‹ Études sur l'humanisme français:Chapitre 28 sur 113 · En juillet i · texte numérisé non relu

En juillet i

3. C'est II- début de la célèbre lettre qui se trouve en tête <\r VOrthographia. Connue d'abord uniquemenl par l'exemplaire de h bibliothèque de Bàle, elle ,i çté réimprimée plusieurs luis en ces dernières années, <-i notamment dans le

comme un fait accompli cette renaissance < 1 1 1 ' i 1 avait voulu provoquer. Il ne se doutait pas, quand il écrivait ces lignes, que lui-même allait manquer à l'œuvre dont il était le principal artisan. Il professait une admiration respectueuse pour le cardinal Bessariorï, qui lui avait, disait-il. révélé le platonisme1. Il entretenait même avec lui une correspondance régulière et s'était fait à l'Université son apologiste fervent2. En 1 47^ » Bessarion vint en ambassade auprès de Louis XI. Quand il repartit en Italie, Fichet l'accompagna <M quitta la France pour toujours. A lui seul, l'ascendant de Bessarion eût-il été capable de le décider à quitter du même coup ses élèves, ses amis, sa patrie'? Il est certain qu'il avait des ennemis parmi ses propres collègues. Sont-ce leurs tracasseries qui le décidèrent à partir et à se fixer en Italie? Nous ne savons; mais son départ laissa le champ libre à ses adversaires; de loin, ils essayèrent encore de nuire à l'homme dont ils redoutaient l'influence4. Beaucoup de maîtres

Bulletin de lu Société <lt l'histoire île Paris (1887), p. 106 sqq. Le passage (]ui est cité ici L'avait été déjà par M. Petit-Dutaillis (Hist. île France de Lavisse, 1. IV, 2« partie, p. 443), dont j'ai modifié quelque peu la traduction. Je lui emprunte également (ibid.) les vers de Gaguin à Fichel (insérés à la suite de Y Orthographia) : » La parole de Cicéron, le père de l'éloquence, retentit véhémente dans les chaires des professeurs, où on lit mille ouvrages des anciens. »

1. La très curieuse correspondance de Fichet el de Bessarion se trouve dans Ir volume d'Em. Legrand, Cent dix lettres grecques île Fr. Fil., auquel nous avons déjà renvoyé. Voir en particulier, à la p. y/)8, la lettre écrite pour remercier Bessarion de l'envoi de son livre Aduersus calumniatorem Platonis : « 1 1 le [le livre de Bessarion] me rerum uetustissimarum admiratione (quas nunquam legissem) tenuil inprimis attentum. Flumen sane immensum philosophiae miror Latinos ad hoc tempus latuisse. 0 Cf. encore le passage de la p. a 4 T> , où Fichel s'humilie, lui » pauvre Savoyard rustaud », devant le patriarche de Nicée.

■2. Le •< détracteur de Platon », contre qui Bessarion venait d'écrire toul un traité, était le tirer Georges de Trébizonde. Une fois le livre imprimé (à Rome,

el sans doute en 1469, d'après M. IVlleehel, C.utiil . îles Inellii,, p. 546), BeSSa-

rion manifesta à Fichet son désir de le répandre dans l'I Diversité parisienne et de l'y faire approuver officiellement (lettre du i3 décembre i'i7". chez Km. Legrand, op. cit., p. 225). Les lettres de Fichet montrent bien l'ardeur qu'il dut apporter à défendre la cause de son savant ami (voir, dans Em. Legrand,

la lettre de la p. 229 et celle, déjà citée, de la p. 248).

'.'>. A vrai dire, nous savons que Fichel ne rentra jamais en France, mais nous ne pouvons affirmer qu'il lot parti sans esprit de retour. l\. Voir, dans L. Tbuasne, /<■ a. Epist., t. I, p. 220, toute la lettre à Fichet

l4 GUILLAUME BUDÉ.

répondant reslaienl fidèles à ses directions. « Les Parisiens, lui écrivait Gandin, t'ont voué un véritable culte ; à toi, <pii le premier en Gaule as fait briller le flambeau de l'éloquence parmi les ténèbres <ln discours1. » Lui-même, il se déclarait « fichetisie »J. Fiehet disparu, c'est lui qui représente le mieux dans le inonde de L'Université parisienne les tendances encore incertaines de l'humanisme naissant.

