte , trop sévère , outré d’ailleurs des déréglemens dont chaque jour il avait à gémir, n’y connut d’autre frein que l’efTi-oi des supplices. La plus légère infraction à la rigidité de ses ordonnances motivait un arrêt de mort. Des lois si cruelles tombèrent en désuétude , tant par la compassion des juges , que par le scrupule des accusateurs.
Aux anxiétés qu’éprouvait ce peuple souverain , <jui ne savait comment se gouverner ou plutôt comment se défendre contre lui-niérae , se joignirent des terreurs religieuses occasionées par le massacre de quelques con.spirateurs arrachés d’une enceinte sacrée où ils s’étalent crus à l’abri des fureurs de la multitude *. Les
* Cylon , gendre de Tliéagène tyran de Mégare ,
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ravages d’une maladie contagieuse qui , peu de temps après — [ A»- J. <-• sss. ] — , mit en deuil la cité , furent considérés comme un signe évident du courrou.x de la déesse dont les meui-lriers avaient ensanglanté l’aulel. Il ne fut bruit, dès lors , que de songes sinistres, d’apparitions nocturnes et de présages menaçans. Quelques-uns avaient vu les torches des Euménides briller , comme par éclairs, au sein des ténèbres; d’autres croyaient entendre les échos retentir d’horribles burlemens. Le peuple , dans son épouvante , en appelait à l’intervention d’un médiateur puissant auprès des dieux, lequel vint détourner les traits de leur vengeance.
Epiménide de Cnosse , réputé le plus digne de remplir un tel office , daigna se rendre aux instances des députés d’une foule éperdue ; son aspect ramena l’espoir dans les aines. L’appareil mystérieux des cérémonies expiatoires, le délire
dans le des.sein d’usurper le pouvoir souverain à Athènes, s'était emparé de la citadelle. Le peuple en fureur vint l’y assiéger, mais il réussit .à s’en évader. Ses partisans , également poursuivis , se réfugièrent dans le temple de Minerve, où ils furent tous égorgés.
éloquent de ses évocations , et ses promesses consolantes , firent évanouir peu à peu les fantômes , noirs enfans de la superstition , de l’ignorance et de la peur.
Ce thaumaturge était de bonne foi peut-être ,
même en jouant le personnage d’inspii-é Qui
sait, comme l’énonce un .sophiste moderne, en parlant des sages de cette trempe , qui sait jusqu où leurs profondes méditations sur la divinité, jusqu’où l'enthousiasme de la vertu dans leurs sublimes âmes, ont pu troubler tordre didactique et rampant des idées vulgaires? A une trop grande hauteur la tête tourne , et l’on ne voit plus les choses comme elles sont *.
Après la mission d’Épiménide , dont la confiance superstitieuse des Athéniens en sa science occulte avait facilité le succès , il leur fît de modestes adieux, et, satisfait de les voir pleinement rassim's , il refusa leurs préseiis , en les exhortant à la concorde. Mais à peine les eut-il quittés que les symptômes d’un mal qui , chez ce peuple inquiet , fut toujours incurable , reparu-
J. J. Rousseau , Émile.
rent avec un surcroit de malignité. La jalouse animosité du prolétaire obscur contre les possesseurs de vastes domaines , du débiteur contre
son créancier, éclatait eu sinistres murmui-es
Le sage Solon apprébendait les conséquences du soulèvement qui .se préparait, et, bien que très opulent lui-méme, il rt'-pélait sans cesse : L’égalité ne cause point de division.
Ce mot de rallimeiit, que la multitude interprétait par le partage des terres , et les grands par une égale répartition entre eux du pouvoir et des dignités, donna l’idée d’élire un arbitre suprême dont l’autorité temporaire pût régler
équitablement les prétentions de tous Pour
exercer une fonction si délicate, le civisme et les connaissances administratives de Solon réunirent en sa faveur le suffrage des deux partis.
Il commença par décréter l’abolition des dettes, en maintenant toutefois la légitime possession des biens immobiliers. Cette premièi’e déclaration fit un instant suspecter sa droiture ; on alla même jusqu’à soupçonner qu’il était secrètement intéressé dans les spéculations hâtives de quelques affidés, lesquels, initiés dans ses vues, auraient emprunté de l’argent pour acheter des terres; mais on apprit bientôt que
lui-inéiiic, ayant de nombreux débiteurs, n’avait point exigé le remboursement des sommes qu’il avait prêtées, et qu’il s’était imposé, pour l’exemple , un sacrifice pécuniaire que tant d’autres en pareil cas se seraient épargné. Ce généreux désintéressement étouffa toutes les défiances, et les lois de Dracon étant par le fait abolies, Solon, d’un consentement unanime, fut chargé d’en reconstruire l’imposant édifice.
