XLVIII PRÉFACE DU TRADUCTEUR
nement de cette administration anglo-indienne, dont l'appareil ne comprend guère plus de fonctionnaires , pour 200 millions d'habitants , qu'il n'en faut pour administrer, en France, quatre ou cinq de nos départements actuels. Les portes par lesquelles on entre dans le service anglo-indien ont souvent varié de largeur et de position. L'accès en est plus ou moins étroit, et le favoritisme^ quelquefois encore, peut leur servir de clef. Mais toujours les Anglais sont partis de ce principe que les connaissances littéraires ne garantissaient aucunement la valeur morale du candidat, et qu'en somme, les bene vestiti et bene nati méritaient, de ce chef, une certaine préférence. Un métaphysicien subtil, un mathématicien de premier ordre, un lettré versé dans tous les secrets du style et connaisseur des plus délicates élégances de la pensée, ne vaut pas, au milieu de ces populations primitives, un homme à l'esprit parfaitement équilibré , au tempérament de fer, d'une grande rectitude morale, et surtout plein d'empire sur luimême. Chose curieuse, le plus libéral des Français, transplanté dans l'Inde , ne tarde pas à saisir la justesse de ce point de vue. « Il est évident, » écrivait Jacquemont lui-même , comme s'il eût appartenu de corps et d'âme à l'administration anglo-indienne , « que ce n'est pas par la force » matérielle que nous contenons la population de > cet immense pays. Le principe de notre puis-