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Sylla fat déngaé pour dirige la guerre coatre Midiridate. C'était^ dans les idées d'un HMnaiii, la jdoa bdle miwion qu'on pût obtenir : beaucoup de gloire et un butin immense; tontes les amlnticms s'y pouvai^it satisfaire. Aussi Ton devine qu'une si riche proie devait exciter bi^i des envieux. Malgré son grand ége et sa santé ruinée, Marins s était flatté qu'on le diargeraitde cette importante expédition Ml ne pouvait s'habituer à n'être plus lepremier personnage de Rome, et frémissait en songeant que ses campagnes oonb*e les alliés, laborieuses mais indécises^ avaient diminué sa haute réputation militaire. Furieux de se sentir oublié, il haïssait surtout dans Sylla le général heureux qui lui avait dérobé ^sa vieille gloire. L'ambition de Marins avait quelque chose de bas comme son origine. Sur un champ de bataille , il trouvait du génie ; à Rome, ce n'était qu'un intrigant éhonté, jaloux de toutes les r^tttatioiks, sanis système politique, sans audace méme«
* Pour prouver qu'il était encore en état de faire la guerre, il se livrait, tous les jours, publiquement dans le champ de Mars, aux exercices gymnàstiques en usage parmi les jeunes Romains. Plut. Mar. Si.
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car il a'dBGiQait toujours pour mettte eu avwit quelque betieux subaiterue, auquel il prétait, pour ua tomps 9 ce <pi'îl lui restait de erédit et de popularité.
Pour dupplftuter sca heureux ^ival, que ki sénat semblait aroir adopté pour sim chef, Marius oherduL un appui ches les Italiotes auxquels la loi Jujia «Tait 40éordé le droit de câté, qmôs avec une réserva qui les annulait pour ainsi dire dam les comiœs» Smi {Nrcfet fut de les égaler de tout point aux Komains de juaissmace; et, s U y parvenaiti il croyait son pouvoir assuré. C'était reprendre les proj^ de Ikttsus. Suivant son usage» M arius suscita un P* Suln picius , tribun du peuple^ $a créature^ qui proposa de répartir les nouveaux citoyens dans les trcaa^te^ cinq tribus ancÂennes « ce qui leur eut donné un droU de suffrage ^al à celui des ilomaii)^ » pu pour mieux dire, oe qui eût fait passer dans leurs mains JjQute ^'influence politique. La rogation de Siiipicins raniuMÎt eu quelque sorte h, guerqe soeiêk]ie^ ou pbir tM la transportait dans Rome même, liussi» les pronières discussions lurent des émeutes ; on se battit k coups de pierres dans le forum ; le sang coula oomme aux jours des Graequps <hi de Satur^ ninus*.
* App. Civ. I, 55.
• La plus grande partie et la plus éiiei^i([ue des anciens citoyens se trouvant alors aux années, Tayantage du nombre était pour le tribun ; mais les consuls, afin d'ajourner uq yotO'dontrissue leur semblait bx>p certaine, se servirent du^uvoir que leur accordaient les vieilles lois reli||^euses de la répu-« blique; ils indiquèrent pour le reste de Tannée des fériés si nombreuses, que toute assemblée du peuple devenait impossible \
À cette espèce de supercherie, alors fort usitée, Sulpicius répondit par la violence. Suivi d'une multitude furieuse armée de poignards, il somma les consuls L. Sylla et Q. Pompée de retirer leur décret et de supprimer les fériés illégales qu'ils venaient d'introduire. Dans le tumulte horrible qui s'ensuivit, un jeune homme, fils de Q. Pompée, et gendre de Sylla , fut massacré sous les yeux de son père. Q. Pompée s'enfuit, et Sylla, entouré de poignards, n'évita la mort qu'en promettant d'abolir les fériés, aussitôt qu'il en aurait référé au sénat. Le séntft était impuissant pour résister; il se soumit, et aussitôt Sulpicius fit passer sa loi. D'autres rog{itions la suivirent de près, adoptées également par la violence. C'est ainsi qu'il fit décréter le rappel des patrons
* App. loc. cit.
des alliés, exilés en vertu de la loi Varia; enfin, ponr couronner son œuvre, il en rapporta tout le prix i son véritable auteur; car, retirant à Sylla la^conduite de la guerre contre Mithridate, il la fit adjuger par le peuple au vieux Marias.