Le peuple d’Athènes était moins neuf, et conséquemment plus difficile à manier que ne l’avait été celui de Sjiarte, quand Lycui’gue établit son étrange forme de gouvernement. Le philosophe lacédémonien , par son illustre origine *, jouissait d’un grand crédit personnel ; sa mystérieuse correspondance avec la Pythie de Delphes imprimait à son ministère un caractère sacré. Mais Solon, d’un naturel circonspect, craignant que
‘Lycurgue était fils d’Eunome, l’un des magistrats qui, chez les Spartiates, prenaient le titre de roi. Il fut roi Iiii-méme pendant quelques jours; mais comme cette haute dignité revenait de droit à son neveu, il s’en démit, et se contenta de la tutelle du jeune prince.
des réformes trop hardies ne compromissent la confiance qu’il s’était acquise, s’attacha spécialement à garantir ses concitoyens de deux écueils très voisins l’un de l’autre, \’ anarchie et la servitude.
Après avoir séparé les habitants de l’.Attique en quatre classes , il fonda la distinction des trois premières sur la quotité des revenus de chaque propriétaire de biens-fonds. La quatrième classe, composée de ceux qui vivaient du produit de leur travail journalier, était exclue des magistratures; mais tous les citoyens indifféremment jKiuvaient être appelés, par la voie du sort, à donner leur opinion dans les tribunaux de justice. La souveraineté' appartenait au peuple; il fut statué, néanmoins, qu’un sénat de quatre cents membres choisis dans chaque tribu discuterait les affaires avant de les soumettre à l’approbation de l’assemblée générale. corps respectable de l’Aréopage, chargé du dépôt des lois(1), veillait à leur maintien *.
* L’existence de ce tribunal auguste était bien antérieure à la promulgation des lois de Solon. Sa composition tenait de l'oijgarchie.
Soloii ennoblit tous les arts, et notamment ceux du dessin. L’un de ses rëglemens semblait confier à la muette éloquence de la statuaire le soin de ramener sans cesse un peuple ami des nouveautés aux principes dont dépendent la stabilité du gouvernement et le bonheur de tous. Il ordonna donc qu’à l’avenir, lorsqu’il serait question de quelque loi nouvelle ou seulement de réformer les anciennes, le projet en fût aflicbé sur la base des statues des grands hommes dont les tribus de l’Attique s’honoraient de porter les noms. ^C’était , en quelque sorte , sous l’aspect des héros les plus chers au souvenir de la patrie, que les citoyens étaient tenus de méditer les objets importans sur lesquels ils allaient prononcer leur adhésion ou leur refus.
Quelle est touchante cette inquiétude d’un législateur, ou plutôt d’un père qu’alarme d’avance le naturel inconstant et frivole de ses enfans! Il se flatte que, par l’heureux prestige des produits de l’art, les bienfaiteurs d’Athènes pourront influer encore, après leur trépas, sur les destinées de la République. En rappelant ainsi les regards de chaque citoyen vers ces monumens augustes, en des occasions solennelles, son motif était de faire germer dans les jeunes
cœurs la semence de cet oi^ueil national , premier mobile des vertus civiques, et présage infaillible de gloire et de prospérité pour l’état
Les arts du dessin, consacrés des leur origine à la religion , pouvaient-ils recevoir encore une destination plus noble, des moyens d’inspiration plus puissans?
Ce furent, en partie, les institutions de Solon, celles meme qu’on n’a pas regardées comme exemptes de blâme, qui, lors(|u’Allièues devint le point de réunion des hommes à talent de tous les pays, aidèi'ent le tempérament de l’art, s’il est permis de s’exprimer ainsi , à déployer subitement toute son énergie; mais, en reconnaissant, sous ce rapport particulier, le caractère véritablement libéral de ces institutions, on ne peut se dissimuler que leur tendance à l’extrême démocratie , en bien des cas , n’était pas sans danger pour leur propre stabilité.
L’étrange faculté laissée à cbaque citoyen âgé de cinquante ans, de haranguer à la tribune un peuple si jaloux de la pleine jouissance de ses droits comme souverain , et qui , dans les délibérations publiques, se croyait suHlsamment e'clairé quand il n’était (\\ie'mu; cette étrange faculté, nous le réjiétons, fit surgir, à Athènes,
LIVRB DEUXIÈME.
une fou le d’orateurs dont la sédi tieuse éloq uence, bien qu’elle fût le stimulant actif de tous les ta> lens qui demandent de la verve, devint, souvent aussi , le fléau du gouvernement.
