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letourdir, mais il allait bientôt se réveiller avec un redoublement d'énergie.
Restait le plus considérable des changements que Gracchus préparait à la constitution romaine. Je
loi ( De protineiis consularibus ) qui fixait à un an la durée de leur» gouvernements. Ctc. ad Fam. I, 7, 10. Il est remarquable quil ne t^ta pas ce qu'osèrent d'autres tribuns après lui; c'esi-à-^ire d'enlever au sénat l'assignation des provinces. Cicéron {atty à ce sujets Téloge de sa modération. Pro domoy 9.
L'auteur des lettres à César, De ordinandâ refublieày £p. 1, 9, prête à C. Gracchus le projet de changer le système des comices, en faisant voter les centuries dans un ordre fixé par le sort. On connaît l'importance extraordinaire que les Romains aiftachaieut au voie de la centurie prérogative, et il voulait enlever à la première classe le privilège de le donner dans les comices. Peut-être même espérait-il abolir ainsi les classes et détruire l'espèce d'esprit de corps qui pouvait les diviser dans les assemblées publiques. Au reste, le passage relatif à cette prétendue rogation de Gracchus est très-obscur, altéré peut-être, et, déplus, l'ouvrage dont il est tiré n'Inspire aucune confiance. Sa date est inconnue, et suivant toute apparence c'est le travail de quelque rhéteur qui se sera essayé à îmîtef le style de Salluste. Le moyen, en effet, de croire que Salluste osât adresser de tels lieux communs sur 1© toépris des richesses et les vertus républicaines à un homme aussi positif que César, qui connaissait et ses mœurs, et ses prohislonsy et sa rapadté?
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veiijc parier de TéiMiicipiition àê l'Italie; projet qu'il avait doQça de Itti^-inéme pour réparer la faute de son frère 9 on que peut^'ètre Ftthiiia lui avait Éag*^ géré. S'il réoammitf plM delimitea iaa puiadadee. DÎBpoiaiit du vote de toui le§ aUiéa ^ il aurait oom^ mandé eu maître dana lea eomicea. Pour s'cqpposer k oe dessein, le aénat avait eu reeoura i la tactique qu'il avait miployée contre Tibérius: c'était de gagner un des tribuns; et cette foia il oboiait Tbonime le plus propre à le seconder* M^ Liviua Drusua s'é^ tait déclaré le défenseur du sénat; mais, ne doutant paa qn'une opposition ouverte ne lui attirât aussitôt le sort d'OctaviuSy il s'appliquait à disputer à son rival la &veur populaire; en un mot^ il le combat* tait par ses propres armes* Gracdiius propodait-^il la fondation de deoi colonies italiennes ^ Drusus de* mandait que Ton en établit douze, où seraient in«acrita les citoyens les plus néoesaiteux \ Le premier fidsait décréta»* que les teriw c<moédées aux colons aéraient goomises à une faible redevance. Druaus, an contraire, voulait que la ivpubliqtie leur donnât
^ Je suppose que ces colonies étaient fondées hors de lltalié } Dnistts y voyait qb moyen d'afiiublir les alliés en éloiauaat uoe portàoa oonsidérable de leur jeuqeBsa rdmoante. Plut a Grmelm^ 9.
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des terres à titre gratuit. En même temps il s'efforçait de diviser les Italiotes en accordant des faveurs particulières à quelques peuples ; tel est du moins le but d'une de ses rogations, qui, assimilant les soldats latins aux Romains, interdisait aun: généraux de prononcer contre eux la peine de mort ignominieuse ^ D'ailleurs Drusus affectait un grand désintéressement. L'institution des colonies nouvelles donnait lieu k la nomination de triumvirs pour les partages, charges très-avantageuses et alors très-recherchées. Il déclara qu'il n'en accepterait aucune, et qu'il renonçait à toute indemnité pour les enquêtes ou les voyages qu'il ferait par ordre de la république. Chaque fois qu'il proposait une rogation populaire, il avait grand soin d'annoncer qu'il avait consulté le sénat et obtenu sa pleine approbation. Bientôt cette conduite adroite porta ses fruits. Satisfaits d'avoir du pain à bon marché, et comptant sur les partages des terres que leur promettait rétablissement des douze colonies de Drusus, les plébéiens ne montrèrent plus les tnémes dispositions à seconder Gracchus dans son projet d'émancipation de
* Plat. C. Gracchus , 9. Cette rogation ne fut sans doute pas adoptée. Y. la mort de Turpilius , condamné aux veines par Metellus, nam civisex Latio erat* Sallust. Jugurtha, 69.