Avant d'être son ami, il avait été l'élève de Fiehet, qui put lui communiquer son propre goût pour les lettres anciennes3. Lorsque l'atelier de la Sorbonne commença de fonctionner, il applaudit à l'initiative de son maître et l'encouragea dans son entreprise; on trouve de ses vers sur plusieurs des volumes qui parurent alors4. Comme Fiehet, il enseigna la rhétorique et plus tard Reuchlin rappelait qu'il avait jadis ('conté ses leçons. Vers le même temps, en \t\~j.\, Gaguin publiait un Arsversi/icatoria, dont nous reparlerons. Mais il n'était pas destiné à fournir la

du 3o septembre 1472, et surtout la conclusion : « siuc in celum ibis, meritis ci laude ut <li<>-nus es sublimatus, siue te exsibilatores et inuidi inde deieeerint, philosophos se et diserios ementiti, te diligam, amabo, sequar... » Le i3 octobre 1 /J 74- répondante une lettre de Fiehet qu'il avait aussitôt communiquée à leurs amis communs, Gaguin écrit : « Letati admodum sumus felïcibus Uns successibus, non tain prof'ecto propter euictas aduersariorum lites, quani propter nomen quod apud pontificem el sacri Collegii patres obtines gloriosum » (L. Thuasne, ibid., p. 237). Ainsi, les ennemis de Fiehet avaient essayé <le lui nuire en cour de Home et avaient sans doute rabaissé ses mérites littéraires. Il avait triomphé «le leurs attaques, et, dans le Sacre-Collège, l'on semble avoir rendu justice à ses talents d'oralrur. Un peu plus tard, lui écrivant pour demander l'envoi de quelques livres, Gaguin ajoutait : « llis [libris] si adiunetas quas in contionc patrum orationes hahuisti transmutes..., suggères memorie nominis lui honorem sempiternum » (L. Thuasne, ibid., p. 2^8). Évidemment, la Bibliothèque el les Archives Vaticanes réservenl encore aux travailleurs îles découvertes sur Fiehet.

1. A la suite du dérider passage cité dans la noie précédente.

■-. L. Thuasne, ibid., p. 222.

3. Dans le passage qui vienl d'être cité, Gaguin dit expressément : << namque te preceptorem appello et sequor ». .M. L. Thuasne remarque à ce propos que, dans l;i pièce de vers dédiée par Gaguin à Fiehet, à la suite de la Rhétorique de ce dernier, l'adre-.sr est ainsi libellée : ci Patri el preceptori buo, etc. » On

sail que Robert Gaguin étail exactement du même âge que Fichel (né <•< !

lui en i433). Pour le qualifier de 0 père >• il fallait qu'il lui eûl effectivement de grandes obligations.

'i. Pour les faits qui sont ici rappelés, voir, au mot Gaguin, l'index de L. Thuasne qui renvoie aux passages correspondants de la notice biographique.

carrière paisible d'un professeur ou d'un homme de lettres. Tout jeune, il ('Mail entré dans l'ordre des Trinitaires ' . <m n'y tarda pas à lui reconnaître des qualités d'homme d'action qui L'amenèrent peu à peu aux plus hautes dignités de son ordre. Il en est élu général en celle même année 1 47^- Dès lors, il est un personnage. Il prend pari à des ambassades cl l'ail ainsi plusieurs voyages à Home, en Allemagne cl en Angleterre. Entre temps, il revient à ses éludes de droit et prend imis ses grades. Par la suite, il exerce à deux reprises les fonctions de doyen de la Faculté de Décret. Au milieu d'une vie si occupée, il trouve encore le temps d'écrire des poésies latines, de traduire quelques ouvrages latins, de composer un Compendium d'histoire de France qui, pendant. tout le seizième siècle, lui réimprimé très souvent ~.

Le recueil de ses lettres est aujourd'hui de toutes ses œuvres celle qui a pour nous le plus d'intérêt. Il mais l'ail parfaitement connaître la vie intellectuelle de l'époque, au moins dans le monde « latin » qui alors est le monde de l'Eglise. <)n trouve même quelques laïcs parmi les amis de Gaguin ; ce sont surtout des gens de roba qui, par leurs fonctions, louchent de près au monde latin3. Pierre de Court liardv est premier président au Parlement de Paris4. Les deux frères de Rocheforl occuperont

i. L/Ordre des Trinitaires ou Mathurins était institué pour le rachat des captifs. On pourra voir, dans la aolice biographique île L. Thuasne, l'activité qu'a déployée Gaguin pour les intérêts de son Ordre.

2. La plupart de ces ouvrages seront mentionnés plus loin. Le Compendium ilf Francorum origine et gestis parut en i4o5 (L. Thuasne, t. I, p. 117). Gaguin devait mourir en t5oi, à l'âge de soixante-huit ans.

3. Les magistrats du Parlement avaient sans cesse l'occasion de prononcer en latin de vraies harangues. L'habitude qu'ils avaient de parler latin à leurs séances taisait d'eux des hommes précieux pour 1rs relations internationales. (Voir Mémoires de Commynes, VIII, 16, p. 642 de l'édit. de Chantelauze, sur le président de Ganay.) Ils ne pouvaient manquer de s'intéresser aux efforts que l'on taisait pour propager en France l'étude de l'éloquence.