En accordant à la classe la plus nombreuse le privilège de voter définitivement en toute discussion d’intérêt général, Solon exposa le vaisseau de l’état aux tempêtes qui, dans la suite, causèrent le naufrage de la liberté ; mais une telle concession , faite à d’ombi’ageuses cxigeaiices , ne saurait être néanmoins rigoureusement imputée à sa conscience : averti par la disgrâce de son inflexible prétlécesseur (2), et forcé d’accommoder ses institutions aux pcncliaus d’une multitude indocile et capricieuse , ce philosophe se contenta de donner aux Athéniens des lois, non telles qu'il les aurait voulues, mais les meilleures qu'ils pussent supporter.
[.vr. J. c. do 590 i 580 . ] — Quand les sénateurs , les archontes, le peuple, en eurent approuvé le code, et promis de s’y conformer, Solon, pour se soustraire aux questions importunes de ceux qui désiraient une interprétation de ses réglemens selon leur intérêt particulier , demanda la permission d’entreprendre un voyage ; il espérait que, jusqu’à son retour, on n’oserait enfreindre
le serment qu’il avait exigé. Dans cette confiance, il parcourut l’E^pte, la Lydie, plusieurs autres pays encore , et partout sa sagesse et la variété de ses connaissances lui concilièrent l’estime des personnages en état d’apprécier son mérite.
Après cet exil volontaire , qui dura moins de dix années , il reparut parmi les siens, et vit avec douleur que les troubles civils s’étaient renouvelés en son absence. Vainement essaya-t-il de se faire entendre; ses exhortations à la paix restèrent sans effet, et l’artificieuse populai-ité du chef de la faction plébéienne lui ravit son ancien ascendant.
[At. j. c. de r,60 à 540.] — Pisistrate (3), par son humeur affable, une éloquence insinuante, et le généreux emploi de ses richesses , avait tellement grossi le nombre de ses partisans, qu’il finit, tout en paraissant respecter les lois nouvellement adoptées , par s’emparer de la suprême autorité
Considéré dans sa carrière politique , ce tyran posséda toutes les qualités d’un prince bienfaisant et zélé pour la gloire de sa nation. Durant son règne, il décora la ville d’Athènes de plusieurs temples, de gymnases, de fontaines, et
autres monumens utiles *. Les jeunes gens stu* dieux durent à son amour pour les lettres rétablissement d’une bibliothèque publique ; il chargea son fils Hipparque de rassembler les fragmens épars de l’Iliade et de l’Odyssée ; puis il voulut, conformément à ce qu’avait prescrit Solon, que ces poèmes fussent chantés dans la solennité des fêtes Panathénées **. C’était répandre une riche semence sur le champ des arts, où bientôt elle allait germer et produire.
PUietrate favorisa de même les premiers essais l’art dramatique , lequel devait '‘avoir taJim^K^uence sur les pri^rès de la peinture. Le cort^e de Silène , que le menu peuple
se plaisait à représenter , en pantomime , au temps de la vendange, en avait donné la première idée. Thespis (4) , poète bacchique , imagina d’enlre-mêler de dialogues les grossiers
* 11 jeta les fondemens du fameux temple de Jupiter-Olympien , que Périclès fit agrandir dans la suite.
** Ces fêtes de Minerve se célébraient avec beaucoup de pompe dans Athènes. Les cérémonies religieuses y précédaient les jeux, les courses à pied, les combats d'athlètes, les chants des poètes, etc.
dilliyrambes que clianlaient les cliorislcs de la troupe ; il leur fil parodier, sur ses tréteaux, les allures des inaj’islrats et iiiênie des persounages mythologiques. Les spectateurs sensés étaient loin de prévoir que des génies du premier ordre s’empareraient de cette piquante invention , pour en faire un plus noble et plus intéressant usage.
Solon révolté de voir ces improvisateurs , écliaufl'és par le vin , accommoder à leurs bonffonneries les traditions les plus respectables ^ réclama vivement la suppression d’un spectacle où la licence et le mensoiige étaient insolemment applaudis; mais l*isisti-ale, loin d’interdire ees jeux, les encourageait, au contraire, comme un moyen de distraire la multitude des atteintes portées au système républicain. Plein de souples.se et d’astuce, lui-niéme, en des jours de di.sgrace ne dédaigna pas de jouer une sorte de pantomime pour reconquérir sa popularité... Hérodote rapporte en effet que, banni de sa patrie , il sut y rentrer après cinq ans d’exil, et remonter sur son trône, à l’aide d’une jonglerie théâtrale t 5) en secret concertée avec d’anciens partisans.
Depuis ce dernier retour, Pisistrale ne s’oc-