ritalie. Peut-être même, sentant leur condition de citoyens romains devenir tous les jours plus avantageuse, furent-ils moins disposés que jamais à la partager avec des hommes qu'ils s'accoutumaient à regarder comme d'une espèce inférieure.
Caïus avait compris une des fautes de son frère , qui n'avait pas su ménager les Italiotes. En se déclarant leur protecteur, il en fit une autre, car il blessa l'orgueil national de ses concitoyens, aussi chatouilleux peut-être chez le prolétaire de Rome que chez le sénateur. Il prévit la résistance, et prit ses mesures pour emporter la question de l'émancipation de haute lutte. Par son ordre, au jour des comices, une immense multitude dltaliotes devait se rendre à Rome en suppliants ; mais soixante mille suppliants auraient aisément dicté les suffrages. Un danger si pressant tira le sénat de sa léthargie. I49 consul G. Fannius Strabon^ fi^t publier un sénatus* consulte enjoignant à tout étranger de quitter Rome et sa banlieue plusieurs jours avant les comices. En vain Graochus essaya-t-il de rendre vain ce décret en promettant son appui comme tribun aux Italiotes qui encourraient des poursuites pour désobéissance au sénatus-consulte. Les magistrats romains, dans
k. d. R. esa.
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leurs provinces ) s'opposaient au voyage meû&^nt de ces peuples de pétitionnaires; ils avaient des troupes pour les arrêter. On s'aperçut bi^tôt que Gracchus affectait une assurance que le réveil du sénat lui avait fût perdrey[et il se démentit honteusement en laissant mettre en prison, sous ses yeux, un Italiote son hôte^ qu'il avait retenu par ses pro* messes. A cet aveu de son impuissance , tomba en un instant ce prestige de force qui en imposait h ses adversaires/ et qui parfois Taveuglait lui-même* Ti* midement défendue, sa rogation fut rejetée par une majorité considérable.
Peu après, Gracdbus partit pour l'Afrique en qualité de triumvir. U allait, en exécution d'une de ses lois» établir une colonie de six mille Italiotes^ sur l'emplacement de Carthage. On doit supposer ^ue cette mission, qui n'avait qu'une médiocrô im^ portance, était dans les usages du temps une né-^ cessité à laquelle il ne pouvait se soustinire, et peut^ être ses adversaires saisirent-ils avec «sipressement cette occasion de l'âoigner^ Son absence le fusait
• App. Civ, I, 24..
* On volt dans Tite-Llve, XXIX, 20, un autre exemple de voyage entrepris par des tribuns du peuple, en vertu d'un sénatus-CQnsulte. «c Hoc facto S. C. cum triboMS (rietîsactum
oublier, et son ooUègae Fulviug ^ qu'il lâissuità Rome comme le second chef de son parti, allait, par sa violence et ses mœurs décriées, le compromettre à son insu, de la manière la pins ftchease'.
Après avoir accompli rapidement les premiers actes, essentiellement religieux , usités lors de Tinstallation d'une colonie, C. Gracchus se hâta de revenir à Rome', pour demander un troisième tribunat.
D'après le texte même de la loi qu'il avait dictée à Papirîus Carbon, sa poursuite était indue; car, depuis le rejet de l'émancipation italienne, il n'y avait aucune mesure importante dont il eût à solliciter l'aecomplissement, et le seul prétexte qu'il pût alléguer, c'était l'organisation de h colonie Junonia'; tel était
(c est, ut compararent inier se, aut sqirt^ legerent, qui duo a cum prœtore et Isatis ireot. d
* Je suis ici rautorité de Plutarque, C, Gracchus^ 10. Appien rapporte que Fulviu^ aocompagDà Gracchus dans son voyage. Mai» le fait me parait peu probable ; du moins c'eût été de Ime part une faute tiop grosaîèrd de laisser à Rome kar parti sans on chef pour le diriger*
^ Son voyage ne dura que 70 jours. Plut C. Grmdwny 11.