4. Gomme L. Thuasne l'a montré (t. I. p. i56), Courlhardy esl bien le vrai nom de ce personnage que, dans les textes latins de l'époque, on trouve appelé' Coardus ou encore Gothardus. Il n'est nulle par) mentionné dans 1rs lettres de Gaguin, mais nous le trouvons en relations avec plusieurs amis du Trinitairc. Nous verrons Charles Fernand lui dédier une de Bes publications. Fausto Andrelini lui Fait, dans ses oeuvres, une place importante (voir l'index de <i. Kno I, Ans der Bibliotek des Beat us Rhenanus, 1889). Il lui dédie sis Bucoliea et le De moral i bus et ftitellectualibus airtutibus (M. Pellechet,

l6 GUILLAUME BUDÉ.

l'un et l'autre, à quelques années d'intervalle, le poste de chancelier1, (îuv, le plus jeune2, el Courthardy tiennent à honneur d'encourager le culte des lettres. Leur nom revient sans cesse dans les vers latins de l'époque, en tête des lettres de dédicace; ils sont les patrons reconnus des gens de lettres, et cela en un temps où les Mécènes sont encore rares.

Le haut clergé demeure encore indifférenl au progrès des bonnes lettres. Nous ne voyons qu'un seul prélat à qui Gaguin ail été lié d'une solide amitié; c'est l'évêque de Saintes, Louis de Rochechouart3. Il nous apparaît comme un homme d'un esprit ouvert, de plus de curiosité que d'instruction4. Il est en relations

( 'lu lui. des fncan., nl,s 7 m et 7 ."> 5 ) . Dans son opuscule De obitu Caroli octaui deploratio, il insère (fu b iij vo) une pièce intitulée : carmen in quo exaltât urbs parrhisia quod Petrux Coardùs "A singulares fins uirtutes primus franciàe praeses sit effectus. Plus tard il composera une Deploratio de morte Pétri Coardi (G. Knod, op. cit., p. [03, n. 3). Le témoignage intéressé de l'Andrelini ne suffirait pas à attester le mérite de P. de Courthardy, mais Budé devait lui dédier une de ses traductions de Plutarque. Nommé Premier Président en r497, '' muuI'ut en '5o5. (Voir la notice de dom Liron, dans les Singularités /lis/. i't litt., t. 1, pp. 275-283.)

1. Sur Guillaume de Kochefort, chancelier à partir de l'année i/jN3 jusqu'à sa mort, arrivée en if\\y>.. voir la initiée de L. Thuasne, t. I, p. 292. Dans le recueil de Gaguin, les lettres 34, 35, /jo, 45, 60, 03 lui sont adressées; elles ne prouvent rien pour les goûts littéraires de leur destinataire. Andrelini lui dédie le premier livre de ses Elegiae (M. Pellechet, Catal. des Incun., 11° 727). Au début du quatrième livre de la Liuia (Liuia fausti, (i. Marchant, 1 490, fo h il v»), il l'ait même allusion à un présent en argent que lui avait l'ait le chancelier.

2. (iuv de Rochefort, chancelier de France en 1/107. mourut en 1507; Gaguin lui adresse les dos 86 et S7 des Epistole. Nous reparlerons de lui à propos de ses rapports avec Budé. Jean Fernand célèbre ses mérites (cf. infra,

p. 18, n. /)). Balbi lui dédie son dialogue de Glorioso rhetore; Andrelini lui adresse souvenl de ses vers (M. Pellechet, Catal. des Incun., n°s 1691, 7.V1 et le 746). H remercie le chancelier et d'autres conseillers du Parlement 0 quod nihil ex litteris oaturalitatis persolueril ». (G. Knod, np. cit., p. 107). Le n" -j'.'û) de Pellechet contient des vers in obitum Guidonis Rupejortis Franciàe Cancellarij nunquam salis laudati.

3. Voir dans L. Tlmasne les lettres i3, l4i '•"'• 28, et p. :>:<S du t. I, la notice

qui accompagne la première. I>u même âge que Gaguin, il se pourrait qu'il eût été son condisciple : c'est ainsi que s'expliquerait leur intimité.

4. Gaguin ('crivait à Louis de Rochechouart (L. Thuasne, t. I, p. 229) : a raro conuiuium agitas cui non assit de philosophia et litteris grauis aliqua

questio (sic enim totum I linem pascis...). » L'évêque de Saintes se plaisait

donc à réunir chez lui de doctes personnages. Nous avons conservé son Journal de voyage à Jérusalem, récemment édité par M. Couderc. Il s'y montre

avec les savants de sou temps, il s'intéresse à leurs travaux '. Dans le monde des écoles, Gaguin recherche surtoul les maîtres qui partaient ses tendances et cultivent, connue lui, les « études d'humanité ». A côté «les purs théologiens, ils sonl plusieurs qui s'essaient à pratiquer l'éloquence OU qui s'adonnent tout entiers à la poésie. Martin de Delt't, après Fichet, compose une rhétorique2. Gaguin en a la primeur, et il félicite surtout son ami de pousser les théologiens à l'étude de l'art oratoire 3. Pierre Burry est un simple chanoine d'Amiens4; ses vers lui font un nom dans le monde littéraire parisien. Ou recherche avec avidité ses poésies morales, ses hymnes, ses péans en l'honneur de la Vierge; dans l'édition de Josse Bade, ils ont l'honneur d'un commentaire sui\ i, et ils sont, sans nul doute, expliqués dans les écoles5. Ses amis le proclament l'Horace de la France". Ce sont les mêmes qui,

suffisamment renseigné sur les principaux personnages de la mythologie classique. Il connaît Virgile, mais il ne le cite que deux fois, et il semble |>lus familier avec les auteurs du moyen âge. « Tout montre, comme le dil M. Couderc (p. 3), que ses études avaient été plutôt dirigées vers les sciences ecclésiastiques que vers les sciences profanes.

