LIVRE TROISIÈME
poursuivre les objets de leurs inimitiés personnelles ou de leur basse cupidité: peu de citoyens opulens étaient irréprochables à leurs yeux ; ils les accusaient pour les dépouiller, et, dans la boiicbe des prévenus , la moindre récrimination était réputée séditieuse. Les parens mêmes des victimes devenaient suspects, et s’exposaient aux cbàtimens des condamnés , s’ils laissaient
entrevoir (pielques signes de compassion *
Socrate, seul, se sentit le courage de consoler les opprimés , en leur donnant l’espoir d’une prochaine délivrance. Les plus notables habitans, néanmoins, abandonnaient l’Attique et leurs propriétés, plutôt que de rester soumis à ce régime tyrannique.
Les migrations, qui, de jour en jour, devenaient plus nombreuses , inquiétèrent les persécuteurs; Lacédémone, à leur instigation, crut devoir enjoindre à la plupart des villes de la
* Ces despotes, qui s’étaient entourés de trois mille satellites, firent périr en huit mois de temps, au rapport de Xénophon, un plus grand nombre d’Athéniens qu’il n’en était tombé sur les champs de bataille durant la longue guerre du Péloponese.
DÉTAILS SUPPLÉMESTAiRES. 249
Grèce de repousser de leur enceinte les émigrés d’Athènes, et de les forcer ainsi à regagner leurs foyers. Mégare, et surtout les Tliébains, non seulement ne leur refusèrent point un asyle, mais laissèrent Thrasibule concerter , chez eux , les moyens de rentrer dans son pays , accompagné d’une poignée de braves, pour y rétablir l’ancien ordre de choses.
Les Lacédémoniens , pleins de dépit de la victoire de Conon près de Cjdnos , chargèrent Anlalcidc de proposer au roi de Perse un traité de pacification générale, etc.
Ce négociateur tâcha de ménager la bonne volonté d’Arta.\erce à l’égard de la jalouse Lacédémone, cl de le détacher des intérêts d’Athènes, en faisant rentrer les colonies asiatiques sous la dépendance de la monarchie persane.
Antalcide avait pour maxime , qiien fait de politique il ne fallait point écouler les murmures de la conscience ; qu'on ne pouvait prendre de l’ascendcuit sur les honunes, quen flattant leurs passions par des discours agréables. C’était ainsi
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qu’il s’était insinué dans les grâces du grand roi, qui pourtant avait conservé de la défiance contre les Lacédémoniens.
Les poètes et les orateurs d’udthènes ne rougirent pas de se disputer le prix destiné au panégyriste le plus effronté de Mausole , etc.
Parmi les principaux émules de pareil concours , où le désir de triompher n’avait rien de généreux ni d’honorable, on comptait Isocrate, natif de Phasélis ville maritime de la Lycie, et disciple du célèbre orateur de même nom.
C’est ce qu’on lit dans Suidas, dont l’autorité n’est pas de très grand poids.
En supposant, toutefois, que l’assertion de Suidas soit fondée, et l’on est assez disposé à l’admettre, d’autres auteurs auraient eu tort de débiter que Théopompe, un des panégyristes du roi de Carie , l'emporta dans celte lutte sur VIsocratc d’Athènes aux cnseignemens duquel il devait ses tale.ns.
DIÉTAILS SUPPLBMEITTÀIRES.
L’école cCIsée était fréquentée par les orateurs qui se destinaient à la politique , etc.
Démostliène préferait cette école à celle d’Isocrate, où les leçons d’éloquence avaient pour principal objet les agrémens du style.
Isée était élève de Lysias, qui, selon Cicéron, écrivait avec autant de précision que de vigueur et d’élégance.
Isocrate eut pour maîtres Prodicus , Gorgias le Léontin et ce même Lysias. Ce fut de l’école de ce dernier, que sortit Phiiistus de Naucratis , auteur d’une Histoire de Sicile fort estimée des anciens.
Aristophane , vers la fin de sa carrière dramatique , se vit contraint de modérer son cynisme, etc.
Ce poète vindicatif, voyant que Socrate n’assislait qu’aux représentations des pièces d’Euri-