‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au seinChapitre 64 sur 66 · LIVRE QUA.TRlj;ME · texte numérisé non relu

LIVRE QUA.TRlj;ME

H est assez difficile (£ expliquer ce que signifient ces animaux ailés , à têtes d homme , surmontées de couronnes crénelées , qid se eoienl sur quelques pierres gravées de fabrique persane, etc.

Les voyageurs ont remarqué de pareilles chimères dans les débris de sculpture du palais de Persépolis. Caylus, qui croit que ces ruines sont les restes, non d’un palais, mais d’un édifice sacré, présume que ces ligures grossières représentent le sphinx des Égyptiens. Chardin, ajoute-t-il, a vu les têtes de ces sortes de sphinxbarbues et ornées de coiffures roruler en forme de couronnes.

Corneille Bruyn, qui les a dessinées sur les lieux, à son tour, pense que Darius, fils d’Hyslaspe, fit construire ce monument, destiné à .ta résidence, par les ouvriers égyptiens que Cambysc avait amenés en Perse. Le bâtiment servait aussi de citadelle.

V édition des poèmes d’Homère, reformée par les soins tV Anaxarque et de Callisthène , fut enfermée dans une cassette d’or enrichie de pierres précieuses , etc.

Une critique judicieuse de ces poèmes, que Pisislrate et ses fils avaient recueillis les premiers, était devenue d’autant plus nécessaire , que , chantés par fragniens dans toutes les villes de la Grèce, ils s’étaient indubitablement altérés, en passant par tant de bouches; la plupart des rapsodes, d’ailleurs, les récitaient de mémoire. Aristote eut quelque part aussi à la révision de l’Iliade et de l’Odyssée.

Les exemples qu’Alexandre cherchait dans le récit des hauts faits des héros d’Homère, n’étaient pas toujours ceux (|u’il auraitdû suivre; car, pour imiter la vengeance d’.Vchille contre le vainqueur de Patrocle, il fit percer les talons de l’infortuné Bétis, et le traîna vivant autour des remparts de Gaza. C’était surpasser même en cruauté celui qu’il prenait pour modèle, lequel n’exerça sa fureur que sur le cadavre d’Hector.

Le royal disciple d' Aristote payait en philippes dor les médians vers du scribe Chérille, etc.

Horace a dit :

Gralus Alciandro fuit iUu

Cliœrilus, incultis qui versihns el maie nalift , Relulit acceptos, regale numisma , philippes.

Le lyrique latin n’est pas d’accord avec Cicéron quand il gratifie le prince macédonien du titre de connaisseur dans les arts du dessin.

Idem rex ille poema

Qui tam ridiciilum , tam carc prodigua émit , Edicto Tetuit ne quia se , præter .\pellem , Pingeret , aul alius LYsippo duceret æra Fortis .^lexandri-... simulanlia. Qtiod si Judicium subtile videndis artibus illud .Ad libros , et ad Ikec musarum dona vocares , Btzotum in Crasso jurares aerc nalinn.

(Hoa. ep. I , Itb. II.)

■Oigtood b9 Googk’

D^AJLS SUPPLÉMENTAIRES.

Qu’ Antisthène , au CynosargOy et Diogène, sous ses haillons, affectassent le mépris des richesses, etc.

Le Cynosarge, voisin du Lycée, était un local où le fondateur de la secte cynique donna ses premiers documens. Sorti de l’école de Socrate, Antisthène prit la besace et le bâton pour censurer, même par l’extrême négligence de son costume, les usages qu’exigeait la bienséance dans les hautes classes de la société. Son maitre, le voyant un jour faire parade des vêtemens en lambeaux qui couvraient à peine sa nudité, lui dit, en souriant avec finesse : Ta vanité perce

à travers les trous de ton manteau Antis-

tbènes réunit d’abord un certain nombre de disciples, qui, peu à peu, se dégoûtèrent de sa doctrine. Diogène seul lui resta.

Gracieusement stylée par Ménandre, Thalie fromluit avec finesse et bienséance les faiblesses de riuunanilé, etc.

Le suffrage unanime des critiques anciens accorde à Ménandre la palme du drame comique.

Il ne nous reste que quelcpies fragmens de ses pièces, et il en avait composé plus de cent.

La morale en était excellente : l’auteur fut couronné rréquemment; car les bonnes maximes débitées en publique sont toujours applaudies , quelle que soit, d’ailleurs, la corruption de la multitude. La muse d’ Aristoplume , dit Plutarque, est une courtisane déhontée ; mais le théâtre de Ménandre nous place dans une prairie. émaillée de fleurs , où l’on respire un air pur.

l’iiilémon et Dipliile partagèrent avec cet aimable poète les honneurs de la scène; si leurs comédies furent, parfois, plus tumultueusement applaudies que celles de leur illustre émule, de tels succès ne s’obtinrent que par cabale.

