Ï.VI PRÉFACE DC TRADUCTEUR
entrevoir sur plus d'un point de notre territoire ; par exemple en Bretagne, dans la Marche, dans le Languedoc. Une connaissance plus générale du problème nous vaudrait sans doute des indications nombreuses, et nous permettrait de signaler, avant leur extinction prochaine, des survivances curieuses de coutumes préféodales. — En Allemagne, les recherches continuent avec une ardeur qui fait illusion aux Allemands eux-mêmes et les porte presque à croire qu'ils ont inventé la méthode comparative (1). En d'autres parties du continent européen^ notamment parmi les populations slaves, de nouveaux documents ont été recueillis, auxquels Sir Henry Maine lui-même a fait allusion dans ses Etudes ultérieures (2). Mais l'une
(1) M. de Holtzendorff a rendu pleinement hommage, sur ce point, à l'originalité de Sir Henry Maine, dans VEnglish Law Review d'avril 1888.
(2) Cf. R. Dareste, Journal des Savants, mai 1887. — M. Kovalevski, l'un des savants russes les plus compétents, conclut décidément à une occupation collective, précédant la propriété originelle. Cette conclusion est d'autant à signaler que, chez les Russes, plus d'ua écrivain renverserait volontiers l'ordre de succession, et, plein d'admiration pour les avantages de la propriété commune, la regarderait comme postérieure à la propriété privée, sur laquelle elle constituerait un véritable progrès. Aux principales objections des partisans de ce système, M. Kovalevski vient de répondre dans un article de VArchaeulogical Review QvLm 1888, o The Origin and Growth of Village- Communities in Russia »).
PRÉFACE DU TRADDCTEUa. XVII
des confirmations les plus inattendues lui est venue d'Oatre-Atlantique , où la lecture de ses Communautés de village avait éveillé un intérêt très spécial (1). Il en est résulté tout un ordre de
(1) « L'idée d'étudier à part les institutions américaines est née d'un intérêt tout particulier pour notre histoire municipale, — intérêt qui s'était éveillé d'abord dans un séminaire de Heidelberg, et qui plus tard, à Baltimore, s'était développé à la lecture des œuvres de Sir Henry Maine, conjointement avec celles de Cari Hegel, de Maurer, de Nasse, de Waitz, de Stubbs, enfin grâce à l'Ecole de Droit anglo-saxon à l'Université de Harvard. Cette continuité des communautés de village germaniques dans la Nouvelle-Angleterre avait été révélée ou suggérée, pour la première fois, à Sir Henry Maine, par un article du professeur W.-F. Allen, de l'Université du "Wisconsiii, publié dans la Nation (de New- York). Dès 1877, après entente avec le professeur Henry Adams..., il fut convenu que l'on étudierait, à ce point de vue de la continuité des institutions, les townships de la Nouvelle-Angleterre. Quatre séjours à Smith-Collcge (Northampton, Massachusetts), durant la saison du printemps, à partir de 1878, et des vacances d'été employées à parcourir les vieilles villes de la côte, facilitèrent beaucoup ce travail. Il fut possible, en 1880, d'en offrir les prémices à une réunion de gradués et d^tiadergraduates de l'Université de John Hopkins. Pendant un semestre, Thistoiie de la colonisation de Plymouth devint, à raison d'une heure par semaine, le sujet d'un cours appuyé sur une étude originale des documents coloniaux et des archives municipales de l'endroit. Aux étudiants de ce cours, on ne demandait que la connaissance des leçons de Sir Henry Maine sur les Comaïunautés de Village. L'année suivante, 1881, le cours fut consacré à la colonisation de Salem, d'après les documents recueillis dans le Massachusetts, pen-