^ Il ne peut être quesliott de son projet sur la rèotganisa^ lion du sénatt car ses adversaires ne le combattirent qu'au sujet de la colonie nouvelle. App. Civ. I, ^, — Junon, ou la Bea cœkiHêf était la divinité tutttaiie de Tateienne CÉJrthage.
le nom donné par lui à la colonie qui devait s'élever sur les ruines de Cartbage.
À peine de retour à Rome , il se hâta de quitter sa maison du mont Palatin , pour en prendre une autre dans un quartier habité par le bas peuple. C'était une flatterie dont il espérait que les plébéiens lui sauraieni gré , et en même temps une mesure de précaution, utile dans un temps de troubles. Pour ressaisir son ascendant sur la multitude, il n'est pas de petit moyen qui lui parût à dédaigner et dont il ne fit usage. On connaît le goût effréné des Romains pour les combats de gladiateurs. Un des derniers actes de sa charge fut de faire abattre les échafauds que les riches avaient fieit élever pour voir à leur aise un de ces spectacles^ car alors il n'y avait pas de cirque permanent à Rome. Une place publique servait à ces fêtes sanglantes, et les spectateurs y assistaient sans distinction de rang ^ A la
* Plut. C. Graechui, 12. Ce ne fut que longtemps après, que des places distinctes furent assignées aux différentes classes du peuple. Vers l'an 675, les rangs et les sexes étaient encore confondus, comme le prouve la curieuse anecdote d'une dame romaine faisant à Sylla une déclaration d'amour pendant un combat de gladiateurs. Plut. Sul. 35. Cependant, en 560, une tentative avait été faite par les censeurs pour donner aux sénateurs des places séparées. Liv. XXXIY, hk. Il semble que cette innovation n'eut point de suite.
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vérité, rien ne pouvait être plus agréable au peuple que de voir un tribun s'occuper ainsi de ses plaisirs ; mais, en revanche, les collègues deGracchus, les gens riches, et même tous ceux qui étaient en état de payer une place commode, en conçur^it un vif ressentiment, et ce frivole motif lui fit perdre plus d'un ami. On attribue même à cette seule imprudence Féchec qu'il éprouva peu après dans les comices , où il ne put parvenir à se faire élire cette fois ^ . Furieux, Gracchus quitta le Forum, en disant aux jeunes patriciens qui le raillaient de sa défaite, « Que bientôt il les ferait rire à la façon de Sardaigne'. » Aux comices consulaires suivants, le premier consul nommé fut L. Opimius, son adversaire déclaré^, qui annonçait ouvertement le projet de faire casser les lois semproniennes, et particulièrement celle qui instituait la colonie Junonia. Réduits à la condition d'hommes privés, Gracchus et Fulvius
' On accQse les eollègaes de Gracchus, qui présidaient au dépouillement du scrutin, de Tavoir falsifié. Depuis la loi Gabinia, rendue en 615, les suffrages ne se donnaient plus à haute voix, mais s'inscrivaient sur des tablettes.
* Allusion à l'effet produit par une herbe vénéneuse de la Sardaigne, qui donnait, dit-on, la mort en causant la convulsion du rire. Sali. Fra^f. UI, 1S5. Solin. lY, k.
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voyaient leurs enuetnis s'affermir au pouvoir, et déjà ils n'avaient plus que la ressource d'une émeute. Fulvius depuis longtemps s'y préparait sans scrupule, et s'efforçait d'y entraîner son ancieci collègue» excité d'ailleurs dans le même sens par ses amis et une partie de sa famille. Déjà quantité dltaliotes, soldats déguisés en ouvriers, arrivaient à Rome, embauchés, dit^cm, par la fameuse Cornélie, mère des Gracques \ Fulvius ne doutait pas que le. peuple ne prît parti aussitôt qu'il verrait ses anciens tribuns k la tête d'une troupe déterminée.