Téreiice traduisit, pour le théâtre de Rome, les drames de Ménandre. Plaute imita la pièce

DETAILS SUPPLKMKNTAIRF-S. 315

intitulée le Marchand, laquelle était de l’Iiiléinon.

A pelles fut ravi d’tulmiralioH à la vue des tableaux de Prothogèiu" , etc.

Pline rapporte que le peintre rhodien, rt;ntrant un jour dans son laboratoire, présuma qu’Apelles s’y était introduit en son absence. Un trait esquissé sur un panneau avec une extrême finesse, le lui fit conjecturer. Prolbogènc, à son tour, prit le pinceau, et revenant sur ce contour, il le rendit encore plus délié.

S’il n’eùt été question dans cette lutte singulière (pte de faire assaut de légèreté d’outil , le vaiiupieur aurait démontré seulement qu’il avait la main plus sûre et de meilleurs yeux que son émule; mais la chose doit èti'e conçue autrement : (Avilis a pensé, comme Micbel-Ange, qu’Apelles ayant dessiné, d’un seul coup, une figure dont la grâce et l’élégance décelaient le talent de l’auteur, Protbogène ne s’amusa point à refendre le trait, comme Pline le semble dire, avec une couleur difierenle; mais qu’il ren-

chérit encore sur la délicatesse du contour ; qu’Apelles enfin, à l’aide d’une troisième teinte, le rendit si {'racieux et si pur, que son rival se confessa vaincu A moins de pareille inter-

prétation, l’anecdote serait puérile.

Le fondeur Lysippe reproduisit en bronze les formes du corps humain, avec autant de délicatesse que de correction, etc.

Cet artiste disait que les prédécesseurs de Phidias avaient eu l’intention de représenter /ej hommes tels quils étaient', mais qu’il voulait que, dans ses imitations, on les vit tels quils lieraient paraître. Il s’appliqua moins, en effet, à copier servilement ses modèles, qu’à bien en figurer le véritable aspect; et, selon l’opinion de Quintilien, Lysippe était, de tous les statuaires grecs, celui qui avait le mieux combiné les moyens par lesquels l’art peut embellir les formes de la nature, sans s’écarter néanmoins des principes d’une fidèle imitation. Son système était de tenir les tètes petites et les membres peu charnus, pour que la stature de ses

DÉTAILS SUPPLÉMEm'AIRES.

personnages s’annonçât à l’oeil plus Élégante et plus svelte, en conservant le plus parfait accord dans les proportions de chaque partie ; c’est ce que les auteurs anciens ont entendu, quand ils ont loué Lysippe d’avoir très sagement observé la symétrie.

Le nombre des ouvrages de Lysippe parait prodigieux : Pline le fait monter à plus de six cents pièces , etc.

Ce statuaire avait eu la manie de mettre eu réserve un philippe d’or sur le prix qu’il recevait de chacune de ses productions. A l’ouverture de la cassette en question , son héritier put aisément calculer le nombre des objets vendus; on doit, au surplus, présumer que Lysippe avait également noté les figures portatives, les vases, les candélabres, les trépieds, et autres choses relatives à sa première profession de fondeur.

D’après la conjecture du célèbre antiquaire Visconti, nous rappellerons que la jolie figure, en marbre de Paros, représentant l’Amour, qui, les ailes déployées, fait effort pour tendre son

arc, est une des nombreuses copies antiques du beau Ciipidon que les Tcspiens demandèrent àce statuaire, bien qu’ils possédassent celui de Praxjlèle dont l'hryné buiravail fait présent.

Lm ^ramre en pierres Jines , prit naissance chez les Orientaux , etc.

lycs pieiTes gravées en creux et enchâssées, pour la plupart, dans un chaton pour servir de bague, servaient aussi de cachet; par consé- (|uent les graveurs ne devaient pas répéter des sujelsanlérienrementexéculés,ou tout au moins devaient-ils les traiter avec des différences très sensibles; car chaque chef de famille avait son sceau bien caractérisé.

