‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au seinChapitre 4 sur 66 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

étaient à redouter. Tel brigand vigoureux provoquait les passans à la lutte {mur le {ilaisir de fouler aux pieds les victimes qu’il allait dé- {muiller ; tel autre, [dus làclie et non moins cruel , offrait [lerfidemcnt un gîte lios[)italier au voyageur, dont il avait pré[)aré le sup|dice.

L’impunité de ces forfaits excitant une indignation générale, quelques champions, doués d’une force extraordinaire*, .se déclarèrent les vengeurs de l’humanité. On les vit, armés de lourdes massues, marcher à la [mursuite des coupables, les affronter dans leurs repaires, et suppléer au défaut des lois par la proiiqilitude du châtiment. — [Av. j. c. i«k). ] — Leurs efforts paraissaient des {irodiges ; le peuple , toujours extrême en sa reconnaissance , comme en sa haine, s’empressa de qualifier du nom de demidieux ces généreux athlètes qui signalaient par des ex{)loits et des bienfaits sans nombre leur héroïque dévoùment. I.es marais, les rochers.

* Hercule, lolaüs , Persée, Pélops, Thésée, etc. L’insuffisance d’une justice répressive , dans le moyen-àge, donna de même naissance à la chevalerie

les bois, recelaient des reptiles venimeux, des monstres voraces * ; ils en purgeaient la contrée , et par divers moyens , ils tâchaient de combattre jusqu’aux fléaux de la nature **.

Ces services multipliés, portant au loin leur renommée, appelèrent sur les mêmes traces de jeunes compagnons , jaloux de s’illustrer en bravant de semblables dangers, mais cette émulation , si louable dans son principe, n’eut pas long-temps la vertu pour mobile : des expéditions lointaines, des entreprises téméraires, où l’on ne s’engageait que pour le merveilleux des aventures ***, firent dévier ces braves de la noble carrière qu’ils avaient ouverte avec gloire. Leurs hauts faits , néanmoins , devinrent la source où les muses naissantes puisèrent la matière des récits pompeux qu’elles a.s.saison liaient d’agréables mensonges. Ces fictions ingénieuses ,

* L’hydre de Lerne , le lion de Nénice , le sanglier d'Erimanthe, etc.

** Iaï dessèchement des plaines fangeuses de l’Argolide, le nettoînient des tables d'Angias, etc.

La conquête île la toison d'or par les Argonautes, la de.scente de Thésée et de Pyrithons dans les mines d’Aïdonée, époux de Proserpine, etc.

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