i. L. Thuasne, dans la notice déjà citée, a rassemblé les preuves que nous avons de cet intérêt. Gaguin envoie son de Arle metrijicandi à Louis de Rochechouart, qui l'en remercie par une pièce de six distiques. Deux autres distiques de lui figurent dans une édition de Solin et célèbrent les mérites «le Guillaume Tardif, qui en était l'éditeur. Nous connaissons deux ouvrages qui lui ont été dédiés : l'un est VQratio de laudibas Gymnasii Parrhisiensis de Philippe Béroalde (cf. infra, p. 21 n. 2); l'autre, contraste instructif, est le Flagellum mallejiciorum, [ictit traité contre les sorciers «pie l'auteur Pierre Mamoris composa sur sa demande expresse.

2. L'œuvre de Martin de Delft nous esl connue seulement par la mention qu'en fait Robert Gaguin dans deux lettres adressées à l'auteur. (Voir L. Thuasne, t. I, p. 37g sqq. et, au même endroit, la notice). Martin de Delft, que Wimpheling range, avec Fichet, parmi les théologiens séculiers illustres, ne doit pas être confondu avec (iilles de Delft (Aegidius Delphus), autre théologien dont le nom se reneonlre souvent dans les imprimés de l'époque.

.'). « I Ji iid anle oiiinia me olileelauil quod theologOS magnopere adm !S

felicissime artis, quasine oichil concionari uel grauiter uel splendide pi issu ni. » (Cf. la première des lettres citées à la noie précédente.)

\. Voir, dans L. Thuasne, les lettres 25, 20, 49» 79> rl ';l notice jointe à la première de ces lettres (t. 1. p. ■.•~>X). Né à Bruges en i43o, Pierre Burrj il*. Burrus) avait séjourné en Italie; la plus grande partie de s-i vie lui consacrée au métier de précepteur ou de pédagogue. H mourut .-n [5o4-

5. Josse Bade lit paraître en i5o3 lis Moralia Carmina, et en i5o8 le recueil des Paeanes quinque festoram Diue V. Mariae : voir à la Bibliographie.

(i. Voir, en tète des Moralia ( '.urin, nui , Imite la lettre-préface de Josse Bade

l8 GUILLAUME BUDE.

dans Charles Fernand '. voient un nouveau Cicéron2. Tout jeune encore, Fernand enseigne les humanités à L'Université parisienne; on vanlo son « éloquence admirable » el celte rare érudition « |>1 us suave que le miel » dont ses auditeurs étaient enchantés. Sou frère Jean n'a guère moins de succès comme professeur'. Les étudiants se pressent à son cours sur Térence; avec eux des personnages de marque viennent (''conter l'orateur en vogue4.

et notamment le passage suivant (au v° du feuillet de titre) : « Ideoque deiniratus suiu quod posl tôt annorum curricula hic [Burrus] primus prodierit Horatio aut par aut e proximo aemulus. »

i. Sur Charles Fernand, voir l'index de L. Thuasne et surtout la notice du t. I, p. 327 ; la lettre 07 lui est adressée. Né à Bruges vers 1460, il fut attache comme musicien à la chapelle de Charles VIII. En i485, il est nommé recteur de l'Université de Paris. 11 a rédigé un commentaire au poème de Gaguin sur l'Immaculée-Conception (De mundîssimo uirginis Marie conceptu cum commente Caroli Fernand i ; Paris, 1489), et c'est à Gaguin qu'il a dédié ses Epistole familiares (i49° ou I491 *')• I' mourut seulement en iôi-.

2. Voir dans l'édition des Epistolae Caroli Phernandi, parue chez Josse Bade en i5oÔ, l'épigramme qui figure à la suite du titre. L'édition de Josse Bade est la troisième qui ait paru de ce recueil épistolaire : cela semble bien en attester le succès.

3. Sur Jean Fernand, frère puîné de Charles, et comme lui musicien de la chapelle royale, voir la notice de L. Thuasne, t. I, p. 387. Le seul ouvrage qu'il semble avoir publié est intitulé Hore diue crucis per lohannem Fernandnm, masicum regium édile (s. d.). M. L. Thuasne affirme que Jean Fernand « fit profession au monastère bénédictin de Saint-Sulpice de Bourges, dans le courant de l'année i494 »> EQ tout cas, il semble bien avoir pris part à l'expédition de Charles VIII en Italie. On ne s'expliquerait pas autrement que Lanciuus Curtius lui ait consacré deux de ses épigrammes, intitulées chacune : /Je Ioanne gallico caeco. Jean Fernand était, en elfet, aveugle et c'est ainsi qu'il est souvent désigné dans les actes de l'époque. On ignore la date de sa mort.