Les agates-onyx, les sardes, etc., par leurs différentes couches de nuances, offrent à l’artiste les moyens de faire ressortir son dessin en relief, sur un fond de couleur opposée. 11 peut même profiter de ces couches variées four se rapprocher de la teinte des objets qu’il imite, savoir: la barbe, les cheveux, les chairs, etc. Il faut (|ue ces détails paraissent être un effet de

l’art, et que l’adroit ouvrier laisse ignorer les secours qu’il a su tirer des variétés de la pierre. C’est ainsi qu’ont fait les anciens graveurs.

Après le soinineil du moyen âge, l.aurent de Médicis suriiouiiné le Magnifique, à Florence, donna par ses encouragemeiis, une nouvelle vie à ces travaux de prix; la beauté de plusieurs pierres gravées à cctle époque, en a fait passer quelques-unes pour des camées antiques.

LIVRK CINQUIÈME.

Parla^c tics corH|m*tes tr\lexanttrt* entre ses Ucnîfnans. — - Les nilistes •c tlis|M.'rsci»t, — Inceixlic tk Corinthe. — Siège d’AlliètK’s p.ir Sjlla.

[Avant J. c. «le r.25 à 317.] — Pendant les jours sinistres où la dépouille niortellc du maître de l’Asie attendait les lionneiirs de la sépulture (1), les haines rivales fermentaient dans l’ame des capitaines, auxfpiels le Jeune eoiupiérant avait laissé connaître, en rendant le dernier soupir j que les débris de son empire appartiendraient à (|ui saurait s’en emparer. L’imhéeillc .Aridée» un enfant nouveau-né, furent les fantômes que les perfides protecteurs de la famille du demi-

dieu feignirent de décorer du diadème, dans l’altente de l’heure où ils pourraient s’en disputer les landieaux. Leurs sanglans débats, durant un quart de siècle, portent l’épouvante et le deuil dans toutes les contrées de ce vaste héritage, lequel se divise en quatre grandes monarchies. Cissandre, fils d’Antipatre, succède au gouvernement de la Macédoine; Ptolémée-Soter a l’Egypte en partage; Lysinia(|ue règne sur la Thrace, et Séleucus i-éunit sous sa domination les provinces asiatiques depuis l’Euphrate jusqu’à rindiis Quelques royaumes de moindre

étendue, ceux de Pont, de Bithynie, de Pergame , d’Aruiénie et de Cappadoce se forment peu à peu des mêmes démcnibreniens.

Avant de nous occuper de la transmigration des arts dans ces divers états, portons un coup d’œil sur Athènes... La fin prématurée d’Alexandre à peine y fut connue, que le peuple, sourd à la voix de Phocion qui recommandait la prudence, poussa des cris de joie, comme il l’avait fait à la mort de Philippe. Démosthène, échappant du lieu de son exil, reparut au Pyrée, où ses ingrats concitoyens le virent aborder avec des larmes de reconnaissance et de repentir. Ils se hâtent de l’ailjoindre aux orateurs que la

République députe vers les cités du Péloponèse, piur organiser une ligue contre la Macédoine.

Quelcjues succès couronnent les premiers efforts de ces confédérés ; mais bientôt la fortune les abandonne; vaincus deux fois sur la mer, mis en pleine déroute près de Cranon , ils sont enfin réduits à demander merci. Les Athéniens achètent leur pardon par une forte amende, et non seulement reçoivent garnison dans Munycbie*, mais ils promettent lâchement délivrer Démosthène (2) à la vengeance d’Antipatre **.

Que, dans la suite, honteux de leurs injustices, ils osent invorjuer l’assistance des arts, pour cacher sous les monumens d’un remords tardif la cendre de leurs victimes, l’inflexible postérité refusera toujours de les absoudi'e.

I>es turbulcns Athéniens jouirent de quelques années de repos sous l’administration

• Ce port, .situé entre le Pyrée et le cap Suniuin, était un des boulevarts d'Athènes.

** Démosthène s’y déroba par la fuite, et, réfugié dans le temple de Neptune, à Calaurie, il y avala du poison.

HISTOIHE DES ARTS.

pleiue de sagesse de Déinélriiis de Plialère*; mais ils perdirent aisément le souvenir de ses l>ienfaits dès (ju’im autre Déiuélrius, surnommé Poliorcète, parut au port de Munycliie avec deux cent cinquante voiles pour les délivrer du joug de Cassandre.

