LU PRÉFACE DU TRADDCTEDR
tement hostile à la démocratie (1). Les problèmes qui se posent dans l'Inde ne diffèrent pas autant qu'on le croit de ceux qui s'imposent en Europe; et les éléments sociaux sur lesquels on opère sont plus rapprochés des nôtres qu'on ne l'avouerait volontiers. Le madré Bengali n'est pas sensiblement inférieur au paysan de nos campagnes; l'artisan d'une grande ville d'Orient possède souvent une sûreté de main, une largeur de style, une fraîcheur de conception, qui font l'étonnement et presque le désespoir de l'ouvrier de Londres — le premier ouvrier du monde, au dire de ses compatriotes, — ou de l'ouvrier de Paris — le premier ouvrier du monde, au dire de nos politiciens. Dès lors, pourquoi les solutions qui réussissent dans l'Inde ne réussiraient- elles pas sur d'autres terrains? Assurément, chez nous, la volonté du peuple se prêterait mal à leur acclimatation. Mais une chose est de savoir ce qu'un peuple veut, autre chose est de savoir ce qu'il lui faut. Il en est de même pour les individus qui , fréquemment, ont besoin d'une hygiène à laquelle ils refusent de se
(1) Un publiciste radical de talent, M. John Morley, n'a pu se dispenser de constater, à sa manière, cette antipathie fâcheuse. « Les grands jurisconsultes ne sont guère favorables au Gouvernement populaire, » écrivait-il dernièrement avec une ironie méiancolique ; « et quand le jurisconsulte se double d'un bureaucrate indien , on est sûr d'avance que la démocratie va passer un mauvais quart d'heure à son tribunal. »