‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au seinChapitre 49 sur 66 · LIVRE TROISIEME. 23 I · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME. 23 I

succession de brillans tableaux enricbissuit sans cesse, cüiiimuniquait à son élocution un accent aussi fin qu’expressif; et l’atticisme du langage, réagissant sur la pensée , eu rendait le dévelo(>- |>eiiient plus complet et plus rapide. Comme ciiacun était préocciq>é du désir de plaire et d’être applaudi ; que , d’ailleurs , la politesse des manières dissimidait , en partie , ce que les mœurs auraient pu conserver de leur austérité primitive , le goût , en général , devint d’une exquise délicatesse. Ce fut l’époque oii les fruits de 1a statuaire et de la peinture se colorèrent de ce voluptueux incarnat , signe d’une maturité

parvenue à son terme Ou conçoit qu’il est

ici question de la grâce piltoresque qui , relativement aux diverses nuances de l’art , fut le complément de pei'fection qu’il pouvait recevoir encore , après le sublime et fier caractère que le génie créateur de Phidias lui avait communiqué.

Il est diflicile de définir clairement celte gr.ice mystérieu.se , dont l’attrait se dérobe à tout examen inétbodiipie; elle est de sentiment, et nulle règle ne jieut guider l’artiste qui la eberebe. Contentons-nous donc d’indiquer <jiielques-nns des chefs-d’œuvre antiijues où le ciseau gi-cc en

HISTOIHE DES AHTS.

a laissé l’enipreinte : la Vénus de Médicis , la V'énus accroupie, celles du Capitole et de Milo*, l’Apolline, le Méléagre, l’Hermaplirodite , Leucothoé , le Faune en repos , etc. , en sont de ])arfaits modèles. On y admire la mansuétude d’e^écution , ces contours ondoyans et purs des formes du corps luimain , que la main caressante du statuaire semble avoir moulés en se jouant.

Ce fut ainsi que Praxitèle anima la froideur du marbre , et qu’en étudiant amoureusement la nature, son heureux instinct lui fit discerner ce qu’elle ne dévoile pas indistinctement à tous \es yeux , ccHe fleur de. beauté, que, partout, on voyait briller dans ses ouvrages. La grac'e , en un mot , fut le caractère distinctif de son talent (8) , et marqua de ce sceau particulier le troisième style de l’art grec. Winokelmann, qui en a déterminé les gradations , désigne cedernier style pai' la qualification de beau-, car l’esprit , le

* Cette Vénus, réccninient découverte dans une île de l'Archipl ( l’ancienne Mélos) , enrichit actuelleluent le Musée du Louvre.

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