D'abord, de part et d'autre » on se rendit au Forum, pour se compter, et se préparer à une lutte qui paraissait inévitable. Fresque tous les citoyens y venaient armés de poignards, ou de styles à écrire, assez longs et assez solides pour devenir des instruments de mort au besoin ^; les querelles fréqtientes et meurtrières de la place publique avaient fait inventer cette arme à l'usage spécial des comices,
Opimius demandait la suppression de la colonie Junonia, au nom de la politique et de la religion. (( Les ruines de Carthage, ses campagnes désertes ,
* Plut, a Gracchmif 18.
'^ Plat. ibid.
u devaient 9 disaît^il , rappeler è jama» aux nations « étrangères le sort réservé aux ennemis de la répu- (( bliqne» Scipion avait voné cette rivale de Rome cf anx dieux Mânes rt à la Terre, et c'était nn sacri- « lége de ranimer ce cadavre. » Puis il cherchait à effîrayer les esprits superstitieux par le récit de prodiges récents qui marquaient le courroux céleste. Entre autres, il lisait sérieusement des lettres d'Afrique annonçant que des loups avaient emporté les jalons de la colonie. A ces déclamations, Fulvius en opposait d'autres. Pour une satisfaction de vanité, le sénat priverait->il six mille alliés fidèles d'un territoire fertile qu'ils avaient arrosé de leur sang? Ces lettres d'Afrique n'étaient que de grossières impostures, et les véritables loups qui emportaient les jalons y c'étaient les sénateurs qui voulaient faire mourir de faim leurs compatriotes. Pendant que Fulvius haranguait la multitude, Graechus^ flottant - entre cent résolutions contraires, s'était retiré sous un portique voisin du Forum, d'où il observait les mouvements de l'assemblée, entouré d'un groupe de di^its. Près de lui vint à passer un licteur d'Opimius, portant les entrailles d'une victime sacrifiée par le consul ; c'était peutr^tre un des menus profits de son emploi. Cet homme s'avançait en criant ; M Place, mauvais citoyens ! » En apercevant Orac-
chus, il étendit vers lui la main avec un geste de brQivade, encore usité en Italie, et auquel les gens de la campagne de Rome répondent aujourd'hui par un coup de couteau. Il tomba aussitôt percé de vingt coups de stylet, malgré les efforts de Gracchus pour le sauver. A l'instant la foule s'émeut ; la plupart, croyant que le combat va s'engager immédiatement, prennent la fuite; on se pousse, on crie, on se menace. Gracchus s'épuise en vains efforts pour se faire entendre ; mille clameurs confuses couvrent sa voix. Enfin Fulvius Tentraine, abandonnant le Forum à Opimius, qui Mt placer le cadavre de son licteur sur un brancard magnifiquement orné. Un cortège de sénateurs l'accompagne, et cette pompe funèbre passant dans les principales rues de Rome, semble appeler sur Gracchus la vengeance de tous les bons citoyens*
De part et d'autre la nuit se passa en préparatife. D'un côté, Fulvius, voyant la guerre déclarée, enivrait son monde, et lui distribuait des armes enlevées aux Gaulois, suspendues dans sa maison, comme un témoignage de son triomphe. Sa troupe se composait de ces Italiotes enrôlés par Cornélie, de ses clients et de ses esclaves. Gracchus, toujours irrésolu, ne donnait aucun ordre, et loin d'animer ses partisans, se renfermait seul dans sa maison, en
proie à un morne abattement. Dans l'autre camp, Opimius n'était point oisif. Il rassemblait des soldats, établissait des corps de garde, s'assurait des principaux quartiers, et convoquait le sénat dans le temple de Castor, au centre de la ville. Là, il avait établi son quartier général sous la protection d'un corps d'archers crétois, troupe étrangère, qui se rendait probablement à l'une des armées romaines, et qu'il avait arrêtée dans sa marche, prévoyant bien une lutte inévitable.
