‹ Études sur l'histoire romainoChapitre 11 sur 36 · X. T. >. Dionys. V · texte numérisé non relu

X. T. >. Dionys. V

sins les Picentes; au midi, les Samniteset les Lucaniens, s'y joignirent avec empressement. Une même origine et des mœurs semblables rendaient facile l'union de ces huit peuples ^ Pourtant, on doit faire entre eux une distinction importante. Les Marses et

* Qaelqoes médailles de la guerre sociale présentent huit guerriers divisés en deux groupes égaux étendant leurs épées vers une truie que tient un jeune homme agenouillé au pied d'une enseigne militaire. Le nombre des guerriers qui prêtent le serment d'alliance correspond, suivant Ëckbel et M. Mil« lingen, à celui des nations confédérées contre Rome. Je ne partage pas cette opinion, et j'ignore pourquoi ces deux savants ont fixé à huit le nombre des peuples italiotes. Sur ce point les auteurs ne nous offrent que les renseignements les plus vagues : Tite Live cite neuf peuples coalisés contre Rome ; Yelleius nomme sept chefs; Appien, douze peuples et autant de chefs. £n réunissant tous les auteurs qui ont traité de la guerre sociale, on trouve quatorze chefs , peut-être quinze ; mais pour une nation il y a souvent plusieurs chefs, et, en revanche, on ignore les noms des généraux ou des magistrats qui ont gouverné quelques-unes des petites républiques connues pour avoir pris part à la guerre. Ainsi, par exemple, qui pourrait nommer les chefs des Yestins ou des Péligniens? Il faut ajouter que d'autres médailles montrent quatre guerriers ou même deux seulement. Si Ton observe que dans toutes ces compositions les groupes sont partagés également, on pensera peut-être qu'il ne faut pas attacher un sens trop précis au nombre des personnages , et que l'artiste ne s'est occupé cjue de l'arrangement pittoresque.

leurs confédérés» ainsi que les Pioentes, avaient reconnu de bonne heure la suprématie de Rome, plutôt par entraînement moral que par la force des armes. Satisfaits longtemps du poste d'honneur qu'ils avaient dans les armées de la république, ils s'étaient montrés alliés l&dèles dans les temps les plus difficiles. Après la bataille de Cannes , ils avaient repoussé les séductions d 'Ânnibal . Les peuples du Samnium et de la Lucanie, au contraire, avaient toujours été les irréconciliables ennemis des Romains. Vingt défaites n'avaient pu lasser leur courage opiniâtre, et jamais ils n'avaient perdu une occasion de secouer le joug. Entre eux et les Romains, c'était une haine à mort. Les Marses étaient entraînés à la guerre par l'ambition de leurs chefs; mais depuis le préteur jusqu'au berger montagnard, il n'y avait pas un Sam« nite qui n'aspirât à laver dans le sang des oppresseurs de sa patrie la honte d'un long esclavage^

^ II faut encore tenir ccnnpte de la différence de langage qui existait à cette époque entre les peuples alliés , différence qui com]^était les deux grandes divisions que je viens d'établir. Les Marses paraissent avoir adopté de bonne heure les caractères romains et la langue latine, ou du moins un dialecte qui s'en rapprochait beaucoup , tandis que les Samnites conservèrent jusque sous les empereurs l'idiome osque. On peut noter les surnoms purementlatins des deux chefs marses :

ISk BSSAI

Outre ces huit peuples qui formaient, pour ainsi dire, la tête de la ligue, beaucoup de cités italiotes y avaient donné leur adhésion, ou n'attendaient, pour s'y affilier, que le moment où se lèverait un drapeau d'indépendance. Un premier succès, les confédérés l'espéraient du moins, déterminerait la coopération des Étrusques et des Ombriens, qu'ils avaient jusqu'alors sollicités inutilement de faire cause commune avec eux. Quant à la Campanie, à l'Apulie et au Bruttium, il paraissait facile d'y déterminer un i^cmlèvement, ces provinces étant en quelque sorte soumises à l'influence du Sanmium.

On ne sait si elles eurent des représ^oitants à la diète générale, mais il est vraisemblable qu'ayant mis sur pied des troupes considérables, elles obtinrent une place distinguée dans les conseils de la ligue.

