LIVRE DEUXrèME
diction de l’Aréopage, il osa saisir seul les rênes du gouvernement , sans paraître l’avoir dépouillé de ses formes républicaines.
Ik'livré de toute opposition à ce haut degré de puissance; Péricles, pour s’y maintenir, appela les arts de luxe à l’a|î\)ui de sa politi({iie ; il multiplia les fêtes, les spectacles, stipendia l’indolence des prolétaires par des distributions de secours gratuits; et les indociles Albéniens ne s’aperçurent pas que la République avait un maître.
Sous le gouvernement de ce célèbre protecteur des arts, la ville d’Athènes se remplit de monumens dont l’extrême magnificence , généralement attestée par les écrivains de l’antiquité, paraîtrait aujourd’hui peut-être exagérée, si les ruines qui parlent encore ne dissipaient à cet égard tous nos doutes. Les fragmcns des frises et autres marbres détachés du squelette du Parthénon (8), lesquels ont été récemment transportés en Angleterre, y font l’admiration des artistes et des savans amateurs de tous les pays *.
* Lord Elgin vient d’enrichir le musée britannique des bas-reliefs, malheureusement mutilés, qui déco-
Quelques murmures s’élevèrent contre des projets si coûteux; mais Périclès les fit taire en interpellant avec fermeté les censeurs : « Les dépenses qu’on ose blâmer , dit-il publiquement, rendent à la circulation des richesses qui resteraient stériles Hans les coffres de la citadelle *; elles répandent déjà 1 abondance dans les ateliers d’une foule d’boinines à talent , que nous verrions à regret porter leur belle industrie en d’autres contrees. Quel compte aurionsnous à rendre à nos alliés des sommes qii ils ont remises en nos mains pour la défense de la Grèce? N’avons-nous pas des navires, des armes , une milice toujours prête a repousser l’invasion des barbares ?.... Si les calculs d’une
raient anciennement le fronton du temple de Minerve à Athènes. Ces bas-reliefs se composent de deux cents pieds de la frise de cet antique édifice ; une quantité d’autres parties d’ornemens, tels que métopes, chapiteaux, corniches, etc. , donnent beaucoup de prix et de variété à cette curieuse collection.
* Le contingent en numéraire de chaque ville confédérée avait été transporté, du temple de Délos, dans la citadelle d’Athènes, sur la demande de Périclès.