Cf. infra, p. 91, Q
3. Voir, au v« du feuillet de titre, la dédicace à Germain de Ganay du Crinitiis paru chez Josse Bade en (5o8 (réimprimé à la même librairie eu 1 Tu 0 et i52.r>). Josse Bade y célèbre les triclinia de Germain de Ganay, v honestissimo cuique patentia »>; on y agite toutes sortes de questions d'érudition. Cf., dans (loin Liron, Singularités histor. et littér., t. III, i>. 45, l'analyse d'une autre dédicace à de Ganay, en tête d'une édition de la fin du quinzième siècle.
4. /. Trithemii epistolarum libri /7(i536), f° 88 vo; lettre de Germain de Ganay 0 lohanni Trithemio uostrae tempestatis splendori ». Il explique qu'il a vu une lettre de Trithème, qui contient 0 ti le aumeris, tum de elementis »
une philosophie très belle, niais tirs obscure; il lui demande donc des éclaircissements à ce sujet. Il serait heureux aussi de posséder des ouvrages de Trithème (de l'année 1 5o5).
5. Ch. de Bovelles, Liber de intellectu, etc. (i5io), f<" 171 sqq.; voir dans le
même recueil M" [48 \") le LibelluS i/r il UodeCl ni Mimer is. On pourrait Citer
me ire d'autres ouvrages dédiés à Germain de Ganay; ti. En tête de l'un des manuscrits copiés par Hermonyme, l'on trouve une
au Parlement, archidiacre de Langres ' ; c'est le premier témoignage de ses rapports avec la famille Ruzé, où nous le verrons compter plus tard l'un de ses meilleurs amis2. Cependant, les temps devenaient plus favorables au développement de l'humanisme en France. Les humanistes italiens pouvaient venir dans notre pays; ils étaient sûrs maintenant d'y être appréciés à leur valeur et d'v trouver un publie. Fia Giocondo est le premier qui ait profité de ces dispositions nouvelles. C'est comme architecte royal qu'il avait été mandé à Paris3, mais il put en même temps y donner des leçons publiques sur Vitruve4. Budé en fut l'auditeur
lettre de dédicace dont voici, suivant H. Omont, le titre et le début (Mémoires de la Soi', d'hist. de Paris, t. XII, p. 81) :
« Georyius Hermonymus Spartanus Mar 0, Régis Christianissimi se-
cretario, felicitatem dicit.
«En, humanissime uir, nonnulla Cheronei Plutarchi neenon Basilii magni opuscula ex greco in latinum a carissimo tuo Pylade conuersa... »
Il s'agit de savoir quel est cet ami intime de Budé qui est familier avec les auteurs non seulement grecs mais latins et qui a fréquenté les Universités italiennes (voir la suite de la même lettre). Or, en 1507, François Tissard adressait son édition d'Hésiode à Morelel du Museau, « secrétaire du roi », comme à un homme très familier avec le commerce des muses. Dans sa lettre-préface, il fait allusion au séjour prolongé de Morelet à Padoue et dans d'autres villes italiennes (H. Omont, Essai su/- les débuts de la typographie grecque-à Paris, p. 47)- A la même époque, on ne trouverait sans doute pas un autre secrétaire du roi auquel pussent s'appliquer les diverses qualifications de la lettre d'Hermonyme. M. H. Omont, qui d'ailleurs n'a pu déchiffrer le nom tout entier, aura lu Mar. . au lieu de Mar...
1. Voir l'édition spéciale de Guillaume Mor, parue en i5G2. Au feuillet A 2 r° : « Guilielmus Budaeus grauissimo uiro Gallardo Rusaeo Parlamenti consiliario, Archidiaconoque Lingonensi S. P. D. — En tibi confectum, uir praestantissime, quod me non pridem fiagitaueras, etc. » Plusieurs personnes, ajoute Budé, lui onl dit que «•cite lettre avait été déjà traduite "a primi quodam nominis uiro. Sans date. Pour la traduction antérieure à laquelle Budé fait allusion ici, cf. supra, p. 77. La façon dont il en parle exclut de sa part toute idée de plagiat .
2. L'on veut parler ici de Louis Ruzé, lieutenant civil au C.hàlelet, à qui sont
adressées plusieurs lettres du recueil épistolaire de Budé (Lucubr., p. :>.7">, 298 et 335).
3. On admet généralement que Fra Giocondo passa en France dix aimées, de i/|()â à i5o5. Le rôle qu'il y joua comme architecte a été fort bien résumé par P. Vitry, Michel Colombe ri la sculpt. franc, de son temps, pp. 1 .*►*►— 1 - "» v -
4. Lefèvre, Logica (i5o3), fo iô 1" et v (à propos de l'arbre 1 mé ebe-
nus) : t Ki loannes locundus superiore anno cum recitaret Vitruuium huius
arlioiis ad Lineandas chartas unius lignei canonis nobis pergrat fecit aspeo
tum » (cf. la mention du I" 7N r").
