‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au seinChapitre 46 sur 66 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Les tableaux d’Asclépiodore, de Tliéomneste, et d’Aristide de ïhcbes, furent aclietés, pour ainsi dire, au poids de l’or *. Le coloris de ce dernier était un peu dur; mais ce manrpie de suavité se trouvait aiiipleinent compensé par J’éiiei'gie et la justesse des expressions qu’on admirait sur la pliysionomie de ses personnages. Il avait peint un indigent invoquant la pitié; les plaintes semblaient s’exhaler de sa bouche.

Nous devons ajouter que les compositions historiques de cet habile maître étaient ordinairement enrichies d’épisodes qui se liaient

ingénieusement au sujet principal Dans le

tumulte d’une ville prise d’assaut, il avait mis en scène une femme blessée à mort, et profitant d’un reste de vie pour offrir encore sa mamelle sanglante au nourriçon qui tâchait de s’y allaiter **.

’Mnazon, tyran d’Élatée, paya, l’équivalent de quatre-vingt-dix mille francs de notre monnaie actuelle , un tableau d'Aristide.

** On Ut dans \’ Histoire de France par Villaret , que Charles de Blois ayant pris la ville de Quimper- Corentin en IS IA , fit passer la garnison et les habi-

Pausias de Sicyone esl le premier qui ait imaginé d’appliquer aux plafonds des palais des ornemens en peinture. U débuta, dès qu’il eut quitté l’école de Pamphile, par représenter les jeux aimables de l’enfance, et ces images gracieuses établirent favorablement sa réputation ; elles eurent un tel succès , que ses envieux le jugèrent ou feignirent de le croire incapable de plus hardies conceptions : « Sa main, disaient- « ils, est peu sûre et n’exécute qu’avec peine O et lenteur » Piqué de ces propos, il pei-

gnit, de verve, un tableau de grande dimension qui fut appelé l’œuvre d’un jour.

Amant de la belle bouquetière Glycère , laquelle avait l’art de grouper ses fleurs très pittoresquement, il s’adonna lui-même à l’imitation de ces agréables modèles , et le portrait de sa maîtresse tressant des guirlandes, parut étie un de ses plus beaux ouvrages *.

tans au fil de l’épée. Un enfant fut découvert parmi les mourans et les morts, la bouche collée sur le sein de sa mère. Ce spectacle fit cesser le carnage.

* Lucullus, se trouvant à Athènes, y vit une copie

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