TROISIÈME PARTIE
SX.
A tant de combats sanglants succéda une espèce de trêve tacite. L'Italie était alors dans letat d*un malade épuisé qui sommeille après de longues souffrances. Métellus observait les Samnites, mais ne les attaquait point. Dans la Campanie , les troupes qui se concentraient à Capoue pour Teipédition contre Mithridate, laissaient respirer les Lucaniens. On espérait que le sentiment de leur impuissance amènerait enfin ces deux nations à implorer la clémence de Rome ; peut-être même des négociations furent'elles ouvertes à cet effet.
La république n'avait pas moins souffert que les alliés. Elle était épuisée d'hommes et d'argent. Sur le point d'entreprendre, une guerre lointaine , qui exigeait de nouveaux sacrifices , elle avait intérêt à ménager des peuples qu'elle venait de vaincre, mais que de nouvelles injustices pouvaient, en les rédui-
ESSAI SUR LA eiTBKRS SOCIALE. 213
sant au désespoir, obliger à reprendre les armes. Si l'on n'étendit pas le bénéfice de la loi Julia à tous les Italiotes qui avaient fait leur soumission , du moins on leur fit espérer, sans doute, que dans un avenir prochain leur bonne conduite serait récompensée y comme l'avait été la fidélité de quelques autres nations ^ Il ne parait pas, qu'à l'exception d'un petit nombre de chefs, punis de mort comme rebelles ^, les magistrats romains aient sévi contre les vaincus. Le territoire des villes confédérées ne fut pas confisqué % et cependant la situation des finéfhces obligeait le sénat, pour se procurer de Targent, à vendre aux enchères des terrains situés aux environs du Gapitole, et depuis un temps immémorial abandonnés aux pontifes, aux augures et aux ministres de la religion *. Cette modération dans la détresse indique suffisamment la situation de Rome et des provinces qui venaient de rentrer dans le^ devoir.
* Les expressions d'Appien sont trop obscures pour qu'on puisse y voir la preuve de Témancipation immédiate des peuples qui avaient fait partie de la confédération. Voir Civ. I, 53y in fine.
^Orose, V,18.
3 Sauf, peut-être, celui d Asculum
* Orose, V, 18.
lit Vêàl