‹ Etudes sur l'histoire du droitChapitre 25 sur 66 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR. XXXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR. XXXV

chera toujours d'acquérir solidement. A la tribune du Parlement , un orateur lettre ne se privera jamais d'une allusion spirituelle, d'une citation ingénieuse , pour éviter cette accusation de pédantisme que les ignorants sont, en France, toujours trop heureux de décocher aux gens instruits. — Mais, sur le terrain du Droit, les Anglais, par amour-propre national, hésitent davantage à reconnaître l'autorité des jurisconsultes romains, comme si le respect d'une législation étrangère devait enlever quelque chose à l'originalité propre de leur histoire, àl'indépendance de leur Constitution. Leur tempérament, essentiellement positif, leur apprend d'ailleurs à ne point se dissiper trop en études préliminaires dont on ne saisit pas l'emploi immédiat. Et ce n'est pas seulement le praticien vulgaire qui, chez eux comme en d'autres pays, semble incapable d'élever ses regards au delà de l'horizon de ses dossiers. Dix ans après avoir écrit le mémoire qu'on peut lire dans ce volume. Sir Henry Maine se trouvait seul dans l'Inde pour tenir tête à tout le Conseil du Vice-roi, et défendre les vrais principes d'éducation juridique, à propos du recrutement de la magistrature. Le Gouvernement indien, dont l'habitude est de transformer indifféremment ses administrateurs en juges et ses juges en administrateurs, n'admettait même pas qu'un subalterne pût témoigner, de ce chef, le moindre scrupule d'incompétence ; et , sans hésiter.

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