QO GUILLAUME BUDÉ.
assidu. Il se fil le disciple du célèbre moine h même il profita de ses travaux en cours' sur plusieurs auteurs latins. A peu près à la même époque, on commençai) enfin d'enseigner le i^ree à Paris2. De i'io- à i ."»<>«>. François Tissard, un Français qui s'étail Formé dans les I niversités italiennes, explique publiquement quelques textes grecs qu'il a fait d'abord imprimer chez le libraire (iilles de Gourmont3. Tissard ne peut passer pour un helléniste remarquable, mais il fait preuve, dans sa préface, d'un zèle infatigable pour le développement de l'humanisme français. Il s'indigne de voir que les Italiens nous traitent sans cesse de barbares. Il est vrai qu'ils en ont une trop bonne raison : l'étude du grec est chez eux florissante; chez nous, elle n'existe même pas. Enlevons-leur cet unique prétexte qui leur reste de se dire supérieurs à nous. Donnons-nous à l'étude du grec; nous aurons fait œuvre de bons patriotes4. Tissard ne faisait ainsi que traduire avec forée des idées courantes dans le monde de la bourgeoisie lettrée, (le sont à peu près celles que Budé développera dans le de Asse; à l'époque dont nous parlons, il en était déjà
i. Annotai, in Pand., [>. £35 (à propos <l<'s difficultés qu'on trouve ;'i l'intelligen.ee de Vitruve) : e Nobis uero in ea lectione contigil praeceptorem eximiuiii oancisci lucundum sacerdotem, architectum tune regium, bomiuem antiquitatis peritissimum qui graphide quoque non modo uerbis inteltigendas res praebebat. Quo tempore Vitruuium nostrum otiose aliosque aonnullos antiquos scriptores eodem benignissime adiuuante emendauimus. » Grâce à Fra Giocondo, Budé avail poussé forl avant l'étude de Vitruve. Il en posséda même un manuscrit qui depuis passa entre les mains d'Henri de Mesmes (Adr. Turnebi Aduersaria, 1. I. p. 38 et 292). G'esl aussi à Fra Giocondo qu'il dut
de connaître le manuscrit c plet des lettres de Pline le Jeune (Annotât, in
Pand., p. [46).
2. 1 >u BouCaj parle d'un certain Denys Lefèvre qui, aux environs de r.-mnée i5o6, aurait expliqué publiquement la grammaire grecque de Théodore Gaza (V.-L. Bourrilly, Guillaume du Bellay, pp. 8-9). Tel que le rapporte du Boulay. le fait est sujet à caution. Denys Lefèvre c'avait que seize ans en i5o4; si jeune, on voudrait savoir où il avait pu étudier le grec et ce qu'il en savait.
■i. Sur François Tissard, le travail le plus complet est celui d'E. Jovy qui ;i reproduit toutes les pièces les plus intéressantes (Mémoires de la Société de Vitry-le-François, 1. XIX, |>|>. 333-374, 4o4-434)- Avant lui, II. Omont avait décrit les éditions grecques de Fr. Tissard et en avait reproduil les préfaces (Essai sur les débuts de la typographie grecque à Paris, (892).
4. Cf. en particulier la postface au Liber Gnomagyricus (1507) dans II. Omont, loc. cit., pp. 42-43. Dans la Grammaire hébraïque 'le- Fr, Tissard, on remarquera aussi un dialogue curieux, où l'un des personnages s'appelle Prothumopatris (E. Jovy, loc. cit., pp. 43 1 -433).
LES ORIGINES DE GUILLAUME BUDK. gi
pénétré1. A-t-il eu quelque influence sur Tissard? En tout cas, il doit l'avoir connu par Moreletdu Museau, à qui Tissard, en i5o7, dédiait l'une de ses éditions2.
Tissard devait rencontrer un concurrent redoutable dans son œuvre d'enseignement et de publication. En juin i5o8, Aléandre arrivait à Paris3. Budé n'avait plus rien à apprendre de lui; il n'eut donc pas à lui demander des leçons4. Aléandre voulait se mettre à enseigner tout de suite; Budé l'en dissuada : « parce que, écrit Aléandre, j'aurais bien une foule d'écoliers dépenaillés et pouilleux, mais de gain fort peu. Il me dit aussi qu'il s'occupe d'arrang-er mes affaires et, en attendant, il groupe diverses personnes honorables qui voudraient prendre des leçons de grec5. » Parmi les élèves d' Aléandre, nous trouvons, en effet, deux hommes qui furent les amis de Budé : l'un est Guillaume Gop 6, le médecin royal, le traducteur d'Hippocrate et de Galien ; l'autre est Salmon IVfacrin, qui devait plus tard être appelé l'Horace de la France7.
C'est que déjà Budé était un maître dont on sollicitait les conseils et la direction. Il a tout lu, tout approfondi; sur tous les auteurs anciens, il est prêt à fournir de précieuses observations.
1. Dans la lettre-préface du de placitis, Budé exprime l'espoir qu'on fera bon accueil à son travail, bien qu'il ne soit pas l'œuvre d'un Italien (Lurabr., p. 5io D). II revient sur cette idée dans la lettre-préface à Pierre de Courthardy (Lucubr., p. 485 A).