I-a proclamation de ce restaurateur des anciennes lois et de la liberté fit éclater de toute part des transports d’allégresse. Il fallut soudain élever un autel, célébrer, par des vœux et des sacrifices, la bien-venue do ce dieu tutélaire. On désigna deux tribus, par son nom, et par celui d’Antigone .son pèie. Les adubations lui furent prodiguées au point de devenir importunes à celui-là même qui s’en voyait l’objet (3); mais du moment oii la perte de la bataille d’Apsus — [Aï. J. c. lie 300 à a«ü.] — détruisit le prestige, Démétrius, déclin du trône, ne fut plus ([u’im aventurier, au retour duquel ses

'Ce Démétrius, disciple et ami de Théopliraste, exerça durant dix années, au nom de Ca.ssandre, une autorité presque absolue dans Athènes. Le peuple lui érigea, dit-on, autant de statues que fou comptait de jours dans l'année.

■ '• jitizeïl b^-Gun*

adorateurs désabusés sc hâtèrent de fermer les portes de leur ville.

Grèce, en proie à ces révolutions, vovait avec regret ses hommes à talent chercher en pays étrangers un refuge paisible. La cour d’Alexandrie fut la première à les accueillir. Ploléniée-Soter', désirant favoriser dans scs états le progrès des lumières, fonda le bel établissement du Musée, hospice lionoralile où les gens de lettres trouvaient toutes les conimiKlités tle la vie et d’abondantes ressources pour l’étude. L’orateur némétrius de iMialère * ** y eut la direction d’une bibliothèipie qui, dans l’espace de quel- <pies années , se composa de deux cent mille

* Ce premier roi de la dynastie grecque en Égypte était fiLs de Lagus, auquel Philippe, père d’.Mexaiidre, avait fait épouser une de .ses coneuhines. Le surnom de Soter signifie sauveur. Il le reçut des Uhodiens,eii mémoire des secours qu’il leur avait accordés quand Démétrius assiégea leur capitale.

Ce capitaine écrivit une histoire des conquêtes d'Alexandre estimée des anciens ; elle ne s’est pas conservée.

11 avait été chassé d'Athènes et ses statues renversées. Il mourut en Égypte.

volumes * , et s’enrichit de plus en plus dans la suite.

Par les encouragemens de Ptolémée-Soter et de Philadelphe, qu’il associa de bonne heure aux soins du gouvernement, la philosophie et les beaux-arts furent cultivés avec tant de succès dans ce nouvel empire, que la cité, siège des souverains , devint en quelque sorte une seconde Athènes. Entr’autres édifices d’une grande somptuosité, on y admirait le temple de Sérapis et la tour du Phare (4). Les descriptions qui nous en ont été transmises, donnent à penser combien fut puissante la protection que les premiers Lagides accordèrent aux beaux-arts.

D’étonnantes découvertes en matliématiques signalèrent particulièrement le génie des érudits qui s’adonnèrent à ces hautes sciences (5). Il

* Ces volumes étaient des rouleaux , et l'écriture ne se trouvait que sur un des côtés de la feuille, de sorte que tel ouvrage, divisé en plusieurs livres ou chapitres, nécessitait autant de rouleaux ; donc la colleetion des manuscrits d'Alexandrie ne devait être guère plus considérable que nos bibliothèques publiques.

suffît pour cela de citer les élémens d’Euclide , et d’ajouter que l’auteur de cet écrit célèbre eut pour contemporain Archimède, Ératosthène, surnommé \ arpenteur de l’univers, et ApoUo»

nius de Perge.

La philosophie, qui, dans le siècle précédent,, s’était efforcée de sonder les mystères de la nature, comptait de même, au sein d’Alexandrie, de zélés interprètes, lesquels donnèrent naissance à la secte des éclectiques. Quelques-uns , toujours flottans entre mille opinions plus ou moins accréditées, professaient le doute suspensif de Pyrrhon. D’autres rêveurs s’expliquaient en inspirés sur le sort de l’homme au delà même du trépas *.

Théocrite, chantre harmonieux des plaisirs de la vie champêtre , et Callimaque dont les accens plaintifs avaient tant de douceur et d’at-

* Hégésias parlait avec tant d’éloquence des plaisirs purs de l’ame affranchie de ses liens, que quelquesuns de ses disciples se donnèrent la mort pour jouir .sans délai de la félicité promise. '

Ptolémée-Philadelphe fit fermer cette école du suicide.

niSTOlHE nES ARTS.

Irait (6), faisaient partie de la Pk‘iade, poétique si renommée à ectte époque *.

Si les arts du dessin montrèrent une plus brillante activité près du trône des rois d’Egypte que dans les étals de l’Asie, celle diflérence ne saurait cire uni<pienient attribuée aux encoiu’af'cmens «jue les Lapides s’empressèi-ent de leur prodii;ner. Le littoral d’Alexandrie, comme l’a dit Winckelmann, offrait aux .sculpteurs, aux peintres, aux architectes dépaysés, les facilités de la navigation pour revoir fréquemment leur |>alrie et les modèles de goût de tou le espèce dont ils ne s’étaient éloignés qu’à regret; mais, privés d’un tel avantage en des cités distantes de la mer, les souvenirs dont leur imagination s’élail cnricliie, durent peu à peu s’y éteindre.