Diodore de Sicile et Strabon rapportent qu'en imitation des institutions de Rome, on nonuna dans le sénat italiote deux consuls annuels, ayant chacun une province déterminées avec siï lieutenants ou

Q. Pompœdius Silo et P. Vcttiu» SeatOy et la légende Italia sur les médailles attribuées aux Marses, tandis que les deniers samnites portent pour légende le motYiTELiu (Italie), en caractères osques, ouïe nom d'un deleurs principaux ebefs, PapiusMutilus, suivi dumot^mftratiir, c'est-à-direlmperator. * Slrab. V, 369. — Kod. XXXVII, 638-*l : o^roe Bè iw-

SUR LA GCBRRE SOGIALB. 135

préteurs sous ses ordres\ Il est certain que deui

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irpotraiptcoot x^P^^ ^^^ ^^^ KepxuXuv xetXou/xév&iV) f*^XP^ '^^ ASpiazatHç ôaXadoijg', rà Trpoç 5uo"|:jiàç nul tiqv Apxrov vfiioVra liéprj,,,. To ^é XoiTTov t^^ Ira^ÎK^ T:Qf irpoç eu x«2 p8972]i^|Di«v

v£vouo-av, 7rpo(r&>/9e<r«v Fai^ MottjXi^. Cercoli est absolument inconnu. Je pende qu'il faut y substituer Circeii.. U résulte d'ailleurs deFensemble des faits ^ que Pompœdius avait dans son gouyernement le Picenum, le pays des] Marses^ celui des Yestins, des Péligniens, des Frentaniens, des Marruoins y enfin TOmbrie et TÉtrurie. Papius Mutilus commandait aux Samnites, aux Lucaniens, aux peuples de la Campante , de TApulie, de la Calabre et du Bruttiund. Il semble que ces deux chefs se soient partagé le Latium.

* On trouve en effet au moins quatorze chefs italiotes , mais en tenant compte de ceux qui ne jouèrent un rôle important que dans la seconde époque de cette guerre. Yoici leurs noms y avec les variantes qu'ils présentent dans les différents auteurs:

Q. SILO (médaille de la guerre 80(»ale.)^ [Q. Pompsedius Silo (làv. App« Strab.]

Diod. Oros.) ( Poppadius ( Tell. ) ) Marée.

mom^toç (Plut. ) fPompeius Sylo (J. Obsequens.)

illoMni^toç XîXcav (DioB CaSS *.)

* Le Pupidias Silon mentionné par nion Gassius, liv. XLVUI, ch. xli» est probablement un fils ou un neveu du fameux chef des Marses.

chefe suprêmes furent élus, l'un le Marse Q. Pom-

/P. VettiusScato*(Cic.)

lOOiTTtOff Kàrwv (App. )

2 < Insteius Cato ( Vell. ) ) Marse.

lT.Vettius{Eutrop.) (c. Vettiusjsenec.)

iC. PAAPl. — MVTIL. (Médailles sam-] nites de la guerre sociale.) C. Papius Mutilus. (App. Oros.) ^Samnite.

r. AîTwvtoff MÔToXoç (Diod.) Mutiliu8(Vell.)

(Marias Egnatius (Liv. Vell.) )Samnite ou

(i7v«Ttoff**(App.) J Campanien.

'L. Cluentius (App.) .A. Cluentius (Eut.)

iTt^gpeOff Klemrtoç (Diod.)

iJuventius (Oros.)

/ni. LVVll. MR.? c'est-à^ire Numerius^™"^^® .^"

\ Luvius Marci filius (médaille sam-j Campanien.

nite de la guerre sociale décrite pari

SwintoD Phil. tram. t. 58, p. 253 ,]

et t. 63, p. 22. La transcription

de Swinton est douteuse. )

* Ce cognomen est des plus étranges. Scato s'appli(|ue , suivant Forcellini , à celui qui fréquente et uhique cacatf vel qui multtM est in verhis vel argutiis.

** On trouve enfin dans Âppien un Trebatius, Samnîte , mais ce nom est évidemment le résultat d'une erreur de copiste. H ne se rencontre qu'une fois et dans une circonstance remarquable qui permet de rectifier le texte d'Appièn par un passage correspondant de TEpitome. 11 est évident qu'il faut lire Marias Egnatius.

SUE LA GUlSaEB SOCIALE. 137

pœdius Silon, l'autre un Samnite, C. Papius Mutilus', choix qui, pour le dire en passant, prouvent

6 PoDtiu8Tele8iDU8(Liv.App.Yell.Plat.) Samnite. (PoDtiusTelesiDUs( Id. id. id. id. )J

^i frère du précédent. jSammte.

8 C. Judacilias (Âpp. Oros.) Picente.

^(M. Lamponius (App. Plut. Flor. Eut.} )

^ÎM.À..»«„(Diod.) JLucnien.

^ ^ ( Herlus Asinius ( Liv. Vell. ) ) , . .

*<*JHieriu9(Eut.) |Marrucm.

11 Gutta (App.) GampaDien.

ÎT. Lafrenius(App.) ] Latin (?) V.

Afranius (Flor.) f Florus m,

T. Heienniug (?) (Eut.) | 18, éd. Du-

Francus (Oros.) j ker.

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