‹ Etudes sur l'histoire du droitChapitre 42 sur 66 · PRÉFACE DE TRADUCTECR. LVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE TRADUCTECR. LVII

ses exactions. Un pouvoir européen étend sur ce pays une ombre de protection, comme l'Angleterre sur le Bérar, et la France sur la Tunisie, sans que le contrôle des Chambres métropolitaines ait heureusement rien de direct à y voir. Immédiatement tout change. Les impôts diminuent, et cependant le Trésor du prince s'emplit comme par magie. Les travaux publics indigènes, délaissés jusque là par les maîtres, s'effectuent pour le plus grand avantage du commerce, de l'agriculture, de Tindustrie locale. Une simple surveillance administrative qui ne change aucun des rouages préexistants, une mise en tutelle qui respecte tous les droits acquis , même illégitimes , une légère infusion d'honnêteté et de probité dans le sang des natifs , suffisent pour amener cette transformation prodigieuse. Par où l'on peut voir tous les jours, si l'on sait ouvrir les yeux, bien mieux que par tous les raisonnements sur Thistoire des siècles passés, qu'il y a peu de bonnes ou de mauvaises constitutions a priori, et que le meilleur remède aux calamités politiques est encore de savoir utiliser le gouvernement que l'on possède.

Ce sont là, nous le savons, autant de conclusions absolument contraires à l'humeur actuelle du populaire. On peut dire de toutes les révolutions, qu'elles sont faites pour éviter l'ennui de se réformer soi-même, pour essayer de parer aux dangers dont nous menace l'incapacité courante, en

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