‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au seinChapitre 7 sur 66 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

avaient retrouvé ces prétendus souvenirs de riiistoire primitive du monde, lis se représentaient la suprême intellig;ence comme un feu très pur. .\ ce principe ils en opposaient un autre, la matière ténébreuse., et supposaient que des dieu.v secondaires , ov\ génies , les uns bons , et les autres mauvais , servaient d’agens à ces deu.x principes. Toutes les nations orientales adoptèrent, ii quelques dilîérences près, la même doctrine. Elle se retrouve , quant au fond , dans le système théogonicpie et costnologique*, dont les Grecs allèrent puiser la théorie en Égypte, et que leurs poètes rebrodèrent ensuite à plaisir.

VlOronmze et \ Arimanc des Perses (6) , l’O- JtWj et le Typhon des lîgypticns , le Jupiter et le Pluton des Grecs , désignent sous différentes allégories le combat perpétuel de la lumière et des ténèbres. Mjrthras , Orus , l’amour céleste qui débrouilla le chaos , représentent l'intelligence conciliatrice. Isis est la nature fécondée par les rayons générateurs du soleil ,

* Doctrines relatives à la génération des dieu.c et anx lois générales du monde physique.

son époux. Le sens de ces emblèmes est que tout croît , périt , et renaît dans ce monde sublunaire , où les élémens se heurtent sans cesse,

sont victorieux et vaincus tour à tour Telles

sont les chimères que les tliéosoplies des temps obscurs imaginèrent sur les causes premières. Ils essayèrent de les rendre accessibles à la pensée par l’organe de la vue , et sans le secours de la parole.

Il n’est pas douteux que les peuples anciens, cherchant à préserver de l'oubli leurs traditions historiques , ou religieuses , avant la création d’un alphabet , commencèrent par tracer l’image des objets qui pouvaient les aider à transmettre d’âge en âge ces souvenirs intéressans *.

Les Egyptiens débutèrent ainsi dans la pratique du dessin. Cet art , chez eux , doit être considéré comme une branche perfectionnée de l’écriture hiémglyphique. Leurs prêtres, qui, sous l’autorité d’un monarque, formaient néan-

* Les lettres alphabétiques qui sont en usage aujourd'hui , conservent peut-être, dans leur configuration , quelque chose des caractères hiéroglyphiques, de l’écriture figurative.

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