Au lever du soleil, Fulvius, traînant à sa suite Gracchus consterné de son audace et sans énergie pour la seconder ou pour la retenir, se saisit du mont Âventin, cette forteresse naturelle de la libwté plébéi^me. Là, il commença à se retrancher dans un temple de Diane, appelant le peuple aux armes, promettant même la liberté aux esclaves qui viendraient le joindre. Déjà sa troupe s'élevait à qaeAques milliers d'hommes; mais la plupart étaient sans armes. Les boucliers et les sabres gaulois d'une partie de ses adhérents, les cris de guerre que poussaient ses mercenaires italiens, loin de lui rallier la populace de Rome, inspiraient une sorte d'horreur, car le peuple voit toujours avec un sentiment de haine une troupe étrangère intervenir dans ses querelles intestines.
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Four coogQrver jusqu'au bout las apparences do la légalité, le sénat somma Gracôhus et Fulvius de venir rendre oompte de leur conduite dans le temple de Castor. Tandis que fulvius veut oommencer le combat, que Gracchoâ s'effot^ce d'entrer en aocom** modement, les soldats d'Opimius s'assurent des principaux débouchés, contiennent les esclaves et resserrent l'insurrection sur le mont Aventin. Une émeute qui se défend est déjà vaincue. Après quel^ ques heures passées eu pourparlers inutiles, Opimius donna le signal de l'attaque. Il suffit de quelques décharges de pes archers poui^ disperser cette nmU titude sanp ordre» Ce ne fut point un ocNoibat, mais une boucherie. Led soldats du consul s'attachaient surtout à la poursuite dés deux tribuns^ Car il avait prcnnis de payer leurs têtes au poids de Tor. C. Grac*chuS) réfugié dans un bois sacré, sur llle du Tibre, se fit tuer par un esqlave qui seul ne l'avait pas aban* donné. Pour Fulvius, il se cacha quelques moments dans la maison d'un plébéien son client. Mais le quartier était cerné ; Opimius menaçait d'y mettre le feu si Ion ne lui livrait le proscrit. Alors l'hôte de Fulvius ) effrayé, mais n'osant violer ouvertement les droits de l'hospitalité et du patronage, fit dénon* car par un tiers la retraite du malheureux tribun , qui fut massacré sur-le-champ. On pilla sa maison
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et celle de C» Gracohua, et les soldats étrangera firent main basse sur tous leurs adbértnta. LonK qu'ils furent las de tuer, les bourreauii leur auocéi* dèrent. Quelques malheureux, convaincui d'être lea amis ou les clients de Gracohus, furen) jugea flom«< mairement et aussitôt étranglés* On n'épargna pas même un fils de Fulvius, en&nt de quinxe ana» arrêté avant le combat, au moment où^ le caducée à la main, il s'avançait en parlementaire ^ Trois mille cadavres qui jonchaient les rues de Roma furent jetés dans le Tibre, et défense fut faite aux veuves des morts de porter leur deuil ^. Enfin, rassasié de vengeance, le sénat fit purifier la ville, et en mémoire de cette horrible tragédie, un temple, dédié à la Concorde, s'éleva dans le Fèrum arrosé de tant de sang. Par cette anvèraidérision, le sénat rappe^ lait aux plébéiens etleur impuissance elle châtiment qui attendait leurs teutatives pour secouer le joug.
On ne peut voir sans étonnemeiit ces alternatives étranges dau(&ce et de faiblesse, qui tour k tour
* £n considération de son âge, la clémence romaine lui accorda de choisir un genre de mort. Plut. C. GraechuSj 17.
