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Hbérius mort, la loi Sempronia ne fit pas abro^ gée« On compléta même le collège des triumvirs, réduit à un seul membre par la mort d'Appius Claudiui»* qui ne survécut pas longtemps à son gendre. A Caius Gracchus furent adjoints M. Ful« vins Flaccus et C« Papiriua Carbon. Ces choix prou-* vaioit que le peuple , remis» de son épouvante , irou-> lait Tencution de la loi Sempronia dans Tesprit qui l'avait dictée, et il n'était douteui pour personne que les nouveaux triumvirs ne fussent les mécuteurs du testament politique de Tibérius* Sans doute, le sénat «tait craint de ponaier à bout le peuple, plu* tôt étonné que vaincu. Il s'était efforcé de donner le change à l'opinion publique sur le véritable motif de la mort du jeune tribun t en calomniant sa mémoire et ta lui supposant le crime absurde d'a^ voir aspiré à la royauté*. D'ailleurs, la force d'iner-
* La mèana aeciisation avait été porte eofttrtf 9p. Mslius avec aussi peu db fondement.
tie était le me^leur moyen qu'il pût employer contre la loi agraire. Il comptait avec raison sur les difficultés matérielles qu'allaient rencontrer les triumvirs. En effet, malgré letendue de leurs pouvoirs, ils eurent bientôt sur les bras une si lourde charge , que leurs efforts pour réaliser les promesses de Gracchus demeurèrent sans résultat. De toutes parts surgirent d'interminables procès. Tantôt, les trium^ virs étaient assaillis par les réclamations des détenteurs du domaine, qui en appelaient aux tribuns, pour ne pas subir les chances d'un partage nouveau et se voir privés de terres à leur convenance , améliorées par eux, couvertes de maisons, quelquefois d'édifices sacrés. Tantôt , des villes alliées contestaient & la république la propriété d'un territoire qu'elle revendiquait comme faisant partie de son domaine. Nulle part les anciennes délimitations n'avaient été conservées avec exactitude. Les titres de possession, les contrats de vente, les traités même faits avec les cités italiennes, avaient disparu ou étaient devenus inintelligibles ^ En un mot, il était & peu près impossible de déterminer la circonscription du domaine public. Les triumvirs , mal
^ Ours Ta ffu/xSé^aia , ours ràç 70<yipoy)/^iaç en i;^ovT6>v eciràvT6)V. A$èmi£\ipvmrOyà(ifi'koyo^^v, App. CtV. I, 18*
secondés par les tribuns, contrariés par le sénat, chicanés par tous les riches , étourdis par les réclamations de vingt peuples différents , n'osaient rien décider, et de leurs travaux ne résultait qu'une inquiétude générale et la suspension de toutes les affaires. De toutes les dispositions de la loi Sempronia, une seule fut exécutée, celle qui interdisait la transmission par vente des biens du domaine ^
Dans ces conjonctures, P. Scipion Émilien revint à Rome après avoir détruit Numance. Ses exploits et l'éclat d'un nom qui réunissait les gloires de deux grandes familles ^^ sa haute renommée de vertu , le rendaient l'homme le plus propre à servir d arbitre entre les factions qui venaient d'ensanglanter le Forum. Le sénat paraissait disposé à suivre les conseils du plus illustre de ses membres, et sa grande réputation militaire faisait espérer la soumission des plébéiens. Enfin il était le beau-frère de Tib. Gracchus et le cousin de Scipion Nasica. Ce fut donc d'abord de l'aveu des deux partis qu'il intervint dans le débat. Sans attaquer la loi agraire , il jeta adroitement quelques soupçons
* App. Civ, I, 27
^ Il était fils de Paul Emile » et était entré par adoption dans la famille des Scipions.