‹ Etudes sur l'histoire du droitChapitre 49 sur 66 · SIR HENRY MAINE. LXVII · texte numérisé non relu

SIR HENRY MAINE. LXVII

rement sur des conjectures, sur un demi-savoir, qui expliquent tant de spéculations hasardées dans les départements respectifs de la pensée et de l'action. En outre, le mépris de l'Oriental pour les affirmations sous réserve, et pour les restrictions dans le temps ou dans l'espace, risque d'atteindre par contagion tous ceux qui ont à s'occuper du Droit ou de la littérature asiatiques. Les caractéristiques locales passent bientôt pour universelles; les castes et les croyances, pour immuables. Les rares éléments que l'on recueille de la sorte s'entassent et se dilatent en inductions gigantesques. L'esprit si large et si exact de Sir Henry- Maine lui permettait de découvrir et de dévoiler ces pièges, ces illusions, qui avaient plus ou moins circonvenu tous les écrivains et les politiciens antérieurs dans leur traitement des questions propres à l'Inde. Sans m'arrêter aux autres exemples que l'on en pourrait signaler, j'ose dire que si l'on souhaite mesurer au point de vue littéraire, la différence entre les généralisations d'un homme de simple valeur et celles d^m homme de génie, on n'a qu'à mettre les fameux raisonnements de Buckle sur les religions et la société de l'Inde en regard des conclusions de Maine sur les mêmes sujets, — conclusions «exprimées avec tant de circonspection, et néanmoins si pleines de vie et de fécondité. Le premier se trompe dans ses prémisses et dans son raisonnement, dans ses maté-

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