• Licinia, veuve de Gracchus, fut privée de son douaire. Cet acte de basse vengeance est d'autant plus à remarquer, que, dans les mœurs romaines, les femmes étaient toujours épargnées au milieu des réactions politiques*
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élèvent ou abaissait les deux bctions ennraiies. Tantôt le srâat accepte les lois les plos dures des tribnns, qui semblent les mdtres absolus de k république; tantôt, dqiloyant une vigueur soudaine, il les écrase comme les plus vils adversaires. A celle époque , le s«at ne formait plus une caste séparée du peuple; c'était une réunion de fonctionnaires incessamment renouvelée par l'adjonction desbommes que la &veur populaire élevait aux bonneurs. Mais celle assemblée possédait d'immenses ricbesses et renfermait dans son sein presque tous les bommes capables et expérimentés. L'esprit de corps et des intérêts communs les unissai^it dans toutes les circonstances où leur autorité était compromise. Toutefois, le peuple exerçait une influence souveraine dans les élections et la rédaction des lois. Armés d'un pouvoir immense, ses tribuns, d'un seul mot, annulaioit toutfê les décisions du sénat. Mais, aussi, le sénat avait toujours^ une place réservée aux ambitieux ; il pouvait les dàacber de la cause populaire »i se les incorporant ; aristocratie d'autant plus puissante qu'elle se recrutait sans cesse dans les rangs mêmes de ses ennemis. Toujours une partie des tribuns était à sa disposition, i
et 1 art de séduire ses adv^»ires était un de ses | principaux moy^is de succès. |
D'un autre côté, cette masse colossale qu'on appelait la plèbe romaine se composait de deux éléments distincts dont la division détruisait toute la force. Dans Fun se trouvaient les citoyens possédant quelque patrimoine, et à ce titre soumis au recrutement; la plupart laboureurs et soldats, endurcis aux travaux deschamps, habituésaux armes et aux dangers. Dans l'autre , on ne voyait que des prolétaires subsistant d'une chétive industrie ou des libéralités de leurs patrons. Les premiers, campagnards, accoutumés à Tobéissance des camps, voyaient toujours sous la toge des sénateurs la pourpre de leurs généraux. Les autres, vivant à Rome presque en mendiants , témoins assidus des querelles politiques, jMissant leur vie au Forum, ne respectaient aucun rang, et ne connaissaient d^autre autorité que celle des orateurs qui leur promettaient des terres ou des distributions de blé. Unies, ces deux portions du peuple romain étaient invincibles. L'babileté du sénat consistait h les diviser. Pour y parvenir, il suffisait de gagner les campagnards ou seulement de les écarter. Une guerre, un riche butin à partager, les travaux de l'agriculture, changeaient les dispositions ou la nature même d'une assemblée populaire.
Tibérius avait les intentions les plus pures : il aimait sincèrement sa patrie. Il avait sondé la plaie
qui lui rongeait le cœur, et peu^étre avait-il trouvé pour la guérir un remède efficace dans le rétablisëement des lois liciniennes. Malheureusement, entraîné par la fougue de la jeunesse, sans avoir mesuré ses forces, il voulut déraciner tout d'un coup des abus qu'il aurait dû miner lentement. Ses mesures d'exécution ) empreintes d'une rigueur exagérée, devinrent impraticables. Puis, la résistance de ses adversaires layant conduit à des actes de violence, lui enleva l'appui de tous les gens de bien et le jeta dans les bras des hommes les plus dangereux et les plus criminels. Depuis la déposition d'Octavius, ses ennemis purent , avec un semblant de raison , le dénoncer comme, un tyran qui ne cherchait qu'à satisfaire son ambition personnelle.
Son frère commença sa carrière, «nù par un sentiment aveugle de vengeance et de haine. Il n'eut qu'un but^ celui d'abaisser le çénat. Moins désintéressé que Tibérîus, il ne montra ni sa douceur ni sa modération^ et cependant il ne sut pas plus que lui trouver de Ténergie lorsqu'il fellut en venir à une lutte décisive. Les deux frères eurent une même fin parée que leurs fautes furent les mêmes. Ils ne s'appuyèrent que ftttr la populace urbaine. Hommes de tfibttûe, ila ne pouvaient, il est vrai, commander qu'aux habitués du Forum. Hommes de guerre, ik
8d MMient Attaché les soldats, les campagnards, et pwt-étve easacoit-ils pu arec leur épée réformer la république. II n'y a qu'un général qui puisse accomplir une révolution.