XXXVI PRÉFACE DO TRADUCTEUR
011 l'envoyait d'office remplir les fonctions de juge , en des districts dont il osait rarement protester qu'il ne soupçonnait ni la langue ni les usages. A plus forte raison , ne croyait-on pas devoir lui réclamer un diplôme de docteur in utroque jure. On sait comment, en France, la controverse est ressuscitée dernièrement après une campagne plus tapageuse que profitable sur « la Question du latin (1). » Nous ne sommes pas
(1) Voy. Bulletin de la Soc. de Lég. comp., 1886, p. 434-7. — Quand au fond même de la a question, » — sur laquelle nos graves universitaires dissertent comme s'ils n'avaient jamais appris une seule langue morte ou vivante , — il est facile de connaître le sentiment de Sir Henry Maine, en relisant ses discours au Sénat académique de Calcutta. Il se peut que l'enseignement classique ne convienne pas à la masse du peuple, ni même à la majorité de la bourgeoisie; mais sa supériorité n'en est pas moins certaine. — Notre civilisation, par la nature même des choses, procède bien plus directement de l'antiquité qu'elle ne relève du moyen âge. D'ailleurs, le génie classique, par son éminente simplicité, convient infiniment mieux à l'éducation première des esprits novices que les littératures raffinées des temps modernes , plus ou moins imprégnées d'esprit de parti , dont il faut redresser à chaque page les erreurs passionnées, et qui ne se doivent consulter qu'avec une extrême et scrupuleuse pi'udence. On doit convenir, en outre, que l'efi'ort intellectuel pour s'initier aux formes littéraires d'une langue éteinte, les seules qui soient à notre portée, est infiniment plus sérieux, plus profitable au développement des facultés que l'acquisition nonchalante de quelques bribes de dialogue usuel dans une langue contemporaine, à moins