SIR HENRY MAINE
pelé. Jamais juriste scientifique n'eût déplus belles occasions d'appliquer ses principes à la législation positive. Il arrivait au moment où s'ouvrait une ère nouvelle, car l'Inde moderne ne date réellement que de la fin de la grande insurrection ; et il avait pour l'appuyer Sir John Lawrence, le meilleur administrateur indien de toute la génération d'alors. La manière dont Henry Maine traita la législation foncière est marquée au coin de la même capacité pour voir les choses comme elles sont, et pour opposer les faits aux opinions préconçues. Il prit une part considérable à certaines discussions de la plus haute importance sur les tenures protégées [Occupancy Tenures) (1) do l'Oude et du Pandjab. Le droit de propriété, comme la croyance religieuse, revêt des formes innombrables dans l'Inde, surtout pour cette raison même qu'autrefois, en pareille matière, le souverain n'intervenait presque jamais, et laissait les choses suivre leur cours naturel, tant qu'elles n'affectaient ni sa sécurité ni son revenu. Or, la souveraineté anglaise, qui entreprend d'appliquer une règle et une sanction à toutes les questions controversées, se trouve obligée d'intervenir ; et, ici encore, s'est manifestée une tendance notoire à bâtir des théories inflexibles sur des inductions vagues et douteuses. L'analyse incisive de Maine avait bientôt fait
(1) Voir, plus bas, p. 241.