‹ Etudes sur l'histoire du droitChapitre 18 sur 66 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR. XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR. XXV

— puis, l'étang" i)oissonneux, où viennent boire les paons sauvages, où plongent les buffles alourdis par la chaleur, et, dont la surface bleuie reflète l'édicule voisin d'une divinité protectrice, le dieu Gan-pati; — enfin, le grand arbre du Conseil, au tronc badigeonné de rouge, à l'entour duquel s'assemblent le soir les fortes têtes du vilhii-'e pour discuter les intérêts communs et médire, à l'occasion, du nouveau Collecteur. — D'autres encore nous ont analysé les ressources économiques du villageois dans cet heureux pays, où l'homme se nourrit pour 3 fr. 50 par mois et la femme pour moins de 2 francs ; où notre centime est une valeur infiniment trop élevée pour une bonne part des achats domestiques. — D'autres aussi nous ont montré comment les villageois entendent la solidarité et se partagent la charge des taxes foncières (1). Mais ce ne sont là, si nous osons le dire, que les détails anatomiques du sujet. La physiologie du village , sa loi de transformation continue, n'a guère été traitée que dans les pages de Sir Henry Maine: et les jeunes administrateurs anglo-indiens s'y reportent encore

(1) Cf Sir John Phear, Tlie Aryan Village in India and Geylon, Londres, Macmillan, 1880; Sir Monier Williams, Reiigious Thought and Life in India, Londves, Murray, 1883 ;"W. G.Pedder, « Village-Cominunities in Western India, » Asiaiic Quarlerly fieview, janvier 1888.

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avec empressement , pour y chercher la clef de leurs attributions , pour y apprendre la vraie nature de leur rôle.

Il est à souhaiter que nos administrateurs coloniaux consultent ces pages non moins assidûment, car ils rencontrent aussi la communauté villageoise ou familiale sur plus d'un point de leur ressort, en Afrique ou en Asie. Elle existe, par exemple, sous une forme ou sous une autre, dans l'Annam ; et nous ne saurions trop demander qu'on l'y protège, comme la protègent les fonctionnaires anglais partout où ils la rencontrent , de Ceylan aux frontières de l'Afghanistan. Il importe de ne pas se montrer ici trop infatué de la supériorité prétendue des Occidentaux, ni tro{) dédaigneux pour les institutions orientales. La communauté de village ou de famille offre, en effet, quels que soient d'ailleurs ses inconvénients , un avantage capital à bien des yeux: celui d'écarter le paupérisme et de résoudre à sa manière un problème qui désespère les Occidentaux. L'indigence est inconnue dans l'Inde, sauf le cas de mendicité religieuse et volontaire (1). Peut-être est-ce le sou-

(1) Cf. Barthélémy Saint-HUaire, L'Inde anglaise, Paris, Perrin, 4887. — Sur ce même intérêt économique de la question chez les Slaves du Sud , voir le très intéressant voyage de M. de Laveleye dans La Péninsule des Balkans^ Paris, Alcan , 1886. Partout où la communauté disparait, « le paupérisme rural envahit les campagnes, » et cependant l'individualisme se pro-

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