‹ Etudes sur l'histoire du droitChapitre 30 sur 66 · XL PRÉFACE DU TRADCCTEOB · texte numérisé non relu

XL PRÉFACE DU TRADCCTEOB

Cette déviation continue du sens des mots est peutêtre inévitable dans la langue courante et dans la littérature d'un peuple. On assure même qu'elle est des plus légitimes. Elle représente le prix dont nous payons la naissance des idées neuves, des conceptions fécondes. Un temps arrive où l'étymologie cesse de pouvoir sûrement guider l'esprit. Aucun inconvénient, même léger, n'en résulte si tout le monde s'accorde sur le même point, si l'on s'entend à consacrer dans l'usage les significations récentes. De là vient l'indulgence qui accueille les révolutions linguistiques , les aide même à franchir le seuil de nos académies, et, parfois, atteint vite à l'exagération. « Dans la vie de tous les jours, » assure M. Michel Bréal , « dans la discussion d'idées philosophiques ou politiques, l'examen des origines d'un mot peut constituer un bon point de départ; mais ce ne serait pas la preuve d'un esprit bien fait d'y insister trop fortement et d'en tirer de trop longues ni de trop importantes conséquences. » Ne serait-ce pas, au contraire, pour la politique et la philosophie, que la résistance s'impose le plus énergiquement, par la raison majeure qu'on leur dénie volontiers l'autorité scientifique et qu'elles ne sauraient établir ici leurs titres sans une aussi rigoureuse précision dans leur outillage de mots que dans leurs procédés de discussion ? Le philosophe, le jurisconsulte, tout autant que le naturaliste, sont tenus , ce semble ,

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