PRÉFACE DU TRADUCTEUR. V
que l'observation des institutions naturelles aux Orientaux , remplaçait avec avantage la plupart des conjectures uniquement basées sur l'analyse des textes classiques. Les phénomènes, dont jusqu'alors il osait tout au plus soupçonner l'existence dans la pénombre de l'histoire primitive, s'étaient offerts au grand jour devant lui, sur les rives du Gange , sur le plateau du Dekkan, sur les pentes de l'Himalaya. Les incidents ordinaires de la vie courante au sein des villages indigènes répondaient aux idées les plus étranges pour nous de l'Ancien Droit, et révélaient aux sceptiques comment une société peut se maintenir sur des bases qui nous paraissent essentiellement instables. — Sir H. Maine ne pouvait manquer d'apporter à l'étude de ces phénomènes plus de pénétration qu'un fonctionnaire ordinaire, préparé simplement à remplir ses attributions officielles, et, surtout, qu'un voyageur de rencontre. Aussi, bientôt, avec la justification de certaines hypothèses antérieures, il y trouva la clef de beaucoup d'énigmes. On conçoit facilement que, dès son retour en Europe, il ait éprouvé le désir d'initier le public à ses découvertes ; d'annexer, en quelque sorte, au domaine de l'érudition les pays qu'il avait parcourus; de montrer les richesses que l'on pouvait attendre de leur exploitation ; d'éclairer aussi l'administration anglo-indienne sur la limite de ses droits et la direction de ses devoirs; bref, comme il le dit lui-même,