LIVRE PREMIER
moins dans l’état une sorte d’olygarchie , se tenaient en garde contre toute innovation qui pût porter atteinte aux préjugés sur lesquels s’appuyait leur crédit. Ils prescrivirent conséquemment aux statuaires et aux peintres du pays la forme emblématique des effigies de leurs diverses divinités. Eux-mémes , peut-être , en fabriquèrent les premiers modèles. Ces types sacrés furent déposés dans l’intérieur des temples, et les copistes durent s’y conformer, dans la suite , avec la plus scrupuleuse exactitude : le moindre cbangenient , un élan de génie de la part de l’artiste, eussent été punis comme un acte d’impiété. Quant à l’imitation des objets qui n’avaient pas un rapport direct avec les mystères du système religieux , cette imitation n’était pas aussi rigoureusement exigée. Quoi qu’il en soit , au temps où Platon fit le voyage de l’Égvpte , les ouvrages de sculpture n’y différaient , en aucun point , du caractère de ceux qui avaient été exécutés mille ans auparavant.
L’histoire de l’art égyptien , comme le remai-que M. Cbampollion , est inséparable de celle des rois du pays. Les annales de cette antique monarchie ont été long-temps plongées dans
d’épaisses ténèbres (jiii , maintenant, commencent à se dissiper; on peut se guider pour cette étude à travers les ruines éloquentes que la &ulx du temps a laissées debout. Les savans attachés à l’expédition des Français en Egypte ont récemment porté la lumière dans ces détours obscurs. Us ont reconnu que les monumens dont les débris majestueux restent gisans non loin des deux rives du Nil , sont ceux des mêmes édifices qu’Hécatée , Diodore de Sicile et Strabon ont décrits.
Un bas-relief que le ba.sard a fait découvrir parmi les décombres de l’antique Abydos , ville qui ne le cédait en magnificence qu’à celle de Thèbes , donne la liste chronologique de quarante prénoms royaux. Ces sortes d’inscriptions figuratives, qui, grâce à la sagacité de M. Champollion le jeune , ne sont plus des énigmes , constatent déjà l’existence d’une série de ces illustres Pharaons rélégués , naguère par nos sceptiques modernes, dans la catégorie des personnages mytliologiques.
Aménoftep (7) , fils de Misphrathoiitmosis et chef de la dix-huitième dynastie des Pharaons, acheva d’expulser de son empire les Hicsos , pasteurs féroces qui , depuis trois cents ans ,