4- Epistolae Caroli Phernandi, f° G iiij r<>, lettre de Jean (à propos d'un discours préliminaire à une explication publique de Térence) : « Tu cum orationem perleges, hanc me scias tum scholasticorum [vo] tum etiam praestantissimorum uirorum fréquent! coetu more meo balbutientem habuisse. .Viciant inter ceteros qui nostras honestarent ineptias ccleherrimi uiri très, quibus ubi garriendi finem fecimus singulis epigrammatibus diximus : uale. Aderal iu primis dominus Guido de Rupe forti..., quem cum litteiis quam plurimis sit eruditus, tum utriusque inris peritissimum esse constat, Cuius si laudes praeclarissimas nratione prosequi liceret, ante uns profecto

ilies quam sermo deficeret. Alter eral dominus Robertus Gaguinus, quem probe nusti... Ilis quoque cornes t'oit dominus Angélus Cato Viennensis archiepiscopus philosophorum amplissimus. Denique coetum omnem epigramniate ualereiussimus... 0 La plus grande partie de ce passage a déjà été reproduite par M. L. Thuasne, t. I, p. 88, n. 1. Mais, faute d'en avoir transcrit le début et la tin, il n'a pas \u qu'il s'agissait là d'une prœleclto récitée publi-

LES PRECURSEURS. Il)

Pour achever d'asseoir sa renommée, Charles Fernand publie Lui-même an recueil de ses lettres familières1, suivant une pratique, nouvelle en France, des humanistes italiens. Il est jeune encore, tous les espoirs lui sont permis; des chagrins de famille jettent les deux frères au cloître où leur vie s'achèvera.

Des relations s'établissent bien vite entre ce petit monde el les lettrés des pays voisins. Les nôtres sont souvent d'origine flamande, el cela les rapproche du lover de culture que sont encore les Pays-Bas bourguignons 2. Puis, à cette époque, les écrivains de langue latine sont toujours des clercs et souvent des moines; d'un pays à l'autre, le lien que l'Église établit entre eux les prépare à s'entendre et à s'apprécier. Lorsque notre Gaguin se rend en Allemagne, il est, à Heidelberg, accueilli par des vers louangeurs où on le remercie d'avoir amené « Apollon parmi les Germains3 »; il compte Jean Trithème, le célèbre abbé de Spanheim4, parmi ses correspondants5. Un homme semble

quemcnt : il a cru que Fernand faisait allusion à une séance littéraire tenue dans l'intimité. Les premières lignes de ma citation ne laissent aucun doute à cet égard.

i. Cf. supra, p. 17, n. 5; p. 18, n. 2.

2. On est frappé, en lisant les lettres de Gaguin, d'y voir figurer tant de personnages originaires des Pays-Bas ou plus spécialement de la Flandre. Gaguin lui-même est né à Calonne, sur la Lys, c'est-à-dire à la limite de l'Artois et de la Flandre (L. Thuasne, t. I, p. 4). Sur l'intérêt que ces lettres présentent de ce point de vue particulier, on peul voir le compte rendu qui a paru du livre de L. Thuasne dans les Annales du Nord et de l'Est, t. I,

3. L. Thuasne, t. I, pp. ioo-ioi ; le tait se rapporte à la mission donl Gaguin s'acquitta en 1492 auprès de l'Electeur palatin du Rhin.

\. \ oir les lettres 56 et 70 de Gaguin et la notice 'le I,. Thuasne annexée à la première, t. 1, p. 35 1. Jean Trithème (i462-i5i6), qui fut longtemps abbé de Spanheim, reste une des figures les plus curieuses de son temps. Apôtre infatigable de la réforme monastique, historien, qui ne recule pas devant les Falsifications historiques, auteur de nombreux écrits spirituels, d'une correspondance qui atteste sa célébrité universelle el son influence, il s'occupe par surcroît de <■ géomantie » et il passe même 'pour sorcier. Ch. de Bovelles a contribué à propager sis idées en France. Sun Liber de Scriptoribus ecclesiastîcis (paru en i4o4), avec ses notices sur des écrivains toul à fait contemporains, sur Gaguin par exemple (voir L. Thuasne, 1. I. pp. 399-400), est il un grand intérêt pour l'histoire Littéraire de cette époque. Ses œuvres on) été réunies par Freher (Francfort, t6oi, 2 vol. in-ifol.).