A peine échappé aux poignards de Sulpicius, Sylla s'était empressé de quitter Rome et de courir à Capoue , rendez- vous des troupes qui allaient passer en Asie. La plupart des soldats avaient servi sous ses ordres pendant deux années , en Campanie et dans le Samnium ; habituées au pillage et à la violence sous un chef qui leur permettait tous les excès, ces légions n'appartenaient déjà plus à la république; elles étaient devenues Farmée de Sylla. Aussi, lorsque, fuyant de Rome et presque proscrit, il leur raconta Toutrage fait à leur général, et leur demanda s'il pouvait compter sur leur fidélité , les soldats répondirent par acclamation : Marchons sur Rome ! comme s'ils eussent deviné la pensée qu'il n'osait encore leur révéler ; et presque aussitôt , pour lui donner une preuve de' leur dévouement, ils massacrèrent le légat Gratidius, qui venait prendre au nom de Marius le commandement de ces troupes*.
Cependant le projet de porter les armes contre
* Val. Max. IX, 7, 2.
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la ville sacrée était encore quelijue chose de si monstru^ix, inéme à cette époque d'indiscipline et de désordre^ que tous les offîciers supérieurs s'ar* rêtèrwt épouvantés devant Tidée d'une action jusk qu'alors sans etemple. Dans le& six l^ons réunies autour de Gâpoue, tous les légajis, toud les tribuns, sénateurs^ chevaliers ou plébéiens» déclarèraat qu'ils nemaroheîaient pas contire Rome. Tous, k Teiiceptieii d'un questeur» abandoûn^entle consul ; mais len sol* dats le suivirent, d'autant plus redoutables que leur masse aveugle n'obéissait plus qu'à un seul chef \
'^ App. Cw. I, â7.-^Jé demande la pennisùon d'iosiêter sur ce fait» qui me parait asses; remarquable pour mériter qu'on en recherche les causes. Dans la milice romaine» il existait une ligne de démarcation itifranchissable entre les soldats et le corps des officiers supérieurs, légats et tribuns. Sauf de très-rares exceptions, ceh derniers appartenaient à des familles riches et considérées. D'abord, ils faisaient leurs pre»mières armes en qnhiité ùecowêubêrnakié'mt g^éral, c'est»à-dire d'attachés k l'étatHnajor ^ de cette position» sans passer par aucun des grades inférieurs, ils étaient nommés au commandement d'une légion ou d'un corps d'armée» soit par le peuple dans ses comices, soit par le général en chef. On Remarquera que leur charge n'était que temporaire (car il n'y àVaît dans la république de fonctions permanentes que dans l'ordre religieux) ; en sorte que pour passer à des fonctions plus élevées, pour avancer en grade, en un mût» il était néiMsaire
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Au bruit de la marche de Sylla, Rome fut saisie d'efiroi* Marius u avait point d'armée. Il ne s'at* tendait pas' à timt d'audaœ. D'abord^ il essaya de faire parler Tautorité du sénats espérant que cette assemblée» bien que sa prisonniù'e» aurait encore quelque influence sur l'homme qui se disait le dé-*
qu'ils sereadisBeatagréableBattxeitoyeQSdontlessuffrageAdi»* peasaient les honneurs. — ËKamifioas maintenant la carrière de rhomme du peuple enrôlé comme simple soldat. Qaellaa que fussent ses prouesses, san avancement dépendait uniquement du bon plaisir du général^ ou plutôt du tribun com« mandant sa légion. Or, cet avancement n'avait lieu que dans les i^des inférieurs» depuis celui de trentième centurion, deeimuê kustatuë, jusqu'à celui de premier centurion ou pri«mipile^ primipihs. Ce grade ét^it en Quelque sorte intermé»* diaire entre la classe des soldats et ^le des tribuns. C'était là le dernier terme de l'ambition d'un soldat qui^ n'ayant jamais quitté son drapeau > s'était fait remarquer par mille belles aelions.
Le centurion t et même le primipiW» perdait son grade lorsque sa légion était licenciée; et s'il était enrôlé de nouveau , il pouvait ne servir que comme simple soldat. A. la vérité y ce cas était rare, mais non point absolument irapos» sible. (VoirLiv.XLn,34.)
