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pour l'enseignement du droit civil. Il y avait plus : l'auteur attaquai! en face tous les docteurs qui dispensaient cet enseignement, tous les avocats, tous les hommes de loi qui s'en inspiraient dans leurs procédures. Il s'en prenait à l'organisation de la justin- et à la façon dont on la rendait. Enfin, son nom et ses fonctions augmentaient encore le scandale : c'était un secrétaire du Roi, (jui se trouvait, comme tel, en relations constantes avec les £ens du Parlement. qui était presque de leur momie par ses amitiés et par ses origines '.
Cette méthode, à laquelle Budé déclarait la guerre, se fondait sur l'étude de la fameuse Glose où François Aeeurse avait, au treizième siècle, condensé les travaux de ses prédécesseurs2. Les Glossateurs, comme on les appelle, avaient eu le mérite de s'attacher surtout à l'interprétation des textes3; leur influence eût été bonne de tous points, si de leur œuvre immense on n'eût retenu que le principe, pour la continuer et la dépasser hardiment. Il n'en fut rien : on leur prit des opinions, on leur laissa leur
i. Cf. supra, pp. 59-60 el p. 66.
:>.. Sur l'histoire externe du droit romain au moyen âge et au seizième siècle, on trouvera l'essentiel dans A. Rivier, Introduction historique au droit romain, Bruxelles et Paris (1881), pp. 508 sqq. Les caractéristiques des grandes écoles ont été fortement marquées par .1. Flach, Cuj'as, les Glossateurs et les Bartolistes, dans la Nouvelle Revue histor. de droit, t. VII (i883), pp. 205-227. On peut lire aussi un hou résume de toute cette histoire dans Ësmein, Cours élémentaire d'hist. du droit français, Paris, 1898, .'>•' édit., pp. 764-773. Sur
Aeeurse eu particulier, voir la noie suivante.
3. Les « Glossateurs >, qui presque tous appartiennent à l'école de Bologne,
fleurirent an douzième et au treizième siècle ; [rnerius el Azon sont parmi les
plus célèbres. François Aeeurse (1 182-1258), élève puis collègue d'Azon, a compilé', dans la Glose qui porte son nom, tous les commentaires de ses devanciers et il y a ajouté les siens propres. La Grande Glose, comme on la nommait souvent, fut encore réimprimée à Lyon par Godefroy, en 1589. Ce qui manque
à celte œuvre des Glossateurs, c'est d'être étayée par une connaissance sulti-
sante de ta langue el de l'histoire romaine. Dans l'ouvrage classique de Berriat- Saint-Prix, on trouvera une liste fort amusante des bévues que leur ignorance
leur a souvent l'ait c< ettre [Histoire </n droit.romain, Paris, 1821, pp. 287-
295). Dans les passages des Annotât, qui sont relevés plus loin, Budé en a cité au i de très curieuses.