5. Leurs relations semblent s'être lm niées .1 un commerce epistolaire . Dans la seconde de celles qu'il adresse â Trithème (L. Thuasne, t. I, p, 3g4), Gaguin,

avoir été l'âme de celte confrérie internationale, c'est le Flamand Arnold de Bosl '. Sa vie s'écoule loul entière à Gand dans un couvent de l'ordre du[Carmel; mais le renom de ce simple moine franchit bien vile les murs de si m couvent, et toute l'Europe savante connaît Arnold <le liost. Ermolao Barbaro lui adresse un de ses ouvrages; Gaguin lui écrit assez souvent et soigne les lettres qu'il lui envoie2; c'est grâce à Arnold qu'il s'est lié avec Trithème3. Du fond de sa cellule, le moine gantois régente ses correspondants; il entretient leur zèle pour l'étude, il stimule, au besoin il dirige leur activité littéraire. Il décide Gaguin à écrire, sur la Conception de la Vierge, un poème qui doit répondre à l'œuvre du dominicain Bandello 4. Il institue entre tous ses amis un vrai concours poétique en l'honneur de saint Joachim ; Gaguin, Bibaut, Clichtoue sont les Français qui [('pondent à son appel 5. (Test un fait, à notre point de vue, intéressant que ce tournois poétique organisé par un Flamand. Le moment n'est pas venu où l'influence littéraire de la « Germanie » sera définitivement remplacée par celle de l'humanisme italien.

Cependant, dans notre pays, s'annonce l'invasion italienne : l'exemple de Gregorio a porté ses fruits. Philippe Béroalde 6

ne dit pas, comme l'a cru M. L. Thuasne, qu'il ait, en personne, rendu visite à l'abbé de Spanheim. (i'est seulement à l'un de ses livres que Trithème a fait l'accueil dont il se réjouit.

i . Voir les lettres de Gaguin à Arnold de Bost |u"s 4 i , 4&> •"»', 58, 68, 80 el la pièce VI du premier Supplément de L'Appendice) et la notice de L. Thuasne annexée à la première (t. I, p. 3i2); Arnold de Bost ( i/jân-i/mu) doit toute son importance à ce rôle d'intermédiaire et d'excitateur qu'il a joué pendant toute sa vie.

2. Voir par exemple les développements généraux des lettres /j 1 et 5i.

.'!. L. Thuasne, I. 1, p. ;'>."> i el 358.

4. Voir ibid., t. Il, |>. 207, la lettre à Arnold de Bost (2G déc. il\HX) qui a pris place en tête de l'opuscule De iniemerate uirginis concepta aduersus Vincentium quendam decertacio. Elle prouve, en outre, que Gaguin, avant de taire imprimer son poème, l'avait soumis en manuscrit à Arnold de Bost.

'j. L. Thuasne, t. II, p. 44-

6. Voir, ibid., t. I. p. 282, la lettre de Gaguin et la très complète notice de L. Thuasne. Filippo Beroaldo l'Ancien n'a jamais voulu être qu'un professeur

et un philologue. Né a Bologne en i/jâ3, son voyage à Paris est le trraud événement de sa vie. I>e retour en Italie, il ne tarde pas à se fixer à Bologne, où il enseignera jusqu'à sa mort (i5o5). Ses principales œuvres sont îles recueils

île noies sur les ailleurs ,i miens, .les traités OU discours moraux, enfin îles

poésies d'un caractère religieux qui eurent en France une nés grande dififu-

arrive à Paris <mi i/jy'i ' enseigner les « éludes d'humanité et surtout la poétique » ". Parmi ses auditeurs, ce jeune homme de vingt-trois ans voit le général des Trinitaires 3. Quand il pari au boù.1 «le dix-huil mois environ, il laisse à Paris des admirateurs fidèles et, ce <|ui esl mieux, des disciples4. D'autres vont lui succéder qui ne le vàudronl pas. En i484> c'esl l'effronté Balbi5,

sion. Erasme, qui passa à Bologne très peu de temps après sa i t, dit < 1 « -

lui : « Beroaldus professorum sui temporis Achilles... cuius paulo ante det'imcti Bononiae spirabal adhuc memoria. a (Cité par P. de Nolhac, Erasme en H (die, pp. 21-22.)

i. C'est à M. L. Thuasne que revient le mérite d'avoir fixé la date el précisé la durée de ce séjour à Paris : Beroaldo, qui y étail arrivé en i47°j " ''" r,,~ partit que dans le courant de l'année l'iyS.

2. « Existimaui me esse facturum operae pretfum, si studia humanitatis in his [gymnasiis], et imprimis poeticae artis quae philosophiae coniunctissima est et prope germana profiterer » (Ph. II. (huit in de laudibus Gymnasii Parrhisiorum, vo du deuxième feuillet); opuscule dédié à Louis il<' Roehechouart.

3. Cela semble résulter de ce que Gaguin écrivait plus lard à Beroaldo (t. I, p. 283) : « Nam quod te prosa oratione dicentem audieram simul putabam adesse tibi studium uersu scrîbendi. » La chose en tout cas est presque certaine, étant donné ce que nous savons déjà de Gaguin.