Les observations précédentes > que je me propose de dé-^ velopper dans un travail spécial , suffisent pour faire appré-* cier la situation très-différente .des soldats et des officiers supérieurs dans ub moment de ràvdutioii. Les piemiero dé-
fenseuT de ses privilèges. Deux préteurs, Junius Brutus et Serviiius, furent députés à Sylla avec mission de l'interroger sur ses desseins. Introduits dans son camp^ au milieu des huées de la soldâtes-que, insultés à chaque pas, dépouillés de leurs insignes, ils remirent en tremblant au consul les dépendaient de leur général, les autres, des comices populaires. Leurs intérêts conatne leurs sentiments devaient donc être souvent opposés.
Je hasarderai encore une hypothèse sur le mouvement qui eut Heu dans Tannée de Sylla. Je ne doute point qu'elle ne comptât dans ses rangs une forte proportion de soldats italiotes , les uns enrôlés chez les peuples demeurés fidèles à la république, les autres chez les nations récemment soumises. On conçoit même qu'il était de l'intérêt du gouvernement^ d'éloigïier«de leur pays ces derniers surtout. Devenus Romains, ces soldats n'avaient plus comme autrefois des préfets de leur nation. Ils avaient des tribuns nommés dans les comices ; or, ces tribuns devaient être tous Romains , car on a vu que les Italiotes n'avaient encore aucune influence dans les assemblées politiques. Il ne serait pas étonnant, dans ce cas, que les soldats n'eussent éprouvé aucun des scrupules de leurs officiers, lorsque Sylla les mena contre Rome. J'ajouterai que la manière dont Sylla , de retour de son expédition en Asie , fut reçu par les peuples de l'ancienne confédération marse , prouve qu'il avait dans son armée beaucoup de soldats de ces provinces , et qu'il était parvenu à se les attacher complètement.
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pêches dont ils étaient chargés. Sylla répondit «que son dessein était de déUvrer Rome de ses oppresseurs. Que le sénat, ajouta-t-il avec une froide ironie, vienne au champ de Mars avec Marins et Sulpicius, nous réglerons ensemble les affaires de la république.» Et il continua sa marche.
Une nouvelle députation se présenta, qui cette fois, s'armant d'un semblant de résolution, lui signifia un sénatus-consulte pour lui défendre de s'avancer à plus de cinq milles de Rome. « Je m'y conformerai,» dit Sylla; et les députés qui rapportaient cette bonne nouvelle, virent, en entrant dans Rome, l'avantgarde du consul qui les suivait de près. Bientôt une légion commandée par Basilus s'empare de la porte Esquiline. Q. Pompée, collègue de Sylla, qui s'était empressé de le joindre, en conduit une seconde vers la pé>rte Colline ; deux autres, tournant la ville, se portent du côté du nord et entourent les remparts; enfin, Sylla lui-même, avec ses deux dernières légions, appuie le mouvement de Basilus.
Quelque temps. Marins et Sûlpicius, à la tête d'une troupe mal armée, continrent l'assaillant dans les Esquilies, soutenus par la populace de ce quartier, qui, du haut des toits, accablait de tuiles les soldats de Basilus. Mais Sylla fait avancer ses réserves^ et saisissant une aigle, ramène lui-*méme
ses soldats à la charge, U leur crie de lancer des traits enflammés sur les toits et leur donne lexem-» pie. En voyant briller les torches la multitude se disperse. En vain Marins promet la liberté aux e»^ claves s'ils veulent s'armer pour lui; la plupart de ses partisans labandonnent. Un corps ennemi pér^ nétrant dans la rue Suburane, menace de lui couper la retraite. Alors, ayant perdu tout espoir, il se hâte de quitter Rome, suivi de Sulpicius et de tous ceux qui avaient à craindre la vengeance du vainqueur.
Maître de la ville, Sylla ne s'occupa d'abord qu'à contenir la fureur du soldat. U fit exécuter sur^le^ champ quelques pillards ; il plaça partout des corps de garde, et passa la nuit avec Q« Pompée i parcourir tous les quartiers pour réprimer le désordre. Le lendemaiui de concert avec son collègue, il publia une série de décrets, ou plutôt les Qpnditions de la paix qu'il accordait i la république ^
Tous les actes du tribunat de Sulpicius, posté-
^ App. Cw, I| 59. Ce fut probablemeot spus la forme de sènatus-oûDSult^ que ces décrets fuient promulgoés. Je doute qu'ils aient été présentés aux comices. U est possible d'ailleurs qu'Appien ait confondu les époques et placé immédiatement après la piise de Rome plusieurs des lois corné* liennes que Sylla imposa aux Romains quelques années plus tard> en quaKIè de diotatour.
