LIVRE TROISIÈME
vertu duquel les colonies asiatiques resteraient sous la dépendance de ce monarque *. Athènes et les autres cités de la Grèce, ne pouvant résister aux forces réunies des deux puissances , se virent forcées de souscrire à ce pacte honteux, qui restreignait le territoire national à ses limites en Europe. Artaxerce, sans coup férir, recueillit ainsi le prix de l’assistance insidieuse qu’il avait prêtée, tour à tour, à la rivalité de Lacédémone et d’Athènes, dont l’accord aurait pu, comme autrefois, braver sa politique et ses menaces.
Ce fut dans cet intervalle de calme pour la Grèce, que les Athéniens sentirent mieux que jamais la nécessité de répandre les encouragemens et les honneurs sur les talens, qui, seuls alors, pouvaient les dédommager de leurs récentes disgrâces, et rendre à leur cité tout son lustre. — [at. j. c. de 380 1 360.] — Il existait même, àcet égard, une louable émulation entre Athènes et Sicyone. Les magistrats de celle-ci avaient
* L'accommodement fait aux dépens de la liberté des colonies grecques, irrita les Thébains, qui n’y accédèrent que les derniers, et n’en conservèrent pas moins un vif ressentiment.
décidé que l’étude du dessin ferait partie de l’éducation des jeunes };ens de noble famille. Ils désignèrent la peinture comme le premier des arts liliéi’aux ; et pour éviter que cette profession ne s’avilit , s’ils la lais.saient accessible au vulgaire, ils ajoutèrent, conformément à la demande de Pamphile, chef de l’école, que l’admission y serait refusée aux aspirans /w's dans une condition servie *. Il fallait en outre prendre l’engagement de suivre le cours complet des leçons, lequel embras.sait dix années, et le prix de cet enseignement était très élevé.
De telles conditions donnaient au maître la faculté de choisir ses élèves dans les hautes classes de la société. Pamphile inspirait à ces jeunes émules le goût des lettres, et leur répétait qu’un peintre ne pouvait exceller dans son art, s’il n’étudiait en même temps les mathématiques... Jaloux enfin de maintenir les prérogatives de son école et d’en augmenter de plus en plus les avantages, il fit monter, dès lors, les produits de la peinture à de très hauts prix.
• Les tnêiiies réglemens furent bientôt adoptés dans la plupart des autres écoles de la Grèce.