CLASSIFICATIONS DIVERSES DU GENRE HUMAIN
L'homme a été considéré :
10 Gomme devant être placé parmi les mammifères et constituer :
iHomo, 1er genre des anthropomorphes bu primates.
..* j. i- 4. [ Hominidae, l'* fa- B Dne fom.J Je distincte ^^ ' ^^^
dans le 1" ordre. j ^.^^^^^ ^
IHominidiens , 1er sous- ordre des hominiens.
Inermis.
G Un sous'ordre.
D Un ordre en tête de la classe.
Bimani) Bimanes.
9^ Gomme devant constituer dans le règne animal, une eUiSêe distincte.
Erecta.
Homme.
Hominiens, 1er ordre des hoministes
Homo.
Linné et d'après lui au xvnie siècle, Exleban, Gmeelin et un grand nombre d'auteurs.
J.-B. Fischer (1829).
Ch. Bonaparte (1830).
Lessons (1840).
Godman.
Dugès,eon/'onnie^ (1832)
Blumenbach (Ire édition du Manuel d'histoire naturelle (1779)
Le môme, dernière édition de son ouvrage, et d'après lui, Guvier, Duméril et un grand nombre d'auteurs.
|llliger (1811).
De Blainville (1816).
Dugès,phy8iologie{i9lsn)
Zenker (1828).
Garus [anatomie comparée).
UNITÉ d'origine
3o Gomme devant / former un embranchement.
Les animaux rai- I sonnables.
4<* Gomme constituer un règne à part^
Règne humain, regnum hominaîe .
regnum hominis, devant /Menschervreichdes Allemands.
Zenker (1828).
Adam (1T72); Daubenton , Yicq d*Azyr (1792); Geoflfroy Saint- Hilaire ( t« cours (1794); de Lacépôde (1799), et plusieurs auteurs modernes , notamment Serres , Hollard, Longet, J.
Reynaud , Moquin- Tandon.
Runge (1824) et plusieurs autres auteurs allemands modernes.
Horaninow (1843).
Règne moral IBarbançois (1816).
Règne social. | L'abbé Maupied (1851)
M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire ne voit d'admissible que deux classifications pour Thomine: Tune physique, c'est la famille humaine proposée par Godman, en 1826, et adoptée par le prince Ch. Bonaparte; l'autre philosophique, c'est le règne humain.
Quant à l'ordre de bimanes, qu* est-ce, dit le professeur? Une transaction impossible entre deux
A La séparation de l'homme et des animaux «été indiquée trèsanciennement, principalement par Albert le Grand et un grand nombre d'auteurs antérieurs au xviii* siècle.
systèmes opposés et inconciliables , entre deux ordres d'idées qu'expriment nettement, dans la langue d'histoire naturelle, ces deux mots : le règne humain etlaybmzVfe humaine. Une de ces conceptions prétendues de juste milieu qui, une fois bien comprises, ne satisfont personne, précisément parce qu'elles sont destinées à satisfaire tout le monde ; à demi vraies, peut-être, mais aussi à demi fausses ; et qu'est-ce, en science, qu'une demi-vérité, sinon une erreur î
Laissons donc cet ordre de bimanes que l'autorité de deux grands maîtres n'a pu empêcher de vieillir et de tomber à son tour. Si bien que nous ne trouvons plus debout, sur les ruines de toutes les autres, que ces deux conceptions inverses, l'une purement zoologique, l'autre anthropologique et philosophique : la famille humaine , c'est-à-dire l'homme considéré dans les faits de son organisation et les phénomènes de sa vie ; Y homme physique, premier terme de la série animale que suit de près et que touche presque le second ; le règne humain, c'est-à-dire l'homme étudié dans sa double nature ; V homme tout entier, couronnement, mais non partie intégrante du règne animal, au-dessus duquel il s'élève par l'intelligence, comme celui-ci par la sensibilité, au-dessus du règne végétal.
Nous verrons bientôt que si c'est par ses facultés propres que Tanimal diffère du végétal, c*est de même par ses facultés intellectuelles et morales que ' l'homme forme uii règne distinct du règne animal.
Rejetons donc l'expression de Cuvier : « Pour que chaque être puisse toujours se reconnaître, il faut qu'il porte son caractère avec lui. » C'est là du pur matérialisme. Si Cuvier et l'école- positive n'ont pu, par la pure observation des faits matériels, distinguer les règnes végétal et animal, leur méthode est mauvaise, la nôtre, qui se fonde sur les facultés, est plus philosophique et plus exacte , comme nous le montrerons dans la prochaine leçon.