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rieurs aux édits consulaires sur les fériée, furent déclarés nuls et sans eflTet. Marius, Sulpicius et dix autres sénateurs furent mis hors la loi comme séditieux, rebelles, auteurs de menées insurrectionnelles. La puissance des tribuns fut notablement réduite, et en particulier il leur tut interdit de proposer des rogations de leur chef \ Les oonsuls défendirent encore à tout magistrat de présenter au peuple aucun projet de loi^ à moins qu'au préalable il n*eût été sanctionné par le sénat. Enfin, ils retirèrent aux comices par tribus le pouvoir législatif, et décrétèrent qu'à Pavenir les rogations ne pourraient être portées que devant les comices par cen*turies. Comme ces iassemblées étaient présidées par les consuls ou les préteurs, d'ordinaire dévoués au sénat ; qu'à eux appartenait la mission de prendre les auspices, sans lesquels ces assemblées n'étaient point valables, les réformieiteurs accordaient en réalité au sénat le pouvoir d'arrêter à sou gré les délibérations dont l'issue menaçait d'être flméste à ses privilèges ^. Si Ton en croit Appien, par un dernier édit,
* H. ib.
^ Id. loc. cit. — Ces décrets, qui ne furent qae les ordres arbitraires d'an général vainqueur et tont-puisMint , seroirt reproduits et développés à la fin de oe travail.
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Sylla recomposa ce corps, alors tombé dans le mépris par son obéissance à tous les factieux, d'ailleurg extrêmement réduit par les pertes nombreuses qu'il avait faites pendant la guerre sociale. Trois cents nouveaux sénateur^ furent inscrits sur Talbum, choisis parmi les citoyens les plus fiches et les plus influents. Je n'ai pas besoin de dire qu'ils furwt recrutés dans la faction dominante ^
Tous ces décrets furent sanctionnés sans opposition par le sénat. Un seul homme, Q. Mucius Scœvola, osa protester contre les proscriptions. « Jamais, s écria-t-il, je ne déclarerai Marins ennemi du peuple romain, car jamais je n'oublierai qu'il a sauvé la république.»
Sulpicius, trahi par un de ses esclaves ^, fut mis à mort; les autres proscrits, errant çà et là, purent se dérober à la vengeance du vainqueur. Celui-ci, satisfait fie Tobéissance de Rome, renvoya au bout de quelques jours la plus grande partie de son armée à Capoue, n'attendant pour la suivre que l'expira-
^ App. Civ. I, 59. Il est trèâ'-yraisemblable que quant à cette rénovation du sénat , Appien a anticipé sur les temps. "Yoir les lois du Dictateur, § XIX.
; ^ L'esclave fut d'abord afiranchi pour avoir livré un proscrit, puis, précipité de la roche tarpéienne, pour avoir trahi son maître. Liv. EpiU 77.
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tion de son consulat. Mais auparavant il dut présider les comices consulaires, et dans cette occasion il put voir toute la haine que le peuple portait au destructeur de ses libertés. Débarrassée de la terreur que lui inspiraient les six légions de Campanie, la plèbe urbaine témoigna hautement son aversion pour les candidats que favorisait Sylla, et plusieurs échouàrent dans leur poursuite. Octavius, candidat de la faction aristocratique y fîit nommé cependant , car la douceur de son caractère fisiisait excuser son origine, mais il eut pour collègue L. Cornélius Cinna, qui » passant pour un ami secret de Marins, avait toute la faveur de la populace. On dit que Sylla voulut s'assurer de lui, en lui faisant prêter dans le Capitole et sur l'autel de Jupiter le serment de maintenir les lois cornéliennes ^ Très-superstitieux lui-même, Sylla crut le dominer en lui dictant une formule terrible d'imprécations contre le parjure, mais des serments n'embarrassaient guère Cinna, et il promit tout ce qu'on exigea de lui. U ne tarda pas à lever le masque. Â peine fut-il entré en charge ^, qu'à son instigation le tribun Yerginius, au mépris des nouveaux édits, accusa Sylla devant le peuple|^*. Celui-ci, toujours
» Plut. SuU. 10.
• A. de R. 667.
» Plut. 5i#H. 10.