Plolémée l’hiladelpbe n’avait rieti négligé pour attirer dans la capitale de son nouvel enqiire les

' Le nom colleetif de Pléiade fait allusion aux .sept filles d'Atlas, changées en constellation, selon les mythologues. Tlicocrite et Calliinaque en étaient les astres les pins lumineux.

On y comptait encore Lycophron , Aratns, Kicandre, Apollonius, l’hiliseus, et Homère le jeune.

hommes à talons les plus distingués de la Grèce. Apellos s’était flatté, vers la fin de sa carrière, de retrouver à la cour de ce prince la confiance et les égards qu’il avait obtenus à celle d’Alexandre. Mallieurousement Antiphilc, à qui le crédit d’un tel rival faisait ontbrage, le força , par ses intrigues, à se retirer à Épbèse, où son dernier chef-d’œuvre, comme nous l’avons dit autre part, représentait la Qihrnnie el son cortc'gt;.

Pline, qui a classé l’ciivieiix Antiphilc sur la liste des grands peintres , loue beaucoup un Bacchus, une Slinerve de ce maître, et surtout la figure de l’intréj)ide Hippolyte, lançant un javelot au monstre déchaîné contre lui par Aeptune. Le même auteur latin admire encore l’cïffet pittoresque de cet autre tableau dont il a été déjà fait mention , où l’on voyait un jeune homme attiser de son souffle un brasier ardent.

Les artistes qui, sans s’effrayer de l’état convulsif dans lequel se trouvaient les cités de la Grèce, n’avaient pas cru devoir délaisser leurs écoles, y maintenaient heureusement l’autorité des principes que les Phidias, les Praxitèle, les Zeuxis, avaient adoptés sous les inspirations de la philosophie et des muses. Ia;s yeux toujours

fixés sur les formes de la nature , et l’imagination également préoccupée de l’excellence des modèles que leur avaient légués d’illustres devanciers, ils se conformaient, dans leurs nouveaux ouvrages , au caractère , aux attitudes des différentes statues qui, généralement, étaient considérées comme des types de beauté *.

[ At. j. c. do 230 A 205 . ] — Eutliicrate , fds de Lysippe, fit revivre dans ses sculptures le style austère des ^vans maîtres des écoles de Rhégium et d’Argos. L’effigie mystérieuse de Troplionius (7), un Hercule. qui se voyait à Delphes, plusieurs Médée sur des quadriges , tous ses personnages, enfin, semblaient appartenir au

* C’est ce que Winckelmann quaHfîe du nom de style dî imitation.

On lit dans le discours préliminaire du bel ouvrage sur les statues antiques du Musée français :

« Au siècle de Périclès, c'est-à-dire dans le plus « bel âge de la sculpture grecque, les artistes n'avaient « point encore imaginé le raffinement par lequel, en « dépouillant les figures divines des veines où circule « le sang, principe de la vie, ils caractérisèrent de « cette manière, dans la suite, la nature des êtres • immortels. >

temps où l’art acheva de se dépouiller d’un reste de verdeur.

Euticliide, au contraire , bien qu’il eût appris à manier le ciseau dans le même atelier qu’Eulliicrate, se fit un mode d’exécution plein d’agrément (?t de suavité. \J Anthologie vante la manière délicate qu’il avait employée à la représentation du dieu des jardins; et Pline dit, «pi’en voyant sa statue de VEurolas, on pouvait croire que la marbre commençait à s’j'' fondre et à couler comme les ondes de ce fleuve.

•\gasias ( auteur de la figure antique, le Gladiateur combattant'), Daliippe, Daméas, Béda de Bysance, Phœnix, et Pyromaque * , soutenaient dignement la qualité d’élèves de Lysippc; mais Charès de Lindos se mit hors de pair, entre

* Une figure d'Alcibiade, sur un quadrige, fit beaucoup d'honneur à ce premier Pyromaque.

Un autre statuaire du même nom parut plus tard à Pergame, et s’y acquit une juste célébrité.

Le savant antiquaire Visconti présumait que la statue d'un jeune bomme remerciant les dieux de sa victoire aux jeux olympiques, était de Béda de By-* sancc, lequel, selon Pline, avait exécuté une figure en bronze dans cette attitude.

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