‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au seinChapitre 59 sur 66 · LIVRE QDAIBIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QDAIBIÈME

qtier aussi que les statuaires, les peintres, les poètes, les orateurs , tous les savaiis de celte mémorable époque, étaient, selon l’expression figurée deWinckelmann , les rejetons pleins de sève des liges vigoureuses qui , depuis les victoire^ de Marathon et de Salamine, avaient pris racine sur le sol de la liberté. I.e siècle d’Alexandre , enfin , semblable à ces beaux jours d’été où le soleil darde scs rayons les plus étincelans quand il a dépassé le milieu de sa course, ne doit être considéré, sous le rapport des arts, que comme le dernier , mais brillant période du bel âge qu’avait ouvert le génie de Périclès.

Préoccupé <le l’excellence des poèmes tk’Homère (8) , Alexandre en fit reviser avec soin les diverses copies par Anaxagore et Callistliènc. Iji nouvelle édition fui conserxée dans une cassette d’or, enrichie do pierres précieuses, où Darius, auparavant, enfermait ses parfums. nuit elle était sous son oreiller, à côté de son épée. Celle lecture favorite l’intéressait d’autant plus vivement, qu’il y trouvait des leçons et comme souverain et comme militaire. Il enviait, d’ailleurs, au jeune héros de l’Iliade, l’inappréciable avantage d’avoir eu pour panégyriste un chantre tout divin.

BISTOIHE DES \RTS.

Aristote composa son livre de la Poétique * pour l’instruction particulière d’Alexandre ; et cependant il paraîtrait (jue les documens d’un si savant instituteur ne purent, en littérature , rendre bien délicat le tact du royal disciple , qui , depuis , crut devoir payer en philippcs d'or les méchans vers du scribe Chérille (9). Horace, en s’exprimant ainsi , n’a pas craint d’ajouter que, lorsqu’Alexandre prêtait l’oreille aux doux accens des muses , il les applaudissait en franc Béotien. Cicéron , à son tour , lui conteste la qualité d’amateur éclairé des arts **.

Sans admettre en toute rigueur de telles conjectures , et reprenant le fil de nos récits , nous remarquerons que les expéditions du héros macédonien en Asie laissant les républiques de la Grèce goûter, sous la surveillance d’Antipatre, les douceurs d’une liberté sans orages , l’imagination pétulante des habitans d’Athènes dut

*« Cet ouvrage, dit Laharpe, est encore, après tant « de siècles révolus, celui qui contient les meilleurs » élémens de l'art du poète. »

**Voyet le passage de l'orateur latin, à la page 271, en note.

Page 1