LX PRÉFACE DU TRADUCTEUR
d'une justesse charmante, M. de Vogué, « que les » langues ne sont pas une garde- robe d'habits va- » ries , bons à revêtir indifféremment la même » pensée. Les langues sont des moules où la pensée » prend sa forme et qui se modèlent à leur tour » sur la pensée par une opération double et indé- » composable. » Ajoutons que les difficultés ordinaires d'une traduction s'augmentent ici d'autres difficultés qui tiennent à la nature spéciale du sujet. Il s'agit d'une science en voie de formatio;i, la science du Droit comparé, qui ne possède pas encore de vocabulaire pour exprimer ses aperçus , pour classer ses découvertes. Sa jeunesse l'oblige de recourir à toute sorte de périphrases ou de néologismes pour décrire les mœurs tribales des races primitives, et les phases singulières de la pré féodalité. On s'y résignera bientôt, si l'on entre courageusement dans ce nouvel ordre d'idées ; mais aussi bientôt l'on jouira d'une largeur d'horizon , d'une profondeur de perspective, qui reposeront des premières fatigues. Et, dans cette satisfaction sereine qui accompagne toujours les conquêtes de l'esprit , le lecteur trouvera, sans doute, quelque motif d'être indulgent pour les humbles traducteurs qui lui auront facilité l'accès d'un nouveau monde de connaissances. M. Charles Maine avait bien voulu nous aider de ses conseils dans la revision des épreuves. La mort l'enlevant en pleine jeunesse, quatre mois