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PRÉFACE DU TRADUCTEUR. IX

vérités entrevues jadis par quelques intelligences d'élite, comme des lacs de TAfrique centrale qui figuraient sur les cartes du moyen âge, et que les géographes sceptiques du commencement de notre siècle effaçaient de leurs atlas, faute d'indications précises. Les entreprises récentes, qui \iS ont remis au grand jour de la science, confiiment le mérite des voyageurs d'autrefois, sans rien enlever à la gloire des explorateurs d'aujourd'hui. De même, la méthode comparative, en s'enrichissant d'éléments nouveaux, a reçu comme une vie nouvelle ; et la reconnaissance du public ne risque pas de s'égarer en s'adressant aux derniers auteurs qui l'ont rendue désormais aussi nécessaire pour l'érudit ou le philosophe que pour le simple naturaliste.

Quoi qu'il en soit des origines de cette méthode (1), et de la part qui revient à Sir Henry

(1) M. Paul Viollet observe, à ce propos, que si l'on veut écrire l'histoire complète de la sociologie, il faut i-cmonter bien au delà du dix-huitième siècle. 11 cite, entre autres auteurs, Loccenius {Antiquilalrs Sueo-Golhicx, Upsal, 1654), qui a éci'it des pages dignes de la science moderne. Mais il ajoute que le dixhuitième siècle a vu |xiraître deux ouvrages fondamentaux : celui de Goguet et Fugère [De l'Origine des Loix, des Arts et des Sciences , et de leurs Progrès chez les anciens Peuples, Paris, Desaint et Saillant, 1758, 3 vol. 10-4°); et celui de John Millar (Observations concerning the Distinction of Ranks in Society, Londres, Murray, 1771, 1 vol. in^») qui, malgré ses dimensions

X PaÉPACE DU TaAOCCTBUB.

Maine dans son développement, on ne peut nier que le livre des Communautés de Village en Orient et en Occident ait contribué beaucoup à la répandre. Il offrait un tableau suggestif des mœurs indiennes , — une analyse délicate de l'action qu'exerce notre civilisation sur ces mœurs, — enfin, des renseignements positifs sur l'organisation et le règlement de la propriété commune au sein d'une société primitive. De ces trois points de vues, auxquels on pouvait se placer pour apprécier le livre, ce fut le dernier, avec ses conclusions affirmant la vraisemblance d'un communisme (1) universel à l'aurore de la civilisation, qui frappa le plus nettement les esprits. Ce thème non plus n'était pas nouveau (2;. Et, qui mieux

moindres et son moindre appareil d'éi'udition, nous paraît, peutêtre, le plus instructif. |0n devrait encore mentionner, parmi les précurseurs, quelques auteurs du dix-neuvième siècle, — Charles Giraud, Kœnigswarter , — qui, sur des questions spéciales, ont réuni des matériaux intéressants.

(1) Sur la justesse de ce moi, communisme, restreint à la propriété du sol, voir Glasson, G.-R., Ac. des Se. ??i. et poL, 1885, t. II.

(2) « Comme toute idée féconde et puissante, la théorie de la communauté primitive est ancienne. Ceux qui oni le plus contribué à la mettre en relief, à la dégager, à la propager, ne coanaissaient pas, aux débuts de leurs études, les travaux de tous leurs devanciers. Cette théorie n'a pas été trouvée en un jour ; depuis longtemps elle n'a été que retrouvée. J'ai lieu de croire qu'elle a pris définitivement possession du domaine

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