/|. En i4o4 paraissait à Paris une édition de Virgile, revue par Paul Malleolus (Hemmerlin). Au v du feuillet de titre se trouve une lettre de dédicace de Beroaldo « loanni franco discipalo sao o (apparenté sans nul doute à ce Guillaume Le Franc qui avait reçu la dédicace du Salluste r<-\u par Beroaldo; cf. L. Thuasne. t. I. p. 282). Cela laisserait supposer que P. Hemmerlin s'esl contenté île réimprimer, en la revoyant, une édition «le Virgile donnée par Beroaldo, et qu'il resterait à retrouver. Vingt ans plus tard, Josse Bade insérait dans une édition de Lucain ( 1 5 1 4) des commentaires de Beroaldo encore inédits, et voici comment il en expliquait l'origine (v° du f. de titre; lettre de .lusse Bade" Lodouico Pinello Meldensi episcopo ») : « Curauit Oliuerius a Lugduno familiare oomen sortitus... Commentarios Philippi Beroaldi Bono-

niensis in M. Aiinaei Lucaiii l'Iiarsaliain inlra poinoeria DOStra ( |iarrliisiana

dico) editos, et tua accurata diligentia ab interitu redemptos, et conseruatos, (•uni ceteris | commentariis j a oobis imprimendos. 0 L'intitulé' des commentaires de Beroaldo est pourconBrmer ces indications; ils sont donnés comme adressés 0 ad primarium Senatus Parrhisiensis principalis Praesidem ». L'existence de ces deux éditions nous continue dans l'opinion que l'enseignement de Beroaldo dut laisser à Paris des traces durables.

5. Girolamo Balbi arrive à Paris en 1 \*\ ; il avait alors trente ans, étant né à Venise en 1454. Il est accueilli avec faveur par le petit groupe de lettrés que nous avons décrit : Gaguin, Pierre de Courthardy, les deux Fernand, Guy de Rocheforl, ont une place dans ses vers (cf. dans <;. Knod, [us der Bibliotek des Beatas Rhenanus, p. 8g, la liste de6 pièces du premier recueil, celui qui est dédié à Charles Guillart). 1 1 > a trois lettres à Balbi dans les Epistolae

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ri puis, un peu plus tard (i488), Cornelio Vilelli1, et enfin Fausto Andrelini s, type parfail de l'humaniste à la fois présomptueux cl médiocre. Mais bientôt les choses se gâtenl ; Balbi voudrait, à l'Université, garder le monopole de l'enseignement des belleslettres. Il diffame honteusement l'honnête Guillaume Tardif qui osail lui faire concurrence sur ce terrain3. Il use de la même

de Charles Fernand (au dernier feuillel du cahier G et au premier du cahier D).

Enfin, celui-ci donnait, en i4^4 ou i /}85, une édition des tragédies do Sénèque à laquelle Balbi avait collaboré (sur ces faits, et sur les querelles littéraires dont il va être question, voir L. Thuasne, t. I, pp. 87-94, 96-98, ci les différents endroits auxquels renvoient les mites).

1. Quand il vint à Paris, en 1/(89, Cornelio Vitelli enseignait déjà en Angleterre depuis tantôt quatorze ans. On ne sait ce qui l'avait poussé à se rendre en France. 11 n'y resta que peu de mois, car, à la fin de l'année, on le retrouve à Londres. Plus tard, il se distingua à son tour par ses attaques furieuses contre George s Merula (L. Thuasne, t. I, p. 84, Q. 3, et 339, n- ')•

2. Fausto Andrelini, né à Forli en i/|Go-('n, vint à Paris vers la tin de l'année de i4§8. Il commença par donner des leçons particulières; puis, le 5 septembre i48o, il était autorisé par l'Université à lire publiquement les poètes. Plus tard, il obtint du roi un canonicat à l'église de Bayeux, et, en i5o2, des lettres de naturalité (L. Thuasne, t. I, p. 338, n. .''>, p. 344» "• •'•< !>• 92 et n. 3, pp. 97-98 d les notes; la date qui est donnée en ce dernier endroit pour l'obtention du canonicat semble devoir être corrigée à l'aide de (i. Knod, Ans (/(*• Bibliotek des Beatus Rhenanus, p. io3, n. 3). Depuis dix ans au moins, il prenait sur ses divers opuscules le titre de regius poeta (il le prend déjà en tête des Elegiae qui ont paru au plus tard en 1/192, puisqu'elles sont dédiées « au chancelier Guillaume Rochefort », mort justement celle année-là : voir les diverses

éditions décrites dans Pel lechel . ('.(liai, i/rs Iiicilll.. n"s 727-7 .">.'! ). < Mi a liiènie

des opuscules où il s'intitule poeta regius ac Reginae ou regineus (ibid., nos -718 et 738). C'était bien là un titre officiel (cf. Revue <lrs Biblioth., 1902, p. /128, n. 5) et qui devait lui valoir une pension. Fausto Andrelini mourut en 1Ô18. On n'ose renvoyer, pou: une étude d'ensemble sur lui, au travail de L. Geiger dans la Vierleljahréchrtft fur Kultur und Litteratur der Renaissance (voir Studien zur Geschichte des franzôs. Humanismus, p. 1 siqq. du 1. I, ci le Nachtrag à la fin du même volume). Faute d'avoir connu certains opuscules de l'époque3 L. Geiger s'est toul à fail trompé sur certains épisodes de la vie de l' Andrelini. Notons que la lettre 53 de Gaguin est adressé à l'Andrelini.

