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Sur ces entrefaites on annonçt qu'Atttle, roi da Pergame, était mort instituant le peuple romain son héritier \ C'était peut-être une condition secrète de son alliance avec Home, car on a peine à conee*voir une flatterie qui se prolonge après la mort de resclave, Quoi qu'il en soit, Tib. Graechus saisit avec empressement Toocasion d'accroître sa popularité. Au sujet de cet événement, il présenta un nouveau projet de décret, ou rogaUon^ qui complet tait en quelque sorte sa loi agraire, et dont FefiGat devait être plus immédiat. U demandait que les trésors d'Attale fussent distribués aux citoyens pau^ vreS| qui allaient recevoir des terres par le partage du domaine public. Cet argent devait pourvoir à leurs frais d'installation! et subvenir & leurs besoins en attendant Teiécution de la lot Sempronia, Une autre disposition de son projet n'avait pour but que d'abaisser lautorité du sénat. Tibérius voulait que le peuple, dans ises comices par tribus, statuât sur les mesures à prendre pour l'administration du royaume de Pergame. Cela n'allait à rien moins qu'à retirer au sénat son pouvoir exécutif.
Graccbus se trouvait jeté en quelque sorte malgré lui h la tête d une faction. Entre elle et le sénat,
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c'était une guerre à mort, et n'ayant désormaig rien à ménager, il ne songeait qu'à obtenir la victoire. Chaque jour donc il proposait de nouvelles mesures pour réduire Tinfluenoe du sénat et augmenter le pouvoir du peuple. C'est ainsi qu'il annonçait hau» tement l'intention de modifier l'organisation du oorpg judiciaire, alors esclusivemwt composé de sénateurs, par Tadjonotion d'un nombre égal de juges tirés de Tordre des chevaliers ^ i enfin il pro^ mettait à ses partisans le rétablissmnent ou plutôt l'extension d'une ancienne disposition qui autorisait l'appel devant le peuple de tous les jugements ^.
Mais le temps lui manquait pour l'exécution de ses plans : déjà sa magistrature touchait à sa fin » et
^ Lors de la discussion de la loi Semprooia, les chevaliers avaient fait cause commune avec les sénateurs. Gracchus espérait les gagner à son parti en leur conférant Tadrainiçtration de la justice , et en effet ses successeurs parvinrent, en suivant la même politique, à diviser le» deux ordres.
^ Ii6 droit d'appel au peuple, Provocation est une des plus anciennes institutions de Rome \ on en trouve de^ tracQs dès le temps des rois. Jamais ce droit m fut positivement aboli; cependant ^ à voir le nombre de lois et de rogations présentées successivement pour assurer Texercice de la provocation , il faut croire que les factions qui dominaient la république parvenaient facilement à rendre illusoire cette sauve-garde de la liberté.
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il n'ignorait pas que, lorsqu'il serait rentré dans la vie privée, ses adversaires non-seulement attaqueraient ses lois» mais le poursuivraient lui-même avec tout l'acharnement d'une haine longtemps contenue. Il songea donc à se faire proroger le tribunal, contre l'usage établi , qui ne permettait pas d'occuper deux années de suite la même charge. Lorsqu'il en fallut venir & l'épreuve des comices , un de ses collègues éleva des doutes sur la légalité de sa can-. didature, et soit par un scrupule honorable, soit qu'il fût gagné par le sénat , il ajourna l'élection , jusqu'à ce que le collège des tribuns eût statué sur l'incident.
Le lendemain Gracchus parut dans le Forum , suivi d'un cortège nombreux ; mais les campagnards, qui formaient la partie énergique du peuple , étaient alors occupés aux travaux de la moisson \ La populace urbaine n'avait qu'une audace criarde qui s'évanouissait à l'apparence d'une lutte sérieuse. Tels étaient les soutiens de Gracchus. Contre cette multitude plus nombreuse que redoutable, le sénat disposait de toute la jeunesse riche, accoutumée aux armes, et de la foule docile de ses clients.
D'abord Tibérius essaya de se faire entendre;
^ App. Civ. I, 14. Hsooc fî' h iq5ï3.
mais les clamears confuses des deux partis rendaient toute harangue impossible. On n'entendait que des menaces, des cris confus. En vain les licteurs essayèrent de rétablir Tordre; on les repoussa, on brisa leurs faisceaux ; on s'arma de pierres et de bâtons.
Tandis qu'une inexprimable confusion régnait dans le Forum , le sénat délibérait sur les circonstances présentes , dans le temple de la Foi, gardé par un gros de clients et d'esclaves, cortège ordinaire des sénateurs. Quelques-uns proposaient de proclamer la patrie en danger , de créer un dictateur, de proscrire Gracchus. Presque seul , le consul Mucius Scévola , le même que Tibérius avait consulté au sujet de sa loi agraire, conservait une attitude calme et s'opposait à toute résolution violente. Il avait hautement blâmé la conduite de Tibérius, depuis que son ressentiment l'avait emporté jusqu'à faire déposer son collègue et à violer les lois de la candidature ; mais la fureur de ses adversaires lui paraissait aussi coupable , et , au milieu du désordre, il ne faisait entendre que des paroles de conciliation et de légalité. L'assemblée ne prenait aucun parti, lorsque le grand pontife P. Scipion Nasica s'écria impétueusement : ce Le consul se préoccupe de questions de procédure lorsqu'il s agit du salut de la ré-
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publique. Me suive qui voudra la sauver I| » Alors se couvrant la tète de sa toge S et brandissant un bàttm^ il oourut au Forum t suivi des plus jeunes sénateurs et d'un gros de clients et d'esclaves. Armée de leviers et de pieds de bancs rompus, cette troupe forcenée se jeta dans le Forum , frappant et abattant devant soi tout ce qui s'opposait à son passage. Devant eux s'enfuyait en désordre la populace urbaine. Cette multitude» tout à Fheure si audacieuse» n'osait plus affronter quelques centaines d'hommes armés de bâtons. Abandonné de tous, Graoohus fut atteint par ces furieux, et assommé sur la place. On remarqua que le premier coup lui fut porté par un de ses collègues^, car la plupart des tribuns étaient jaloux de son autorité; mais^ moins oourageux qu'Octavius y ils s'étaient bornés à ne prendre aucune part à ses décrets.
Le corps de Tibwins fut jeté dans le Tibre ; les deux philoeophes grecs ses amis , emprisonnés et jugés immédiatement, furent ^ l'un mis à mort» l'autre banni de Rome. Dans cette échauffourée» trois oents personnes avaient perdu la vie» tuées à
*■ Le grandi pontife portait ainsi sa t<^ dans les sacrifices solenndls. Peut-être Scipion Nasica Toalut-41 en imposer au peuple pat les insignes de son caractère sacré.
coups de pierres ou de bâton , et la facilité avec la-> quelle un petit nombre de sénateurs avait dispersé la mnltitudei montrait le peu de fondement qu'il y avait à faire sur une populace lâche et avilie , qui au premier danger abandonnait sea idoles.