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CHAPITRE

Les origines de Guillaume Budé: sa jeunesse: ses débuts d'humaniste.

La première originalité de Guillaume Budé, c'est que ni sou milieu, ni ses origines n'expliquent la vocation impérieuse qui l'a poussé vers la « Philologie»1. La famille à laquelle il appartenait était, quand il naquit, au service de la royauté depuis au moins trois générations2. Au début du quinzième siècle, un Jean Budé est contrôleur du sceau de la chancellerie3 : c'est 1* arrièregrand-père de notre Guillaume. Le frère de ce premier Jean, — il porte déjà le prénom de Guillaume, — est maître des garnisons de vins du roi et de la reine4. Ils semblent être les premiers du nom qui se soient élevés à des charges aussi considé-

i. C'est Budé lui-même qui nous parle à chaque instant, dans ses divers livres ou dans ses lettres, de l'amour éperdu qu'il avait voué à la « Philologie » : " Philoloi^ia, quani iam annos ferme [quadra<>-inta amare primum instiii .. écrit-il en i534 (Lucubr., p. :>.'.'>i A). Comme il le dit, la Philologie est pour lui une seconde épouse : « Philologia altéra conjux » [Lucubr., p. 358 C).

■i. Dans sa Vie de Guillaume Budé, p. 293, M. Eug. de Budé mentionne aussi, sans donner de référence bien précise, un « Guillaume Budé (i34o) dont il est parlé dans un ancien registre de la Cour des Comptes de Paris de la même année ». Ce serait le père des deux personnages qui vont être nommés tout d'abord.

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