3. Balbi commence par demander à l'Université de faire examiner la Grammaire de Tardif, ou il se l'ait fort de imm er beaucoup d'erreurs ( i/| mars 1 ^85). L'enqaéte-, si elle eul lieu, dut tourner à la honte de Balbi, car à son tour, Tardif, un an après (y.o mars i486), se plaint à l'Université que Balbi l'outrage dans ses écrits et le dénigre auprès des honnêtes gens. L'Italien est contraint de faire amende honorable e1 de jurer solennellement qu'il n'attaquera plus Tardif. .Mais il manque à son serment, et on le force une deuxième fois, devant Angelo Cato, l'archevêque de Vienne, de faire la même promesse, oralement et

LES PRÉC.URSEUHS. 23

tactique envers Vitelli e< l'Andrelini qui onl demandé à l'Université de « lire publiquement » les poètes'. De pari et d'autre il échoue; ses amis de la première heure l'abandonnent. Il se voit forcé de quitter Paris. Vitelli, cependant, a'avail l'ait que passer en France2. Seul l'Andrelini continue d'enseigner ù l'Université parisienne. Son prestige s'est accru de la défaite de Balbi. Il est en train de passer grand poète. Le litre de poète royal va donner à sa Muse une sorte <l<" consécration officielle3. Le voilà, pour «le longues années, investi du privilège <lr célébrer <'n vers

par ;u-tc notarié. (Je résume la querelle d'après L. Thuasne, qui renseignera sur les pièces de la polémique.)

i. C'était déjà un échec pour Balbi que cette décision du 5 septembre i4% par laquelle l'Université permettait à « tous les poètes indistinctement de lire après le repas, et rien qu'une heure » (Du Boulay, t. V, p. 793 : 0 Placuil ut omnes poetae indiscriminatim unica hora duntaxat post prandium a deputatis Uniuersitatis praecepta legerenl »). Fausto en avait profité' pour prendre pied dans l'Université parisienne (voir supra, à la p. 22, la note, 2). Cela dut accroître encore l'animosité de Balbi contre lui. Dans cette lutte d'injures et de calomnies, Fausto ne tardait pas à prendre l'avantage. Déjà on le voit chauler victoire dans une. édition de la Liuiaquî paru! au mois d'octobre i'imo (voir au f" h 6 yo la pièce par laquelle s'ouvre le 4e livre. Le vers de début dit ceci : <• < >n était au mois d'août. » D'autre part, le colophon, au f° h 8 r°, est du 1 ei octobre 1 490)- Un peu plus tard, Balbi est forcé de quitter précipitamment Paris; Fausto se dépèche d'écrire une égdo°;ue de fuga Balbi et il l'envoie à Robert Gaguin avec une lettre circonstanciée (février i4o0- Celui-ci, dans sa réponse, se déclare très nettement contre Balbi (1. 53). Telles sont les grandes phases de cette querelle inouïe, dont M. L. Thuasne a, le premier, fixé la véritable chronologie (voir au 1. I. p. 342, comment s'expliquent les diverses erreurs commises avant lui sur les dates). Pour nous renseigner sur le fond îles choses, nous avons surtout les allégations (l'Andrelini dans |,i lettre à llobert Gaguin qui vient d'être mentionnée. On peut les contrôler au moyen de la plaquette intitulée /. .)/. adaersas faustum calumniatorem impudentissimum [>/•<> praeceptore suo hieronymo balbo defensio ad scolasticos parisienses (reproduite presque entièrement dans (i. Knod, Aus der Bibliotek des li<-<ittis Rhenanus, pp. 97-101). Un fait est certain : Balbus fut dénoncé au lieutenant criminel comme coupable de sodomie | L. Thuasne, 1. I, p. 96, et (i. Knod, n/>. cit., pp. 98-99). L'accusation était un des lieux communs du genre de l'invective, telle que la pratiquaient les Italiens du Quattrocento. Il semble pourtant qu'elle ait suffi à perdre Balbi dans l'opinion et à déterminer son départ, haussa lettre à Fausto, l'honnête Gaguin écrivait (t. I. p 344) : " Addidil quoque huic odiosae ambitioni d'enseigner imites les sciences, sans en savoir le premier mot] inquinatissimum, si famae creditur, scelus; cuius ne dignam incideret poenam, festinatissima Anglos fuga petiuisse uulgat est. 0

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